Mais quand on a beaucoup peint, le sujet parvient presque à s’effacer derrière le mystère du geste : avec les bouquets d’un seul type de fleurs, Giorda dit avoir l’impression de faire un portrait. Il explique que les couleurs recèlent un mystère, qu’elles sortent de la terre, de la nuit. Le peintre les ferait jaillir depuis une obscurité qui ne parvient plus à les retenir, commençant ses tableaux par une couche noire sur laquelle il appose formes et couleurs avant même qu’elle ne sèche. Les couleurs naissent ainsi parmi la salissure, émergent de la grisaille et finissent par crier. Rien ne peut se taire chez Giorda, même les fleurs. On n’a pas le choix, il y a le feu, urgence, on ne peut exister que dans un cri.
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En chef d’orchestre, le peintre distribue les ombres, les empâtements, équilibre et simplifie les masses claires et foncées, exagère les contrastes. Son tableau est la palette, la palette est le tableau, les mélanges se font in situ. Dans sa peinture, le temps de la création et le temps de la réalisation sont les mêmes. Si mise en scène il y a, elle est engendrée par le tableau lui-même. Il nous prépare donc cet hiver l’exposition de cet été, des fleurs, des fleurs qui crient notre tragédie. En attendant cet été et l’exposition des fleurs, les peintures de Patrice Giorda sont visibles à la galerie Patrice Steffan, 26 rue Auguste Comte, Lyon.





