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Typologie du cataclysme

Odyssées post-apocalyptiques, récits-catastrophe et fables sanitaires, l’écroulement du monde a la cote dans les romans de la rentrée. Une vogue significative, un genre subtilement codifié.

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© Jeff Finley – Unsplash

Pandémies, exodes, canicules monstres, chaos généralisé… À lire certains romans de la rentrée littéraire, le monde va mal, et on ne se dirige pas précisément vers une amélioration. En même temps, c’est logique : tout comme le rôle des intellectuels est d’être critiques à l’égard de la société où ils vivent, quitte à forcer le trait, le rôle des écrivains est de s’inquiéter pour l’avenir, non d’assurer que tout ira bien, Madame la Marquise. D’ailleurs, la posture de conscience inquiète de son époque est plus gratifiante que celle d’optimiste béat, et moins risquée devant l’Histoire : l’écrivain qui a promis que rien n’était grave alors que les nuages s’amoncelaient au-dessus de lui aura l’air ridicule rétrospectivement, celui qui a passé sa vie à annoncer la fin du monde à tort n’héritera que d’une étiquette inoffensive de pessimiste bon teint, plutôt valorisante selon les critères de l’histoire littéraire.

FLÉAU VIRAL

Cela étant, si les catastrophes en tous genres font fureur chez les romanciers, tout comme chez les scénaristes de film, c’est surtout parce qu’elles font d’excellents déclencheurs d’intrigues, et qu’elles fournissent des décors spectaculaires à souhait, propices aux descriptions grandioses dont les écrivains sont friands (il faut dire qu’elles ne coûtent rien, par comparaison avec le cinéma). Une ville désertée, par exemple, n’a-t-elle pas quelque chose de fascinant, surtout quand il s’agit de la ville-monde par excellence, New York ? La romancière sino-américaine Ling Ma imagine dans Les Enfiévrés (Mercure de France) que les habitants s’enfuient massivement à la suite de la propagation chez eux d’une fièvre étrange, venue de Chine. On croirait une fable sur le Covid-19, mais le roman date de 2018 ; le coupable ici n’est pas un virus, mais une spore fongique microscopique. Difficile pourtant de ne pas faire le rapprochement avec notre situation, au moins quant à la centralité de la Chine dans le nouvel équilibre mondial de la santé…

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