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The Young pope : La sainteté à hauteur d’Homme

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Publié le

3 février 2020

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En 2016, Paolo Sorrentino sort The Young Pope. Les modernes piaffent, les cathos tremblent, les bandes-annonces habilement distillées suggèrent un pape jeune, moderne et en crise de foi, interprété par Jude Law. En ouverture, Pie XIII fraîchement élu déclame un discours place Saint-Pierre qui se révèle être une ode à la masturbation, à l’avortement, aux unions homosexuelles, à l’euthanasie, aux femmes prêtres, à la PMA… Bref, un pontificat open-bar. De quoi donner envie à Cohn-Bendit de postuler dans une crèche, à la Suède de proposer l’asile au Vatican et à Frédéric Martel de devenir secrétaire particulier du successeur de Pierre (voire plus si affinités). Un son de tuyauterie et un plan sur la place vide plus tard, Pie XIII se réveille en sueur et vire le préfet de la Congrégation pour le clergé parce qu’il est homosexuel. Bienvenue dans The Young Pope !

 

Si Paolo Sorrentino s’amuse dans ce Vatican fictif, il serait vain d’en faire un porte-étendard politique. Au sein de ce monde paradoxal, à la fois terreau de la décadence et son principal obstacle, l’Italien ausculte ces hommes de Dieu qui sont également des hommes de pouvoir et vivent cloisonnés dans un lieu en totale opposition avec le monde actuel : hiérarchique, secret, transcendant, flamboyant. Sorrentino pose un regard bienveillant et esthétique sur son sujet et son pape est un antimoderne, un genre de punk comme l’était le Christ. S’il y a bien une chose qui traduit la beauté de The Young Pope c’est sa fascination pour le Mystère. Ce pape priant à genoux et les bras en croix devant une horde de camions nous désarçonne et lorsqu’il avoue n’être pas sûr de croire en Dieu, rarement la foi a été aussi haletante sur un écran.

S’il y a bien une chose qui traduit la beauté de The Young Pope c’est sa fascination pour le Mystère.

Plusieurs fois, le pape explique son refus de tout sensationnalisme dans une société qui réclame sa dose de spectacle comme un drogué attend son injection. Sorrentino en propose un, de spectacle, splendide et symphonique, usant des ruptures de ton avec jubilation. Mais lorsqu’enfin, le réalisateur met en scène son pape sortant de l’anonymat, tout devient simple comme un sourire. En somme, la sainteté à hauteur d’homme.

 

 Arthur de Watrigant

Retrouvez la suite du dossier :

The New Pope: Amour, gloire et beauté

Paolo Sorrentino: Le renouveau Italien

The New pope : Christophe Dickès

Abbé Baumann : Une série fascinante

 

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