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Childfree : Après moi, rien

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Publié le

21 janvier 2021

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N’y aurait-il plus que les couples homosexuels pour vouloir des enfants en occident ? C’est en tout cas ce que semble dire la pléthore d’articles vantant les mérites des childfree, ces adultes volontairement sans enfants. Pour des raisons allant des plus banales aux plus bancales.
childfree

La connexion entre sexualité et procréation a vécu. Aujourd’hui, faire un enfant tient davantage du choix de planning que des suites de la vie conjugale. Alors, pour passer le cap on budgétise, on calcule, on compte les petits sous. Un landau, ça vaut trois restos entre copines. Et un bébé qui se réveille au milieu de la nuit, c’est oublier la prime de fin d’année au boulot. L’Occidentale libérée délivrée veut profiter pleinement de sa jeunesse, à l’instar de son compagnon.

Résultat : la natalité européenne décline rapidement, à tel point que les arrivées massives d’immigrés ne compensent plus le déficit. La France, avec un taux de 1,8 enfant par femme, affiche l’indice le plus élevé de la zone euro. Soit en dessous de 2,1 enfants par femme, seuil de renouvellement de la population. Le Vieux Continent se meurt. Si les raisons économiques retardent l’âge de la première grossesse, affectant la fécondité, elles ne sont pas les seuls facteurs de cette équation.

Lire aussi : Meghan Markle, l’exemple à ne pas suivre

Le mouvement childfree ne pouvait provenir que des États-Unis, lieu de toutes les expériences sociales étranges. Leur but affiché n’est pas de pousser à ne pas avoir d’enfant, mais de normaliser ceux qui n’en veulent pas. En France, 5,3 % de la population a fait ce choix – et 70 % des femmes estiment que la descendance n’est pas une évidence (enquête Arte « Il était temps »).

Une question de responsabilité ?

Les personnes interrogées évoquent à la fois des raisons altruistes… et égoïstes. Il faudrait éviter de se reproduire pour ne pas prendre la responsabilité de mettre au monde dans une société si dure. Adulescents éternels, ils font le choix d’épargner à leur hypothétique progéniture les difficultés qu’eux-mêmes peinent à gérer. Ainsi, comme le déclare Édith Vallée, psychologue clinicienne : « Certaines femmes disent : “Je ne veux pas d’enfant car je ne veux pas prolonger le monde tel qu’il est fait, de violences, d’exactions” ». Ces femmes sont souvent militantes, engagées politiquement ». Étonnamment, les mêmes évoquent la volonté de vivre leur vie pleinement, sans contrainte. On ne fait pas d’enfant, pas plus qu’on n’adopte un chien. Après tout, qui voudrait le promener si on prenait deux semaines de vacances à Cancùn ?

Ecoféminisme

Ah non, pas de vacances à Cancùn. L’argument majeur au refus d’enfant est l’écologie Si les glaciers fondent et les bébés phoques meurent, c’est parce que vous avez des triplés, inconscients ! Après tout, comme l’explique l’étude de Seth Wynd de l’Université de Lund (Suède) : « Une famille américaine qui choisit d’avoir moins d’enfants contribue au même niveau de réduction des émissions de CO2 que 684 adolescents qui décident de recycler systématiquement leurs déchets pendant le restant de leur vie ». Alors face à la solastalgie (éco-anxiété), que 65 % des moins de 18-24 ans déclarent ressentir, certains préfèrent carrément zapper la case bébé.

Casse-couille

Les chirurgiens se trouvent confrontés à des dilemmes moraux d’un genre nouveau : les jeunes sans enfants qui demandent à se faire stériliser. Ligature des trompes pour ces dames, ou vasectomie pour ces messieurs (+491 % entre 2010 et 2018). Comme à la SPA, sauf que c’est moins cher : c’est l’État qui paye.

Désormais, on nous présente des chiffres accablants : un enfant africain consommerait sept fois moins de carbone qu’un petit Français. Si on boucle le raisonnement, la solution est toute trouvée : laissons notre population vieillir et mourir. Ça devrait sauver les pingouins

Dans un occident qui se meurt, la société accepte de plus en plus cette tendance – et l’encourage même. Les articles de presse concernant les childfree se multiplient. On y découvre les Manon, Caroline ou Léa, présentées comme d’audacieuses femmes pleinement épanouies du haut de leurs duplex parisiens. Elles y exposent leur démarche pour une meilleure visibilité de leur condition dans la société, tout en affirmant que l’opinion des autres ne compte pas. On n’est plus à une contradiction près.

La faute des bébés occidentaux

Mais ces articles révèlent aussi, au milieu de ces autocongratulations et affirmations positives éco-conscientes, un inquiétant message. Quelques années auparavant, on vous incitait à adopter plutôt qu’à procréer : tant de malheureux attendraient un nouveau foyer. Rappelons-nous d’Angelina Jolie allant faire son shopping d’orphelins en jet privé en Afrique. Désormais, on nous présente des chiffres accablants : un enfant africain consommerait sept fois moins de carbone qu’un petit Français. Alors certes, la natalité africaine détient les records mondiaux. Mais une naissance là-bas est éco-compatible, alors qu’un bébé ici fait crever la planète. Si on boucle le raisonnement, la solution est toute trouvée : laissons notre population vieillir et mourir. Ça devrait sauver les pingouins.

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