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Alliance Police : « La réussite aurait été entière si les candidats de gauche avaient répondu présent »

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Publié le

3 février 2022

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Ce mercredi, le syndicat de police Alliance organisait un Grand Oral avec certains candidats à la présidentielle, qui ont pu présenter leur programme sécuritaire. Le secrétaire général adjoint du syndicat Stanislas Gaudon dresse un premier bilan de l’exercice. Entretien.
Grand Oral

Vous avez organisé une grande réunion dans laquelle tous les candidats de droite ont pu s’exprimer. Était-ce une réussite pour vous ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que nous avons organisé une réunion à laquelle seuls les candidats de droite ont répondu présent ! Il faut le préciser car, volontairement, beaucoup de médias ont fait une confusion disant qu’« Alliance » était un syndicat de droite, ce que nous ne sommes pas. Ensuite, Jean-Luc Mélenchon a expliqué que le débat se faisait entre la droite et l’extrême droite. Or, nous avions tenté d’ouvrir le débat à tout le spectre politique ! Malheureusement, nous le déplorons, seule la droite a répondu présent.

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon a-t-il été exclu de cette réunion alors qu’il propose une réforme en profondeur de la police ?

Tout d’abord, parce que M. Mélenchon a eu un comportement indigne d’un élu de la République vis-à-vis des policiers. On se souvient tous de la perquisition au siège de LFI, de ses propos envers les policiers qu’il traite de « barbares » ; du fait qu’il a participé à une manifestation où on hurlait « Tout le monde déteste la police ». Mais en sus, il remet en cause notre mouvement en disant qu’il n’est pas un syndicat, mais un syndicat factieux d’extrême droite. Il ne nous respecte pas, pas question pour nous de l’inviter. Il nous a d’ailleurs donné raison hier soir en expliquant qu’il n’y serait de toute façon pas allé. Ça n’aurait eu aucun sens de l’inviter. Nous ne sommes cependant pas les seuls à faire ça : le président de l’association de l’Abbé Pierre a déclaré que l’extrême droite ne serait pas invitée à sa convention car elle est aux antipodes de ses idées. Nous restons, comme eux, cohérents.

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Malgré cela, êtes-vous satisfaits ?

Oui, notamment sur le plan médiatique. Nous avons eu de nombreux retours de citoyens qui nous ont remerciés d’avoir donné une tribune à certains candidats pour s’exprimer sur ce sujet majeur qu’est la sécurité. Cependant, nous ne sommes pas pleinement satisfaits. La pluralité des opinions n’était pas là. La réussite aurait été entière si les candidats de gauche avaient répondu présent. On aurait pu avoir d’autres réponses aux problématiques des policiers.

Si cette convention a eu lieu, c’est qu’il y a toujours des problèmes dans la police. L’action d’Emmanuel Macron a-t-elle été suffisante en matière de sécurité ?

Non. Cependant, M. Macron n’est pas le seul à blâmer. Il en est de même pour M. Hollande et M. Sarkozy. C’est un héritage d’années d’errance en matière de moyens alloués à la police, malgré quelques évolutions ces derniers mois. Les attentats de 2015 ont également bousculé les choses, mais on part de tellement loin… La grande difficulté reste l’insécurité qui s’est aujourd’hui installée dans le pays ainsi qu’une ultraviolence qui se banalise, à la fois à l’encontre des policiers, mais aussi des citoyens, de ceux qui exercent une mission de service public, comme les chauffeurs de bus.

La grande difficulté reste l’insécurité qui s’est aujourd’hui installée dans le pays ainsi qu’une ultraviolence qui se banalise

Une généralisation, une banalisation de la violence donc ?

Généralisation, j’espère que ça ne sera jamais le cas. Banalisation, oui en revanche. On peut aussi parler de désinhibition de cette violence qui s’exprime dans les quartiers, mais aussi dans les villes de province. On ne compte plus les rixes entre adolescents en province.

Si on pouvait faire un bilan de M. Macron, il faudrait d’abord rappeler qu’il n’a pas été tendre avec les policiers. Chez Brut, il avait parlé de violences policières institutionnelles et de contrôles discriminatoires qui ont consommé son divorce avec la police. Mais le bilan est aussi dans la politique pénale française. Nous avons des policiers qui prennent des risques pour mettre à disposition de la justice des individus qui sont relâchés. Le problème, c’est que nous retrouvons les personnes que nous avons interpellées par le passé. C’est particulièrement démotivant et cela détruit le cœur du métier.

Vous parlez du constat. Sans soutenir un candidat ou l’autre, y a-t-il eu des mesures proposées qui vous ont semblé convaincantes ?

Nous ne sommes pas là pour distribuer des bons points, nous restons un syndicat. Pour autant, nous avons entendu des mesures qui rejoignent nos revendications. Par exemple, l’idée de peines minimales ou de peines-plancher, notamment pour l’agression des policiers. Nous le revendiquons depuis longtemps. Ou la présomption de légitime défense, le fait d’inverser la charge de la preuve en demandant à l’accusateur de prouver qu’il y a eu violence injustifiée, et pas l’inverse comme c’est actuellement le cas.

La retraite des policiers est également un sujet majeur que nous avons traité. Notre métier est risqué, il y a 18 policiers blessés par jour, des morts… Quand on nous dit qu’aucune modification ne sera apportée pour notre retraite, effectivement ça nous convient, ça veut dire qu’on nous écoute.

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Est-ce que vous pensez que les candidats connaissent suffisamment le milieu policier ? Savent-ils ce qu’implique le travail sur le terrain ?

On le leur a expliqué, ils ont eu des témoignages, c’est très probable. Savent-ils ce que c’est de patrouiller dans une BAC ? Se faire cracher au visage, être attaqué au mortier, subir la défiance dans l’exercice de ses fonctions ? Il est difficile de s’en rendre compte sans l’avoir vécu. Pour autant, je pense qu’ils ont bien conscience de la difficulté du métier. Je veux bien croire qu’ils ont touché les difficultés du métier au travers soit des informations médiatiques, soit de témoignages. La plupart sont des élus, Gérald Darmanin est ministre de l’Intérieur… Marine Le Pen, par exemple, s’est déjà rendue dans plusieurs commissariats. Je pense qu’ils comprennent notre position.

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