Un 14 juillet sur un volcan

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Comme redouté, la journée d’hier fut riche en symboles, largement négatifs pour le pouvoir en place. Celle-ci a largement tourné autour de l’avenue des Champs-Elysées. Qui fut une nouvelle fois la démonstration de la situation de la France.  

 

 

La matinée était consacrée au défilé militaire. La France a pu découvrir le haut niveau technologique de son armée. L’événement devint rapidement l’objet d’une première manifestation politique. Plusieurs dizaines (probablement beaucoup plus vu le son) de manifestants ont réussi à déjouer les contrôles grâce à l’abandon du gilet jaune, et pu se mêler à la foule.

C’est bien une descente des Champs-Elysées sous les huées que le Président de la République Emmanuel Macron s’est offerte après deux ans de mandat.

Ils étaient munis de cartons jaunes ou de ballons gonflables, que les forces de l’ordre cherchaient à éclater un par un. Parmi eux, Eric Drouet, Maxime Nicolle et Jérôme Rodriguez furent immédiatement interpellés, puis relâchés à l’issue du défilé, faute de charges retenues contre eux. Les efforts des journalistes pour couvrir de leurs voix les clameurs furent vains, c’est bien une descente des Champs-Elysées sous les huées que le Président de la République Emmanuel Macron s’est offerte après deux ans de mandat.

 

Mais les Gilets Jaunes et Black Blocs affiliés, n’en restèrent pas là. Malgré les effectifs de 7000 membres des forces de l’ordre déployées pour sécuriser la capitale, le calme fut de courte durée. Partis du secteur du moulin rouge, plusieurs dizaines de black blocs ayant confectionné une banderole renforcée pour s’abriter des projectiles commencèrent à converger vers le secteur des Champs-Elysées. La Brigade de Répression d’Action Violente Motorisée, s’interposa pour disperser le cortège en formation qui commençait à incendier des scooters et récupérer la banderole. De petits groupes se reformèrent néanmoins et se coagulèrent aux entrées des rues donnant sur les Champs. Le défilé achevé, quelques 200 black blocs et gilets jaunes « radicalisés » , réussirent à franchir les cordons de sécurité et à s’emparer des barrières de protection et du mobilier urbain qu’ils ont commencé à enflammer pour tenter d’ériger une barricade en haut de l’avenue. Des policiers se font attaquer par des opposants qui vont au contact physique.

Les Black Blocs qui avaient menacé les Gilets Jaunes de ne plus participer à leurs manifestations s’il ne se passait rien ce jour-là peuvent être satisfaits.

Une touriste est touchée à l’œil par un projectile toujours non identifié. Sous les grenades lacrymogènes et les charges de CRS, les forces de l’ordre parviennent à reprendre le contrôle du haut de l’avenue au bout d’une heure et demie de tensions.

 

180 individus ont alors été interpellés. Les Black Blocs qui avaient menacé les Gilets Jaunes de ne plus participer à leurs manifestations s’il ne se passait rien ce jour-là peuvent être satisfaits. Les médias ont eu leurs images. Le ministre de l’Intérieur s’est offusqué. Emmanuel Macron a compris que les Gilets Jaunes ne le lâcheraient plus.

 

Un peuple désuni, était apparu le jour, un peuple dans le peuple s’est dévoilé la nuit. Suite à la victoire de l’Algérie en demi-finale de la CAN, les habituelles cohortes de supporters français d’origine algérienne ont déferlé floquées du drapeau vert blanc rouge sur la plus belle avenue du monde, encore décorée aux couleurs bleu blanc rouge du matin même. Compte tenu de la présence policière massive les dégâts furent moindres autour de l’Etoile que lors du match précédent.

Un peuple désuni, était apparu le jour, un peuple dans le peuple s’est dévoilé la nuit.

Passée une heure du matin, les habituels échanges de projectiles entre supporters algériens et forces de l’ordre commencèrent. Des supporters algériens, dotés d’un très important stock de feux d’artifices visaient les forces de l’ordre qui répliquaient à coups de grenades lacrymogènes et de désencerclement.

 

121 individus sont interpellés. Selon nos informations et un bilan provisoire, 3 magasins et un véhicule sont dégradés. Lors de la dispersion dans les rues menant à la place de l’Etoile, des groupes de supporters incendient plusieurs véhicules au-dessus de la place des Ternes. Dans le même temps, un véhicule ambulancier est incendié dans le 19e arrondissement de Paris.

 

Mais dans d’autres métropoles de France, moins dotées en effectifs de police, les débordement sont bien plus importants. A Marseille, le cours Belsunce devient un champ de bataille entre supporters et forces de l’ordre.

 

Des containers et des poubelles sont mis en travers des routes et enflammées, des véhicules sont brulés. D’autres villes comme Avignon connaissent aussi des barricades de poubelles enflammées.

 

Mais c’est à Lyon et sa banlieue que le feu a été le plus répandu. A Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Vénissieux, de multiples feux et caillassages de policiers ont lieu.

Les pompiers lyonnais ont dénombré plus d’une centaine de départs de feux durant toute la nuit.

Dans Lyon même, un millier de supporters s’affrontent aux forces de l’ordre autour de la place de la Guillotière.

De multiples voitures sont incendiées aux alentours, notamment quai Victor Augagneur, en plein centre de Lyon.

 

Des quartiers entier de la capitale des Gaules sont éclairés par les flammes. Les pompiers lyonnais ont dénombré plus d’une centaine de départs de feux durant toute la nuit, qui se sont éteints vers 4h30. 33 policiers ont été blessés dans la ville de Lyon.

 

 

282 interpellations eurent lieu dans toute la France au cours de la nuit.

 

L’Algérie jouera la finale de la Coupe d’Afrique des Nations contre le Sénégal le vendredi 19 juillet 2019 à 21h.

 

Au terme de cette journée de fête nationale, où l’on a vu un président hué par une partie de son peuple, des violences en pleine journée sur des Champs-Elysées sécurisés comme jamais et une foule de français d’origine algérienne en liesse aux couleurs de l’Algérie dans toutes les métropoles de France qui s’affrontèrent aux forces de l’ordre, la France apparaît comme un paradoxe en pleine lumière.

Un président voulant incarner l’autorité pourtant rejeté comme jamais par toute une partie de son peuple.

Une des armées les plus puissantes du monde, un défilé militaire qui impressionne jusqu’au président américain, un héritage historique et culturel sans pareil dont s’enorgueillit à bon droit son peuple le 14 juillet, une fête nationale célébrée par de magnifiques feu d’artifices et spectacles mettant en valeur son patrimoine architectural. Et un président voulant incarner l’autorité pourtant rejeté comme jamais par toute une partie de son peuple. La légitimité des forces de l’ordre remise chaque jour en question sur tout le territoire. Une identité bafouée par un véritable peuple dans le peuple qui ne voit la France que comme son ancien colonisateur. Les contradictions, incompréhensions, défiances, ne font que s’étendre dans un pays « archipelisé », écartelé, fractionné. Ce 14 juillet n’aura fait que confirmer que la France de 2019 danse sur un volcan.

 

 

Romain Demars

 

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rdemars@lincorrect.org

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