Skip to content

Trafic de drogue : un commissaire de police judiciaire raconte tout

Mercredi 5 mai, au cœur d’Avignon, le brigadier de police Éric Masson a été abattu de trois coups de feu alors qu’il s’apprêtait à contrôler deux individus suspectés de trafic de drogue. D’après un commissaire de police judiciaire qui a accepté de nous répondre, cet événement dramatique est symptomatique de l’incapacité française à lutter en profondeur contre les stupéfiants. Entretien.

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
© DR

Comment l’institution policière a-t-elle réagi aux événements d’Avignon ?

Par la colère. Une colère de plus en plus affirmée face à des délinquants et des voyous qui ont de moins en moins peur de s’en prendre aux forces de l’ordre. À Avignon, on est dans le cas de violence ultime qu’on avait déjà connu à Argenteuil quand deux policiers s’étaient fait tirer dessus par des individus les ayant identifiés en tant que policiers. Sans peur aucune, ils tirent directement sur la police ; c’est de plus en plus inquiétant. Il faut bien comprendre à quel point c’est démotivant pour les policiers d’avoir affaire toute la journée à des racailles de cité ou à des trafiquants de bas étage, et de devoir agir toujours plus tout en sachant que ça n’est pas suivi d’effets.

Structurellement, quelle place occupe le trafic de drogue dans ces quartiers ?

Le trafic de drogue enrichit des familles et fait vivre une partie des cités. Il permet aussi une certaine pacification de ces quartiers, qui sont par ailleurs hyper-explosifs, parce que les trafiquants ont besoin de calme. Il faut voir que les trafics évoluent. Les trafics de hall et de rue ont tendance à stagner. La consommation et la vente de produits stupéfiants explosent parce que les trafiquants utilisent désormais d’autres méthodes, avec de la vente sur les réseaux sociaux ou la vente par colis. Les dealers deviennent de plus en plus violents pour pouvoir tenir leur territoire face à la concurrence.

Lire aussi : Grégor Puppinck : « La notion d’islamophobie interdit toute critique »

On le voit en région parisienne, à Marseille et un peu partout : les règlements de compte entre dealers deviennent des guerres de territoire. Ils doivent tenir leur territoire, ce qui est rendu plus difficile parce que les clients se déplacent de moins en moins dans les cités et se font amener leur consommation chez eux. Cela rend les trafiquants de plus en plus vénaux : gagner de l’argent passe par le gain du territoire et donc l’élimination de la concurrence. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest