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Qui est « ParisPasRose » ?

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20 février 2021

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Le fameux compte anonyme LGBT spécialiste en harcèlement et dénonciations en tout genre subit lui-même depuis quelques jours des attaques sur les réseaux sociaux. L’identité de celui qui s’agite derrière anonymement aurait même été révélée.
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Pour comprendre ce qui agite la LGBTsphère, il faut remonter au 9 février. Ce mardi, un jeune homme, Guillaume, est retrouvé pendu dans sa chambre universitaire du campus de Nanterre. Le 21 janvier, il avait accusé publiquement Maxime Cochard, conseiller de Paris PCF du XIVe arrondissement, et son compagnon de l’avoir violé en 2018, alors qu’il n’avait lui-même que dix-huit ans. Maxime Cochard, proche de Ian Brossat, le maire-adjoint de Paris au logement, a nié en bloc, parlant d’une « accusation totalement fausse » et a porté plainte en diffamation. Mais très vite le PCF demande sa mise en retrait et Carine Petit, maire socialiste du XIVe, lui retire sa délégation« Égalité Femmes Hommes et lutte contre les discriminations ». L’avocat de la famille de Guillaume annonce porter plainte contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Dans la foulée, une vague de témoignages inonde twitter sous le mot-dièse #metoogay, « libérant la parole de centaines d’hommes homosexuels victimes de violences sexuelles ».

« Quelque chose de pourri à l’Hôtel de ville »

Une affaire similaire avait déjà eu lieu quand le photographe et militant homosexuel Olivier Ciappa avait fait une tentative de suicide au début du mois de juillet, après avoir évoqué sur twitter le harcèlement et les moqueries dont il avait été victime de la part de figures du militantisme LGBT parisien. « Il n’y a pas de lien entre les deux affaires », nous apprend Kevin [le prénom a été changé], militant historique de la cause LGBT. Pas de lien, « mais c’est la même bande. Ils agissent en meute ». Ils ? « Derrière ce lynchage, il y a des comptes anonymes sur twitter, en majorité tenus par la branche LGBT d’Anne Hidalgo qui s’appelle Fiertés en Commun », révélait Valeurs Actuelles. « Ils sont très implantés en politique et dans les médias, gays bien sûr comme Komitid ou Têtu, mais aussi 20 Minutes qui a lancé le plus gros harcèlement ». L’hebdomadaire cite même des noms : Joël Deumier de Fiertés en Commun, Romain Burrel de Têtu, Denis Quinqueton, Yohann Roszéwitch, Philippe Lasnier, Nicolas Rividi ou les élus communistes de Paris Ian Brossat et Maxime Cochard. et le fameux compte anonyme ParisPasRose. Anonyme jusqu’à aujourd’hui, semble-t-il.

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Depuis la mort de Guillaume, plusieurs rassemblements ont eu lieu à l’université de Nanterre où il étudiait, dont un hier. Après ce dernier, un hashtag #Justicepourguillaume a été lancé sur Twitter. « Leurs conneries ont fini par faire un mort ! » selon Kevin. «Avez-vous constaté comme moi l’omerta de Brossat comme ParisPasRose sur les accusations de Guillaume, puis sur son suicide ? Alors que ce sont les premiers à monter au créneau et à lancer des raids contre ceux qu’ils désignent comme cible. Cochard était le protégé de Brossat, grassement payé par nos impôts comme homme de main. Récompensé par un siège au Conseil de Paris. Il y a vraiment quelque chose de pourri à l’Hôtel de ville. Ecœurant. Il faut que la parole se libère ». Et la parole semble se libérer. Aujourd’hui des comptes, eux aussi anonymes, profitent de ce hashtag pour livrer la supposée identité de celui qui se cache derrière ce compte. Cet homme serait, d’après eux, Philippe Lasnier, chef de projet à la mairie de Paris et déjà derrière le compte intitulé HomoSapiens (@pouceopposable) passé brusquement en mode protégé depuis ce jour et créé en 2013 comme celui de ParisPasRose. Avec plus 440 000 tweets en huit ans, soit plus de 150 par jour le fonctionnaire de la ville de Paris semble avoir un planning aménagé a moins que ce compte anonyme ne soit directement au service de la Mairie.

Qui est Philippe Lasnier ?

Pur produit de la gauche parisienne, l’homme est même surnommé dès 2001 dans la revue ProChoix « Le M. Gay de la mairie de Paris ». Il y expliquait dans un entretien mené par Caroline Fourest qu’il travaillait pour « le principal conseiller du maire [à l’époque Bertrand Delanoé] Laurent Fary ». Poitevin, l’homme débarque à Paris en 1988, il rejoint le MAG (Mouvement d’affirmation des jeunes gay, rebaptisé depuis Mouvement d’affirmation des jeunes lesbiennes, gais, bi & trans), avant de grossir les rangs d’ActUp en 1994. « C’était un moyen de lutter très concrètement pour les homos, contre le sida et contre la droite ». Lasnier dit « avoir toujours eu une conscience de gauche (…) un centre de gravité entre PC et Verts » – les grands démocrates en somme.

Lire aussi : Enquête – LGBT, au commencement était HES

Côté boulot, il est engagé au service communication du Parti Socialiste en 1998. « j’ai suivi de près les débats sur le Pacs et j’ai relayé beaucoup de choses », suffisamment pour se créer un réseau de journalistes, notamment avec Libération, « le média grand public sur le sujet ». Le Pacs justement, créé entre autre par Michel Teychenné, fondateur de HES (Homosexualité et Socialisme), – organisme que rejoindra Lasnier – et Denis Quinqueton, cité par Valeurs Actuelles dans l’affaire Ciappa. HES est l’organisation centrale pour l’introduction des revendications communautaristes LGBT dans la politique nationale et la pépinière de nombre de militants associatifs qui se sont épanouis dans d’autres structures. Philippe Lasnier en est encore membre. Il défendait d’ailleurs la candidature du maire de Paris dans une vidéo postée sur le compte de l’association le 7 mars 2020, une semaine avant le premier tour des élections municipales, pour « éviter tout recul, tout retard » pour les pseudo-droits LGBT. Réseau politique, réseau médiatique et réseau associatif, Philippe Lasnier est partout mais n’apparait nulle part en son nom. Rare pour un homme de communication. Si son nom a disparu des organigrammes de la Direction démocratie citoyen territoires ( DDCT) – Service égalité intégration inculsion (SEII) où il officiait jusqu’en 2018, il travaille toujours à l’Hôtel de ville en tant que « « chef de projet à la mairie », poste vague mais d’après un élu « on le croise souvent en face du 5, rue Lobau où est logé le service communication et évènementiel de la Mairie ».

Monsieur L, surnom Pack de lait

Dans la foulée de la sordide affaire du jeune Guillaume, l’association SOS Fonctionnaires Victimes qui lutte « contre les discriminations, brimades, harcèlements dont sont victimes les fonctionnaires et personnels de la fonction publique » révèle une nouvelle affaire de harcèlement mettant en cause un certain Monsieur L. en diffusant le témoignage d’une victime : « La première fois que je le rencontre dans un cadre professionnel, il me parle de sa [teube ] Le lendemain, sur ma boîte mail de la mairie, j’ai une photo de sa bite à côté d’une brique de lait pour montrer l’échelle. C’était l’un des conseillers de Delanoë. Du coup, son surnom c’était Pack de lait ». Cette victime se confie à une personne qui elle-même a porté plainte pour harcèlement sexuel contre un haut fonctionnaire : «  L. doit te connaître car qu’il connaissait tous les « ennemis » des élus PS. Tu devais être dans ses listes. Il était très bon dans la com et la rumeur ». D’après l’association, ce « Monsieur L., officie toujours à la Mairie de Paris » et « avait pour mission de discréditer les fonctionnaires qui osaient se plaindre ou de signaler les agissements de hauts-fonctionnaires ou d’élus, une sorte de cabinet noir ».

Lire aussi : Dossier LGBT : Twitter ou la meute des licornes

Mais ce n’est pas tout. C’est là que l’affaire Ciappa ressurgit. Toujours selon l’association, « ce monsieur L. apparait dans une affaire de cyberharcèlement contre un artiste qui sous pression tente de se suicide. Monsieur L. interagit sur twitter sous un pseudonyme ». Et ce Monsieur L. serait d’après l’association SOS Fonctionnaires Victimes « un conseiller qui se pose en figure du mouvement gay de la mairie de Paris » et qu’on « retrouve dans la mission égalité femmes-hommes ». Dans l’annuaire francilien des référent-e-s (sic) égalité 2018, on retrouve à la «  Mission égalité femmes-hommes » un certain Philippe Lasnier, chef de projet (Droits des femmes, santé-sport, LGBT), domicilié professionnellement à l’Hôtel de ville 4, rue Lobau, 75004 Paris. À la question : Philippe Lasnier serait-il ce Monsieur L. ? l’association n’a pas souhaité répondre. D’après nos informations Philippe L est bien Philippe Lasnier. À celle demandant si Philippe Lasnier serait l’homme caché derrière le fameux compte anonyme ParisPasRose, elle explique que « si plusieurs messages privés font un rapprochement entre leur contenu et ce pseudonyme », ils n’ont pas d’« élément permettant d’établir formellement l’identité de ParisPasRose. En revanche l’individu utilise effectivement plusieurs adresses ». Affaire à suivre…

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