« Il y a un effet miroir de la face du Christ, j’en suis persuadé, on se voit en Lui ». Il veut peindre ce mystère pour le sonder. Son support est du papier car ses toiles s’écrivent comme les icônes. Il trace, puis barbouille, puis rature, puis grillage les scènes. Ensuite il ponce le papier pour adoucir l’évidence des traits, pour donner une matière au support. Il ponce parfois jusqu’à le trouer, mais on ne peut pas chercher l’usure sans risque et c’est toujours grâce aux accidents que l’œuvre parvient à échapper à son auteur pour s’imposer à tous. Ses scènes saturées de traits noirs semblent représenter l’humanité piégée dans un texte.
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On croit reconnaître la structure du vitrail car on en retrouve éclatement et brisures. Sans doute s’agit-il, comme pour les vitraux, de mieux éclater la lumière, sauf qu’il s’agit ici d’une lumière toute intérieure au dessin et qui va vers l’extérieur. En couleur, il peint une Véronique avec les instruments de la passion : clous, morceaux de la couronne, parfois même les cinq plaies… Pas d’éblouissement ici, juste les faits. Romain Olive déteste les vernis et le biais qu’ils introduisent, alors il passe son temps à matifier, car la couleur doit briller d’elle-même. L’objectif du peintre est de se situer au Samedi saint, au moment où l’humanité abandonnée compte les reliques. Il crée ainsi un petit théâtre d’objets destiné à nous questionner sans cesse. « Il y a quelque chose qui relève de la réanimation dans la peinture et donc de la résurrection ».
Romain Olive participera au salon du dessin et de la peinture à l’eau 2022 du 15 au 22 février au Grand Palais éphémère





