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Une pandémie de coronavirus était plus que prévisible : elle était attendue

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Octobre 2019. Si loin, si proche. Quelques mois en arrière, se tenait l’Event 201. Passé totalement inaperçu aux yeux du grand public, cet évènement international réunissait des épidémiologistes, des virologues, des chercheurs internationaux publics et privés, ou bien encore des responsables politiques, autour d’une expérience visant à simuler l’impact que pourrait avoir une pandémie… causée par un nouveau coronavirus associé à un SRAS.

 

 

La Chine est une préoccupation constante de l’OMS depuis au moins vingt ans. Des virus et des maladies antédiluviennes y apparaissent régulièrement, comme pour rappeler à l’homme sa fragilité. La rencontre avec un virus inconnu ressemble, du reste, à s’y méprendre avec ce que pourrait être le premier contact entre l’humanité et une hypothétique vie extraterrestre. Formes de vie premières, les virus sont nos très lointains cousins dans le règne du vivant. Sous-famille de la grande famille des virus enveloppés, les coronavirus sont légion et peuvent causer des maladies graves à deux types de vertébrés évolués : les mammifères et les oiseaux. Leurs hôtes favoris sont d’ailleurs les animaux volants à sang chaud, qu’ils soient mammifères à l’image de la chauve-souris ou appartenant à la faune aviaire.

 

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En mutant, les virus à couronne peuvent trouver un nouvel hôtel et parasiter le système immunitaire d’une autre espèce. Ce sont ces coronavirus qui provoquent les infections les plus graves chez l’homme, n’étant pas reconnus par notre système immunitaire. Au contraire des coronavirus endémiques de l’homme qui déclenchent parfois des rhumes bénins de saison. Voilà qui rappellera les mythes du vampirisme, où la chauve-souris occupe une place centrale dans un grand nombre de culture… Un lointain souvenir des premières grandes épidémies provoquée par l’élevage animal ? Toujours est-il qu’un animal pourrait servir de vecteur de propagation d’un virus, notamment quand on en consomme imprudemment la viande.

C’est peut-être une explication des premières contaminations d’hommes au SARS-CoV-2, les Chinois mangeant tout ce qui se trouve sur terre et a le dos tourné vers le ciel – pangolins, chauve-souris et rats -, donc tout sauf les hommes. Le SIDA trouverait aussi son origine dans la consommation de viandes de brousse, passé du singe à l’homme après que des tribus africaines reculées aient mangé cet animal qui nous ressemble tant. Une infection qui serait restée isolée dans une population restreinte jusqu’aux années 1930 avant de progressivement s’étendre au monde et de provoquer une pandémie au début des années 1980 dans le monde occidental.

 

Dans sa simulation, il estimait qu’à peine six mois après son apparition, un coronavirus transmissible de l’homme à l’homme serait présent dans presque tous les pays du monde, et qu’au bout de 18 mois il aurait provoqué la disparition de 65 millions de personnes.

 

Les coronavirus, s’ils sont moins létaux que le sida, ont une vitesse de propagation sans commune mesure. Leurs dernières mutations ont provoqué deux grandes épidémies ; celle dite du SRAS en 2003 (8098 cas recensés pour 774 morts dus à la consommation de viande de civette palmiste masquée) et celle du MERS au Moyen-Orient en 2012 (1219 cas recensés  pour 449 morts dus à la consommation de lait cru de chameau). Deux avertissements sans frais que la communauté internationale n’a pas peut-être pas pris suffisamment au sérieux. Nous faisons maintenant face à la première pandémie liée à un coronavirus. La différence principale entre ces trois virus est leur contagiosité. Si le Covid-19 est semble-t-il moins mortel – encore qu’il soit particulièrement violent -, il a un taux de reproduction qu’on suppose beaucoup plus élevé.

C’est pour prévenir le risque de pandémie que l’Event 201 avait été organisé et financé par la fondation Bil et Melinda Gates en collaboration avec le Forum économique mondial. Parmi les participants figurait l’épidémiologiste John Toner qui considérait que le virus le plus susceptible de provoquer une pandémie serait un coronavirus. Dans sa simulation, il estimait qu’à peine six mois après son apparition, un coronavirus transmissible de l’homme à l’homme serait présent dans presque tous les pays du monde, et qu’au bout de 18 mois il aurait provoqué la disparition de 65 millions de personnes.

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Les conséquences économiques imaginées étaient aussi désastreuses, entrainant une chute des marchés boursiers de 20 à 40 % et une baisse de 11% du produit intérieur brut mondial, attribuées notamment à l’effondrement total du tourisme et des transports aériens. Pis encore, dans leur simulation, les chercheurs ne parvenaient pas à trouver un vaccin suffisamment vite. Irréaliste ? Non, si l’on considère que ni le SRAS de 2003 ni le MERS n’ont encore de vaccin ! Le covid19 n’a d’ailleurs pour l’heure de traitements qu’expérimentaux et pas l’ombre d’un vaccin… Le doliprane est un peu léger pour lutter. Un seul motif d’espoir : le virus de la simulation (appelé CAPS et parti d’un élevage de porcs au Brésil) était plus mortel que le SRAS, ce qui ne semble pas être le cas du covid-19 pour le moment.

Malheureusement, nous sommes déjà plongés dans la crise et ne pouvons plus anticiper, simplement réagir et espérer. Tout aussi troublant, un joueur de Plague Inc a simulé une pandémie de coronavirus sur le jeu vidéo, aboutissant à un résultat comparable. De sordides décomptes qui auraient dû mettre la puce à l’oreille à nos gouvernants. À en croire Gérald Darmanin, il était « impossible » en février de prévoir que l’épidémie arriverait en France. De toute évidence non. Les images venues de Chine auraient dû déclencher une alerte noire, puisqu’il était étonnant que cette dictature productiviste sacrifie – même temporairement – son économie. Cette simulation aurait dû aussi être étudiée par nos fameux « experts », incapables de s’adapter et de devenir des tacticiens dans cette guerre, engoncés dans leurs rigidités et leurs process administratifs de petits fonctionnaires tatillons.

Espérons qu’un maximum de Français échappent au covid19, mais s’il pouvait avoir la peau de l’Etat français imprévoyant et obèse, ce ne serait pas une grande perte.

 

Par Gabriel Robin

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