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Duc du Maine : la légende noire du bâtard

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Publié le

10 septembre 2021

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Fils préféré du roi soleil, le Duc du Maine souffre d’une légende noire pour avoir été officiellement reconnu par testament quoique bâtard.
duc du maine

Il fut le fils préféré de Louis XIV. Préféré mais bâtard. Issu de la relation adultérine de la Montespan et du roi-soleil, arraché dès la naissance à sa mère pour être élevé par madame de Maintenon, future femme de Louis XIV, Louis-Auguste de Bourbon vient au jour le 31 mars 1670. Malgré une difformité physique (il boite), le duc du Maine est un enfant vif et travailleur. Le roi qui veut en faire un prince à part entière le couvre d’affection et d’honneurs : à quatre ans, il reçoit la charge de colonel-général des Suisses, et part à 18 ans combattre sur les bords du Rhin. Discipliné et effacé, il s’y montre piètre officier. Qu’importe, son influence grandit à la cour grâce à sa proximité avec son père. En 1711, meurt le Grand Dauphin dit Monseigneur, le fils légitime. Quelques mois plus tard, son propre fils, le duc de Bourgogne succombe à une épidémie de rougeole. C’est l’hécatombe au sein de la famille royale, et le seul héritier de la couronne est un enfant de deux ans, arrière-petit-fils de Louis XIV. Par testament, le roi fait entrer le duc du Maine dans le conseil de Régence en lui confiant l’éducation du futur Louis XV.

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Mais la mort du grand monarque en 1715 provoque la chute de la maison du Maine et les princes de sang en profitent pour casser le testament. Pris plus tard dans la conspiration de Cellamare, Louis-Auguste est emprisonné deux ans et mourra en 1737 éloigné de la vie politique. La biographie de Pierre-Louis Lensel rend hommage à cette personnalité gracieuse et délicate du Grand Siècle : présenté comme pleutre et arriviste par Saint-Simon, le duc du Maine fut le bouc émissaire idéal d’une aristocratie aux yeux de laquelle le bâtard est une menace pour la hiérarchie sociale, et l’obstination du roi à légitimer le duc du Maine fut vécue comme un quasi-coup d’État. Derrière cette question de préséance, quelque peu surréaliste pour un lecteur du XXIe siècle, se cache le drame de l’aristocratie française : soumise au pouvoir royal et concurrencée par la bourgeoisie d’affaires, elle s’est arc-boutée sur ses privilèges. Moins d’un siècle plus tard, elle était liquidée.

Le duc du Maine de Pierre-Louis Lensel
Perrin, 486 p., 25 €

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