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Sortir de l’hétérosexualité : un programme politique sérieux ?

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« Sortir de l’hétérosexualité » ! Voilà le programme du deuxième volet du festival « Des sexes et des femmes », qui traitait l’an passé de la « dénaturalisation du mot femme » en travaillant sur le « désalignement ». À ce stade, une très large partie de la population se sentira déjà dépassée par les termes et les concepts fumeux de ces militant-e-s qu’on croirait sorti-e-s d’une parodie. Pourtant, tout est bien réel. L’histoire politique le montre : les marges décalent les centres.

 

C’est dans un entretien accordé aux Inrocks que Juliette Drouar, Juliette (animatrice du programme Gouinement Lundi) et Tamar, toutes trois militantes féministes, ont expliqué la démarche politique derrière l’antienne voulant qu’il faille « sortir de l’hétérosexualité », comme on chercherait à guérir d’une affliction grave ou d’une maladie chronique incapacitante. Ainsi, Tamar exprime très clairement ses vues : « Avoir comme horizon de sortir de l’hétérosexualité est un projet féministe pour nous?: on veut dire aux femmes que ça n’est pas leur destin de faire leur vie avec des hommes et pour les hommes, et qu’il y a des marges de manœuvre à gagner?: en devenant lesbienne et en construisant une vie commune avec d’autres femmes mais aussi en faisant collectivement la critique de l’hétérosexualité. »

S’il n’est pas illégitime de penser que Tamar, elle-même lesbienne, trouverait un intérêt personnel à la conversion des femmes aux plaisirs saphiques, il serait réducteur de ne voir dans ces propos que basse trivialité. Ces femmes présentent un programme politique cohérent. Elles veulent déconstruire la société par son fondement le plus essentiel, par ses atomes : les familles.

 

 

Puisque la technique permet désormais aux femmes de s’affranchir de leur dépendance aux hommes pour se reproduire, ces derniers deviennent quantité négligeable. Pis, ils sont un peu gênants ces sales bonhommes avec leur culture du viol et leur fâcheuse tendance à vouloir gouverner la société dans son ensemble. Du travail au cercle privé, en passant par les institutions publiques, l’homme hétérosexuel lourdaud impose son modèle : le patriarcat. L’exploitation des femmes par les hommes dans le cadre de l’hétérosexualité devrait donc être questionnée pour que naisse une société plus inclusive, plus juste et surtout débarrassée de l’hétéro-normativité.

Et ce sont ces femmes qui, au cours des vingt dernières années, ont gagné toutes les grandes batailles politiques relatives aux questions de société. Ce sont elles qui ont voulu et obtenu la PMA dite pour « toutes ». Ce sont elles qui ont voulu et obtenu que la famille nucléaire traditionnelle, qui est à la base de la quasi totalité des sociétés et des cultures dans le monde, ne soit non seulement plus la norme, mais finisse par ressembler à une incongruité voire à un anachronisme.

Nous n’avons même pas idée de la vitesse à laquelle se répandent ces idées délirantes et dangereuses. Elles ne sont plus strictement marginales, elles colonisent les cerveaux des étudiants de sociologie ou de sciences-politiques, avant de s’imposer dans les médias et les fictions. Il est presque impossible d’affirmer à une heure de grande écoute que la PMA pour toutes consacrera philosophiquement une impossibilité naturelle, que la technique était d’abord réservée au couple en tant qu’entité formé par un homme et une femme, ou bien encore que rien ne prouve que les enfants concernés n’auront pas de manques affectifs ou psychologiques dans la construction de leur personnalité d’adultes.

 

Nous n’avons même pas idée de la vitesse à laquelle se répandent ces idées délirantes et dangereuses. Elles ne sont plus strictement marginales, elles colonisent les cerveaux des étudiants de sociologie ou de sciences-politiques, avant de s’imposer dans les médias et les fictions.

 

Le droit positif n’est plus seulement supérieur au droit naturel, il fait autorité sur la nature elle-même. Dans pareil contexte, il n’est guère étonnant que l’hétérosexualité soit passée de norme à « choix de vie », puis, bientôt, à viol légal produit par un harcèlement systémique.  Enfin, même parmi les saintes femmes, il y a une hiérarchie à déconstruire, toujours selon Tamar : « on va attribuer à certaines catégories de femmes des tâches différentes, favoriser la maternité des femmes blanches et réprimer celle des femmes non-blanches, assigner aux femmes non-blanches le soin des enfants des femmes blanches ». Cela ne saute pas aux yeux, ni dans la rue ni quand on regarde les courbes démographiques.

Le but de ces gens est simple : détruire notre société, celle qui a généré Michel de Montaigne comme Marie Curie. Assassiner le grand requin blanc hétéro, ontologiquement maléfique et prédateur. Tamar et ses copines ne sont pas tout le temps sous psychotropes, elles savent très bien ce qu’elles font et pratiquent le chantage moral sur des élites politiques larguées et abruties de bons sentiments. Soyons vigilants, nous vivons une accélération historique sans précédent…

 

Gabriel Robin

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