Ce lundi 22 mars, le conseil municipal de Strasbourg a voté une subvention de pas moins de 2,563 millions d’euros pour la construction d’une mosquée dédiée à Eyyûb Sultan. Cette figure musulmane serait un compagnon de bataille du prophète Mahomet, qu’il avait hébergé pendant son séjour à Médine.
Les résultats du conseil municipal ayant adopté l’aide financière semblent révélateurs du poids de l’Islam au sein de la capitale européenne d’Alsace
La somme attribuée à la mosquée Eyyûb Sultan représente donc humblement 10% des coûts de construction de cet édifice se destinant à prendre le titre de « plus grande mosquée d’Europe ». Le chantier qui avait commencé en 2017 a été mis à l’arrêt en 2019 après des problèmes de budget. S’est ensuivie une campagne d’appel au don pour sa construction dans le but de récolter un million. Aujourd’hui, le chantier est de retour et le ministre de l’Intérieur a annoncé ce matin sur RMC/BFMTV que la mosquée avait aussi sûrement « cherché de l’argent ailleurs, notamment au Qatar ».
Avec quarante-deux voix en faveur du projet, sept seulement expriment leur désaccord, tandis que certains comme Catherine Trautmann, ancienne maire socialiste de Strasbourg, ou Alain Fontanel de LREM brillent par leur silence. Ce dernier affirme ne pas adhérer au projet mais ne souhaite pas prendre part au vote afin de ne pas « envoyer de mauvais message aux représentant du culte ». Les vote du conseil municipal en faveur de l’aide financière semble révélateur du poids de l’islam au sein de la capitale européenne d’Alsace.
Remise en cause du concordat
« Tels sont pris ceux qui croyaient prendre. Ils ont refusé d’abolir le Concordat en Alsace, donc ils doivent payer pour les lieux de culte. Encore une fois : mieux vaudrait écouter LFI à temps ». Dans ce tweet de mardi dernier, Jean-Luc Mélenchon a profité de la situation pour rappeler à tous ce qu’il avait déjà demandé en 2006, c’est-à-dire la fin du concordat, auquel seule échappe l’Alsace-Moselle. Le chef de la France Insoumise avait également remis au goût du jour le sujet des incohérences du concordat à l’Assemblée Nationale en février dernier. L’Alsace-Moselle ne faisait en effet pas partie du territoire français en 1905, et chose bien pratique, le texte sur le financement des lieux de culte stipule dans son article 2 que : « Les cultes non reconnus relèvent du droit commun local et s’organisent sous la forme d’associations à objet cultuel (…) La loi de 1905 ne s’appliquant pas en Alsace-Moselle, les collectivités territoriales sont libres en matière de financement des édifices des cultes non statuaires ».
C’est en effet à Strasbourg que l’on trouve la plus grande communauté Turque de France, en témoignent l’établissement privé musulman dans le centre de la ville ou la grandeur du consulat, proportionnel à la population Turque de Strasbourg
L’islam vert
Ce n’est pas une nouveauté, Strasbourg constitue une forte part du réseau turc français. La ville avait d’ailleurs accueilli Erdogan en 2015 lors d’un meeting électoral. On se souvient alors des « Allahu Akbar » de la foule quand le président exhortait ses fidèles à ne pas « abandonner le pays aux vauriens ». En dépit de cela, Jean Werlen persiste à nous le rappeler au Conseil Municipal : « eux, c’est nous ». C’est en effet à Strasbourg que l’on trouve la plus grande communauté turque de France, en témoignent l’établissement privé musulman dans le centre de la ville ou la grandeur du consulat, proportionnel à la population turque de Strasbourg. Celle-ci entretient d’ailleurs un lien indéniable avec Erdogan, puisque pour sa réélection, 70% des électeurs turcs de Strasbourg ont voté pour lui.
Résultat de cette subvention : des débats sur la légitimité de financement d’Eyyub Sultan suivis d’un tweet de Gérard Darmanin s’insurgeant de l’aveuglement des Français : « La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée ». Malgré tout, Jeanne Barseghian, maire EELV de la ville ne semble pas comprendre où se situe la polémique : « j’ai été très surprise du fait que le ministre de l’Intérieur s’adresse à moi par voie de tweet ».
Pourtant la maire ne peut qu’être au courant des pratiques d’Eyyup Sahin, à la fois président régional du mouvement Millï Görüs (organisation à l’origine de la demande de subvention de la mosquée) et membre du Conseil Régional du Culte Musulman d’Alsace. Eyyup Sahin est mis en lumière en 2017, lorsque le média Strasbourgeois Rue89 explique qu’il serait impliqué dans des pratiques mafieuses, des extorsions de fond et des menaces.
Autre fait alertant, le refus récent de Millï Görüs, proche des frères musulmans soit dit en passant, concernant la signature de la Charte des Principes pour l’Islam de France. Cette Charte mise en place suite à la vague successifs d’attentats a pour article premier le respect des valeurs républicaines chères à notre président : « Les musulmans […] sont liés à la France par un pacte. Celui-ci les engage à respecter la cohésion nationale, l’ordre public et les lois de la République. » L’on souhaite donc éviter l’instrumentalisation de l’Islam à des fins politiques mais l’on finance son développement. La belle affaire.
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Tout ceci ne semble pas être un frein pour la maire écolo qui « respecte le droit local et les lois concordataires qui permettent à une municipalité de financer 10% de la construction d’un lieu de culte ». A bien y réfléchir, tout ceci n’est pas étonnant quand l’on comprend que Milli Görü mène Strasbourg et son parti Vert à la baguette : « On est la seule liste à avoir une daronne voilée ». Tel est le slogan scandé par les militants de madame Barseghian, lors de la campagne communautariste EELV à l’occasion du second tour des municipales, et que l’on peut entendre à travers une vidéo ayant fuité sur les réseaux sociaux.





