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Le 9 juillet était adoptée en première lecture la proposition de loi portée par Lætitia Avia visant « à lutter contre la haine sur internet ». L’occasion de revenir sur la tentation totalitaire du pouvoir actuel à s’ériger, au nom du bien qu’il prétend incarner, en guide suprême de nos consciences et de nos paroles, au mépris de la liberté d’expression qu’il bafoue allègrement.
Le mal totalitaire découle de la certitude d’appartenir au camp du Bien », écrivait récemment Alain Finkielkraut. Rien n’est plus vrai en ce qui concerne Emmanuel Macron : c’est au nom de la bienveillance et de la lutte contre la haine que le Président compte museler la parole publique.
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C’est déjà le cas depuis la loi « anti fake-news » du 22 décembre 2018 qui traque, en période électorale, les « allégations ou imputations inexactes ou trompeuses d’un fait de nature à altérer la sincérité du scrutin ». Macron, dit-on, n’avait pas apprécié les rumeurs proférées sur sa vie privée de la part des chaînes russes RT ou Sputnik durant la campagne de 2017. De ce fait, le CSA obtient le pouvoir de suspendre en pareil cas la diffusion en France de ces chaînes. Mais qu’est-ce qu’une fausse information ? Si un média avait affirmé pendant la campagne américaine de 2004 que Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive, Georges W. Bush l’aurait accusé de répandre une fake news. On voit le danger de telles lois qui fixent une vérité d’État officielle au lieu de laisser le débat s’effectuer librement dans l’opinion. Il en va de même pour les lois mémorielles : ce n’est pas à l’État de propager une version officielle de l’histoire, c’est aux historiens de débattre.
Il faut croire que l’indignation a remplacé la raison dans l’hémicycle, y compris dans les rangs de l’opposition, puisque cette loi liberticide – qui impose aux plateformes en ligne (Facebook, Twitter, etc.) de retirer dans les 24 heures sous peine d’amende tout contenu manifestement haineux – a été votée par 434 voix contre 33, la plupart des députés LR (à l’exception de six dont Xavier Breton, Marc Le Fur et Julien Aubert) emboitant le pas des marcheurs.
Mais cela ne suffit visiblement pas au pouvoir actuel qui a engagé depuis peu une lutte contre la « haine en ligne », laissant le sujet à une députée LREM, Lætitia Avia, qui fait assaut de victimisation en la matière, pour mieux légitimer son combat : cette proposition « porte en elle mon histoire, celle d’une femme qui n’accepte plus d’être traitée de négresse sur les réseaux sociaux ». Il faut croire que l’indignation a remplacé la raison dans l’hémicycle, y compris dans les rangs de l’opposition, puisque cette loi liberticide – qui impose aux plateformes en ligne (Facebook, Twitter, etc.) de retirer dans les 24 heures sous peine d’amende tout contenu manifestement haineux – a été votée par 434 voix contre 33, la plupart des députés LR (à l’exception de six dont Xavier Breton, Marc Le Fur et Julien Aubert) emboitant le pas des marcheurs. Le tout au mépris du sage équilibre tiré de la loi du 29 juillet 1881 régissant la liberté de la presse, qui, dans le but de garantir la liberté d’expression, se refusait à traquer la haine ou les fake-news pour ne défendre que l’honneur des personnes et prohiber ce qui y contrevient, à savoir l’injure, la diffamation, l’outrage ou la provocation.
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Alors qu’il suffisait d’appliquer la loi de 1881 aux réseaux sociaux en laissant le juge judiciaire trancher les contentieux comme en matière de délit de presse, le législateur a préféré confier ce travail aux algorithmes des GAFA qui traqueront la « haine » en lien avec un « observatoire de la haine en ligne ». Orwell avait raison, nous aurons donc un ministère de la vérité !
Le but est ici avoué : tout propos à l’encontre du « vivre-ensemble » pourra être qualifié de haineux. On s’étonnera, au passage, de ce que la haine soit cantonnée au contenu « raciste, antisémite, anti-musulmans, homophobe ou sexiste », au mépris par exemple des chrétiens.
Quelle définition de la haine retiendront les robots et ceux qui les actionnent ? On lit dans le rapport parlementaire de Lætitia Avia que « le recul des préjugés envers les musulmans n’empêche pas une partie de la société de développer une aversion à l’islam marquée par la perception d’une religion conquérante et le sentiment que des pratiques musulmanes sont peu compatibles avec le vivre ensemble ». Le but est ici avoué : tout propos à l’encontre du « vivre-ensemble » pourra être qualifié de haineux. On s’étonnera, au passage, de ce que la haine soit cantonnée au contenu « raciste, antisémite, anti-musulmans, homophobe ou sexiste », au mépris par exemple des chrétiens. Y aurait-il des haines plus légitimes que d’autres ? Cette surenchère victimaire ne fera que renforcer le communautarisme ambiant et débouchera sur la tyrannie des minorités.
Benoît Dumoulin
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