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Syrie : l’islamisme un an plus tard

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Publié le

24 novembre 2025

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Le 29 novembre 2024, les troupes jihadistes de HTC – Hayat Tahrir al-Cham – entraient dans Alep. Le 8 décembre, leur chef, Ahmed al-Charaa prenait possession du palais présidentiel de Damas. Un an plus tard, l’heure est au premier bilan.
© Capture d'écran YouTube

Le 21 octobre dernier, trois mois après les États-Unis, le Royaume-Uni retirait le groupe HTC de sa liste des organisations terroristes. Une semaine avant, les représentants américains aux Nations unies présentaient aux membres du Conseil de sécurité une proposition en vue de retirer Ahmed Al-Charaa, président par intérim de Syrie, de la liste des personnes sanctionnées au niveau international. Al-Charaa ? « Un jeune homme séduisant », « un dur à cuire », selon Donald Trump… Emmanuel Macron ne l’a pas qualifié ainsi, mais il l’a reçu en grande pompe à l’Élysée en mai. Quant à Vladimir Poutine, il l’a accueilli à Moscou. Il y a moins d’un an, le même Poutine faisait bombarder ses troupes !

Si la loi César, sanction américaine qui empêche toute reconstruction en Syrie, n’a pas encore été levée, la Syrie semble être devenue « fréquentable ». Le passé jihadiste d’al-Charaa a vite été oublié. Les pays occidentaux ont rouvert leurs ambassades ; les grandes entreprises européennes font la queue à Damas en quête de marchés. Début octobre, les autorités syriennes ont ainsi reçu une délégation française, menée par le MEDEF, en vue de futurs investissements en Syrie. On y trouvait la CMA CGM, les groupes Accor, Airbus, Suez, Thalès ou encore Orange.

Complicité ou passivité ?

Pourtant, cette politique de respectabilité n’est pas sans accroc. En mars 2025, des milliers d’Alaouites trouvent la mort dans des raids jihadistes sur la côte syrienne, sans que le pouvoir n’intervienne et ne condamne autrement qu’en parole. En mai, c’est au tour des Druzes de subir les foudres des milices islamistes… Quant aux chrétiens, s’ils n’ont pas connu d’exactions de masse, ils vivent dans une insécurité permanente. Le 23 juin, un attentat fait vingt-trois morts dans l’église Saint-Élie de Damas, obligeant le patriarche des Grecs orthodoxes Jean X à tonner contre le gouvernement. « La première mission de l’État est d’assurer la sécurité de tous ses citoyens, sans exception ni discrimination. » On est encore loin du compte.

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Ces dernières semaines, l’Union syriaque européenne a documenté une série d’exactions qui a frappé de nombreuses familles chrétiennes : vols, enlèvements, pillages, incendies, saccages, assassinats, etc. À tel point que l’exécution de deux jeunes chrétiens dans la vallée des chrétiens a provoqué grèves et manifestations. Des défilés qui marquent certes la colère et l’exaspération des communautés chrétiennes, mais qui illustrent surtout leur impuissance et leur peur. Face à ces attaques, mêlant le grand banditisme et les revendications religieuses, et dont l’objectif avoué est de mettre la pression sur les chrétiens pour qu’ils quittent leurs maisons et leurs villages, ces derniers ne savent pas vers qui se tourner.

Et l’État syrien dans tout cela. Est-il seulement passif ou réellement complice ? Un peu des deux sans doute… Ainsi, l’ONG Human Rights Watch a-t-elle publié un rapport sur les massacres d’Alaouites de mars 2025, montrant que ces « crimes ont été commis dans le cadre d’une opération militaire coordonnée dirigée par le ministère de la Défense ». On est bien loin des actes individuels relevés par la commission d’enquête officielle, mandatée par les autorités syriennes.

Aujourd’hui, personne, en Syrie, ne protège les Syriens, et notamment les chrétiens, contre de telles attaques. À chaque nouvelle exaction, ou presque, le processus est le même : les forces de sécurité gouvernementales n’arrivent qu’une fois les groupes jihadistes partis. Les exactions sont dénoncées et regrettées officiellement, quoique minimisées, et leurs auteurs ne sont ni recherchés, ni arrêtés, ni condamnés. Si la situation des chrétiens de Syrie était déjà très difficile, elle est désormais alarmante.

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