Une veuve cap-verdienne se rend dans un bidonville de Lisbonne pour enterrer son mari jamais revu après qu’il l’a abandonnée des années plus tôt. Si Vitalina Varela, nommée d’après son héroïne réelle, a l’air de cocher pas mal de cases à la mode (féminisme, résilience, décolonialisme), l’esthétique de Pedro Costa les récuse ainsi que toute tentation naturaliste, se plaçant bien plus haut, au niveau du grand art. Chaque photogramme, extraordinairement éclairé par Leonardo Simões, pourrait ainsi embellir n’importe quelle galerie d’art.
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Reste que la suite du film est un supplice : statufiés et mutiques, les déshérités nous fixent des tréfonds d’un misérabilisme soviétique qui se croirait rédimé par l’art contemporain. Peine perdue, les caissons lumineux de Jeff Wall s’apparient mal avec du Kaurismaki guindé à la mode lusitanienne, et cette fausse Aurore de Murnau, qui aurait tourné au crépuscule, donne l’impression d’un aquarium où le malheur poserait pour la photo.
VITALINA VARELA (2h04), de PEDRO COSTA, avec Vitalina Varela, Ventura, Manuel Tavares Almeida





