« J’appartiens à une famille que je me suis choisie et avec laquelle je dialogue. » Ses tableaux apparaissent ainsi comme une quête de synthèse. La peinture figurative de Bitman échappe au temps, à l’écume de l’actualité. Certaines de ses toiles nous font penser à des fresques de la Renaissance qui auraient traversé le temps pour nous rejoindre, non restaurées, abîmées, partiellement effacées. L’action du temps a été anticipée pour mieux révéler l’œuvre dès maintenant dans sa part d’immuable. C’est que tout le génie d’Igor Bitman réside dans sa matière.
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Chez lui, la couleur est matière. « J’aime que la matière me résiste. Quand je peins, il y a quelque chose qui relève du duel ». Igor Bitman revient sans cesse ajouter une couche et en gratter une autre. Plus il ajoute, plus il ôte, en quête de précision, pour saisir la grâce. Le tableau est réussi puisqu’on a envie de le toucher. Nous pouvons désormais nous appesantir. Les paysages urbains architecturés à l’extrême avec les lignes de fuite et les arêtes multiples nous rappellent que nos yeux sont faits pour la perte de vue. Ses nus féminins glissent et fondent en courbe sur la toile pour nous aimanter comme des sirènes. Ces visages féminins énigmatiques comme des icônes, à la mélancolie omniprésente, aux paupières lourdes toujours prêtes à se fermer qui dictent à tout le corps une forme d’abandon, de renoncement, nous obligent à regarder à l’intérieur de nous.





