TRIBUNE : Le miel : une bataille écologique et économique avec la Chine

© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Pour donner la parole à toutes les droites, L’Incorrect publie cette tribune de Louis Aliot, député RN des Pyrénées orientales.

 

Le Président Macron a récemment déclaré son inquiétude quant à d’éventuelles velléités hégémoniques de la Chine sur l’économie mondiale. Il est vrai que l’Empire du milieu prend de plus en plus de place dans notre commerce, y compris dans des domaines où on ne l’attendait pas forcément. Ainsi de la production de miel qui est souvent l’objet de fraudes massives. Les Français consomment quatre fois plus de miel que n’en produit le pays, parmi lesquels miels figurent des miels dénaturés par ajout de sucre. Si l’Union européenne ne reconnaît comme « miel » que le produit issu de la ruche, sans ajout ou retrait de quelque nature que ce soit, 32 % des miels présentaient une non-conformité en 2015 selon l’Union européenne ci-avant nommée. En France, l’UFC Que Choisir affirmait que 6 miels « premier prix » sur 20 vendus dans la grande distribution présentaient des ajouts en sucre.

 

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« À première vue, seul un maximum de 15 % du miel chinois correspond à notre définition du miel. On sait que les miels à moins de 1,30 euro, 1,50 euro le kilo, ne passeront pas aux analyses. Si on veut des miels qui “passent” les tests les plus récents, il faut le payer au moins 2,35 euros le kilo. Et là on peut avoir du vrai miel, produit en Europe », affirmait Étienne Bruneau, responsable de la commission qualité au sein d’Apimondia, la fédération des syndicats d’apiculteurs dans le monde. Nous, Français, importons ce miel chinois pour combler la baisse de la production depuis trente ans, explicable notamment par l’utilisation de pesticides responsables d’une disparition massive des abeilles françaises. Ces miels sont ensuite reconditionnés et assemblés, vendus sans indication florale ou géographique avec la seule mention « mélange de miels originaires de l’UE et hors de l’UE ». Bien évidemment, les qualités gustatives et nutritives de ces produits sont pauvres. Ils sont par ailleurs peu écologiques, nécessitant une grande chaîne d’intermédiaires et générant une trace carbone impressionnante.

 

L’Europe est censément « protectrice » selon le gouvernement, pourquoi donc ne prend-elle pas ces sujets à bras le corps ? Avec des frontières économiques nationales efficaces, nous pourrions faire face.

Louis Aliot

 

Les apiculteurs français sont donc doublement piégés puisqu’ils produisent moins de miel qu’ils n’arrivent plus à vendre, concurrencés par des miels étrangers et chinois qui se vendent à des prix deux fois inférieurs. Joël Schiro, président du syndicat des producteurs de miel en France, déclarait : « Dans le rayon, l’apiculteur local sert d’alibi. 90 % des références sont constituées d’importations au prix de 10 à 15 euros le kilo, et le reste, c’est du français entre 15 et 30 euros (…)Pourtant, on trouve du miel chez le producteur à 5 euros le kilo, donc il pourrait arriver à 10, 12 euros en supermarché. Il y a une surmarge ! » Il ne faut pas se contenter de mieux indiquer l’origine des miels, mais bien sanctionner les producteurs qui contreviennent aux règles en y additionnant du sucre et taxer les importations chinoises afin que la concurrence française puisse rivaliser. L’Europe est censément « protectrice » selon le gouvernement, pourquoi donc ne prend-elle pas ces sujets à bras le corps ? Avec des frontières économiques nationales efficaces, nous pourrions faire face.

 

Louis Aliot

 
 
 

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