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8ème Forum de la Dissidence : les poncifs, et Renaud Camus

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Publié le

5 décembre 2022

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L’Incorrect s’est rendu à la 8e édition du Forum de la Dissidence. Une conférence au rythme inégal, sauvée par Renaud Camus.
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Pour une fois, L’Incorrect est allé « chez les païens », selon la formule consacrée. Deux-cent-soixante personnes s’étaient réunies (selon les organisateurs) quai de Grenelle à Paris, pour écouter une dizaine d’interlocuteurs « dissidents ». Étonnamment, tous les âges étaient représentés (avec une majorité de boomers, disons-le), mais très peu de femmes. Il faut croire que la dissidence est surtout masculine. Rien à boire, mais quelques stands de dédicaces et de stickers. Des « idées de cadeaux de Noël », nous dira-t-on. Mais qu’est-ce que Noël ? Avec un peu de retard, les conférences commencent, pour trois heures de prises de parole.

Jean-Yves Le Gallou, directeur de l’Institut Iliade, lance l’évènement avec la « société de propagande » (titre de son dernier ouvrage). Face à la « dictature sanitaire », à l’arrivée prochaine des crises énergétique et climatique, il alerte. « La propagande est partout », selon lui, des médias à Netflix, en passant par les publicités et le « système ». Contre elle, il faut protéger nos enfants grâce à « l’esprit critique ».

Lire aussi : Jean-Yves Le Gallou : 14 millions d’extra-européens

Le célèbre Damien Rieu, candidat malheureux aux législatives pour Reconquête !, prend le relai. Pour lui, « c’est autant la dépossession de ce que nous sommes que la soumission à ce qu’ils font » qui tue les Français. Heureusement, que les droitards se rassurent : « Ils ont le mensonge, le délit et le déni : nous avons le réel », assène-t-il sans conviction. Filant la métaphore, il ajoute : « Ils ont le plastique et le béton, nous avons le bois, la pierre, et Elon Musk ! » Sans surprise, il s’attaque à l’insécurité et au Grand Remplacement, ses deux thèmes de prédilection, pour conclure d’un ton biblique : « Pardonnons-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Nicolas Faure, Youtuber de droite, enchaîne sur l’égalitarisme. Mais son propos principal découle de sa propre expérience : « La droite aussi peut être sympa, peut être cool ! » Il est cependant heureux que Renaud Camus soit arrivé en retard : il se serait probablement étranglé de stupéfaction.

Sans surprise, Damien Rieu s’attaque à l’insécurité et au Grand Remplacement, ses deux thèmes de prédilection, pour conclure d’un ton biblique : « Pardonnons-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

L’intervention de Yann Vallerie s’est déroulée à distance. Le fondateur du site breton Breizh Info a en effet choisi délibérément de ne pas venir à Paris, alors qu’il prône la « sécession », la fuite des grandes villes vers les campagnes, afin de ne plus subir le « mode de vie décadent » qu’est celui de l’homme urbain.

Suivent un parent d’élève, la youtubeuse zemmourienne Thaïs d’Escufon, puis d’autres comme l’avocat et chroniqueur de Cnews Pierre Gentillet, venu évoquer l’État de droit, son cheval de bataille. À la fin, il glisse également une petite pique à la « droite hors-les-murs » qui deviendrait nuisible à force de ne se parler qu’à elle-même. D’autres interventions filent, mais s’éternisent, et l’ambiance se fait de plus en plus morne.

Renaud Camus viendra cependant réveiller la salle assoupie. Après une pause salutaire, on l’annonce. Avant d’entrer sur scène, il sourit : « Bon, j’ai fait une conférence très intellectuelle. La première heure devrait bien se passer, mais la deuxième… » Intitulée « Faire face à la laideur », elle ne durera qu’une grosse demi-heure, et se démarquera des autres. S’attaquant à ses marottes, la signalisation, les éoliennes et le faussel, c’est-à-dire le « faux réel », il ne mâchera pas ses mots. La laideur vient selon lui du phénomène de remplacement, laid parce que faux. « La sur-signalisation est à l’œil ce que le bruit est à l’oreille », ce qui l’amènera à cette conclusion : « Y a-t-il un journal plus laid que Marianne ? »

Lire aussi : Rémigration : les droites s’écharpent

Partisan de l’écologie intégrale, il milite pour la désartificialisation de la France, toujours avec humour : la rémigration permettra de créer une « ceinture verte » autour de Paris, et de transformer les mosquées en « musées du Grand Remplacement ». Enfin, militant du paraître, il donnera un vrai conseil de dissident : « Quoi que vous entrepreniez, drague, traité théologique, libération du territoire, mettez-y les formes. Résistez, résistez, résistez ».

Presque rien n’aura été nommément dit sur Macron – sujet originel du colloque – mais chacun, à sa manière, aura défendu son moyen de résistance. Il faut cependant admettre, que certains ont plus « la manière » que d’autres.

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