Skip to content

Chers camarades : notre critique

Par

Publié le

1 septembre 2021

Partage

URSS, 1962. Des ouvriers grévistes sont décimés par les autorités alors qu’ils manifestent contre la hausse des prix. Chers camarades d’Andreï Konchalovski raconte avec brio et profondeur cette épisode sanglant du régime communiste.
Chers camarades

Après un Michel Ange d’une rigueur esthétique éblouissante mais manquant sans doute un peu de fibres, Konchalovski livre enfin son film-somme, l’aboutissement d’une carrière d’outsider du grand cinéma russe. Frère de Nikita Mikhalkov et élève de Tarkovski, Andreï Konchalovski est toujours resté à l’ombre de ses maîtres : il n’a pourtant jamais cessé de tourner depuis les années 60, avec une régularité presque métronomique, aussi prolifique que touche-à-tout. On lui connaît même un curieux passage à l’ouest (Runaway Train et Tango & Cash, pur buddy movie avec Stallone et Kurt Russell !)

Lire aussi : Pour l’éternité : notre critique

Chers Camarades, réalisé à l’âge canonique de 82 ans, affirme une sorte de retour à la terre natale et à des problématiques intimes : en s’emparant d’une tragédie du communisme (le massacre de Novotcherkassk, ou la répression sanglante d’un mouvement social sous le régime de Khrouchtchev), Konchalovski oppose au récit historique un point de vue douloureusement organique, entièrement porté par l’actrice Yuliya Vysotskaya. Elle incarne ici une partisane fervente du parti dont la fille disparaîtra pendant les émeutes. Konchalovsky filme avec précision les errances et les désillusions de cette mère de famille. Une galerie de portraits bouleversante mais aussi une réflexion sans concession sur la plasticité du récit officiel, filmée dans un noir et blanc hiératique. Un hommage vibrant au cinéma soviétique et l’œuvre testamentaire d’un voyant.

Chers camarades (2 h), d’Andreï Konchalovski, avec Yuliya Vysotskaya, Sergei Erlish, Yuliya Burova, en salle le 1er septembre

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest