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Tugdual, du celte bon et valeureux. Si un prénom ne vous prédestine pas, l’honneur demande qu’on se hisse à sa hauteur. Investi pour les plus faibles depuis 30 ans, il fait aujourd’hui avec humilité le lien entre eux et les grands de ce monde. Dans les couloirs de l’Assemblée nationale au nom d’Alliance Vita, sous les ors du Vatican avec l’Académie pontificale pour la vie, sur les plateaux télévisés, Tugdual est sur tous les fronts pour défendre le droit à la vie.
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Il n’hésite pas à sortir de la tranchée : le 23 mai 2018, il est en première ligne face à Emmanuel Macron. Dans un dîner à l’Élysée entre acteurs du débat autour de la PMA, il a dix minutes pour tirer ses meilleures cartouches et convaincre le Président de renoncer à sa promesse d’élargir la PMA à tous. Autour de lui, dix autres convives philosophiquement opposés, claquemurés dans leur bunker égalitariste. Avec « bienveillance et fermeté », Tugdual implore le Président de ne pas franchir la ligne rouge de la PMA, derrière laquelle se profile déjà la GPA. Et insiste : la France doit rester ce « petit village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur » de la marchandisation des corps, faisant ainsi ricasser Emmanuel Macron. Malgré la situation familiale du couple présidentiel, Tugdual le conjure de « s’attaquer plutôt aux causes d’une infertilité grandissante ».
Dans les couloirs de l’Assemblée nationale au nom de l’Alliance Vita, sous les ors du Vatican avec l’Académie pontificale pour la vie, sur les plateaux télévisés, Tugdual est sur tous les fronts pour défendre le droit à la vie.
Le concept transversal de ses sept ouvrages est l’écologie humaine, une écologie intégralement chrétienne et cohérente : « De même que nous devons transmettre un monde habitable et respirable, nous devons léguer aux suivants des repères anthropologiques. Il y a une hypocrisie incroyable ; on fait tout pour intégrer les handicapés mais quand le diagnostic anténatal détecte un enfant trisomique, c’est un avortement dans 95 % des cas. C’est leur dire « vous avez toute votre place dans la société, mais si on avait su on ne vous aurait pas laissé vivre » ».
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Si ce n’est pas au nom de sa foi qu’il œuvre, le combat qu’il mène depuis plus de 30 ans n’est pas que politique ou froidement juridique. Et comment pourrait-il l’être ? C’est un combat d’essence spirituelle qui puise sa force dans les sources de Lourdes. À 20 ans, alors qu’il est simple bénévole, Tugdual y fait une double rencontre par où « sa vie bascule dans le bonheur ». Il fait la connaissance de Cédric, un tétraplégique de 14 ans venu implorer une guérison, et est bouleversé par « son insondable humanité ».
« De même que nous devons transmettre un monde habitable et respirable, nous devons léguer aux suivants des repères anthropologiques »
À tout jamais : « J’ai vécu une transposition de l’Évangile dans ma vie : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Après cette « expérience de l’émerveillement » vécue avec les personnes handicapées au sanctuaire marial, Derville lance l’association À bras ouverts à 24 ans. Depuis sa création en 1986, 15 000 accompagnateurs ont partagé un week-end avec des jeunes souffrant de handicap. Cette intuition extraordinaire qui permet à des accompagnants de donner de leur temps, aux handicapés de s’aérer et à leurs parents de se reposer lui vaudra une Légion d’honneur en 2008.
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Un parcours qui rappelle celui de Jean Vanier, rappelé à Dieu début mai. Les deux s’étaient d’ailleurs rencontrés en 1986 devant un restaurant d’autoroute nommé… L’Arche ! « C’était pour moi une rencontre avec un sage, qui m’a conseillé dans toutes les actions que j’ai menées », raconte-t-il. Les deux hommes se revoient une à deux fois par an pour prier et se confier, tissant une amitié profonde. Délégué général de l’association Alliance Vita – héritière de l’ADV (Alliance pour les droits de la vie), fondée en 1993 – Tugdual Derville en a fait une force susceptible de peser sur tous les sujets touchant à la vie, de son commencement à sa fin.
La France doit rester ce « petit village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur » de la marchandisation des corps
Avec un certain succès : « En quelques années, nous avons eu 8 auditions et rencontré 200 parlementaires face à face, ainsi que plusieurs ministres. Nous sommes parfois écoutés, parfois c’est un échec flagrant, mais nous sommes respectés pour notre expertise et notre cohérence ». Sur la reconnaissance de l’embryon, qui est la clé des débats sur l’IVG et la PMA, ce père de famille de six enfants ne perd pas espoir : « Si la controverse de Valladolid a su reconnaître les Amérindiens comme étant dotés d’une dignité, on finira par reconnaître l’embryon comme une personne humaine. Les chercheurs qui manipulent les embryons le comprennent de plus en plus et le savent mieux que quiconque. Ce mur de Berlin bio-éthique finira par tomber ».
Baudouin Wisselmann
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