11- Transformation du Secrétariat général de l’économie et des finances
Ernst & Young, souvent abrégé EY, est un cabinet de conseil anglais. Il a un autre défaut : la qualité de ses prestations. En 2020, il est chargé d’ « accompagner la transformation du Secrétariat général du ministère de l’Économie et des finances ». Excellente idée quand on constate les tristes résultats du « Mozart de la Finance ». Sauf que malgré une note de 4/5, le rapport sénatorial pointe « l’absence de connaissance du secteur public par l’équipe », alors que « la pertinence et le recul nécessaire au jour le jour dans les travaux opérationnels ont fait défaut ». Coût de l’opération ? 433 470€. Soit 66 687 kebabs rue Saint-Lazare. De quoi offrir le déjeuner à toute la population de Quimper.
10- Les piscines non-déclarées
Le cabinet de conseil Capgemini a facturé 20 millions d’euros la mise en place d’un logiciel qui, à l’aide de Google Maps, permettait au gouvernement de détecter les piscines non-déclarées. Le fisc devait être content : plein de méchants fraudeurs. Deux problèmes cependant : le coût initial a été doublé, atteignant la somme mirobolante de 40 millions d’euros, soit 80% du budget du Secrétariat à l’égalité homme-femme, et il est inefficace. Oui, le taux d’erreur atteignait 30% dans neuf départements, et même 80% dans un autre ! Et tout ça avec votre argent.
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9- Les ateliers de Lego
Le rapport sénatorial présente des exemples d’ateliers proposés par le cabinet de conseil EY pour des méthodes « innovantes » de transformation pour le ministère de la Culture. Quel est le programme alors ? « Voter sur des propositions avec des gommettes de couleur » ; « lego serious play : chaque participant construit un modèle avec des pièces Lego, construit l’histoire qui donne du sens à son modèle et la présente aux autres » ou bien « le bateau pirate : chacun s’identifie à un des personnages (capitaine, personnages en haut du mât ou en proue, etc.) ». Oui, voilà ce que proposent des experts pour transformer le ministère de la culture. Vous me direz, vu ceux qui nous gouvernent… On se paye littéralement notre tête.
8- Réforme de l’aide juridictionnelle
EY, encore eux. Malgré un « excellent niveau » d’analyse des données, « certains livrables co-construits ont beaucoup été construits par la DITP [Direction interministérielle de la Transformation Publique] ». En clair, ils n’ont pas fini le travail. Et pourtant, ça n’empêche pas l’État de les payer 592 380 € ! Soit 85 852 numéros de L’Incorrect, un bien meilleur investissement.
Avec une note moyenne de 2,5/5, le travail n’est « pas au niveau ». Décidément, l’expertise de ces cabinets ne fait pas toujours ses preuves.
7 – Capgemini et le handicap
Ah, celle-là a eu une bien vilaine note : la plus basse, 1/5. L’objectif était de « structurer un réseau de professionnels soutenant les parcours de vie des personnes en situation de handicap ». Apparemment, c’est raté : « compréhension limitée du sujet » ; « absence de rigueur sur le fond comme sur la forme » ; « valeur ajoutée quasi-nulle, contre-productive parfois ». Ça fait très mal, autant à l’égo qu’au portefeuille : 280 200 €. Dites-vous bien qu’on parle de vos impôts, soit douze ans de salaire médian pour un Français.
6- Mille premiers jours de l’enfant
Cette fois-ci, c’est le cabinet Roland Berger que le rapport sénatorial pointe du doigt. Sur l’ensemble de ses prestations sur les mille premiers jours de l’enfant. Avec une note moyenne de 2,5/5, le travail n’est « pas au niveau ». Décidément, l’expertise de ces cabinets ne fait pas toujours ses preuves. Vous allez demander le chiffre. Le voici : 425 565 euros. Un élément de comparaison ? Le voici : un tiers du salaire de Macron pour Rothschild après impôts.
5 – L’accompagnement de la transformation de la DGE (Direction Générale des Entreprises)
INOP’S (expert du numérique) a réalisé en 2019 une prestation visant à changer la DGE. Une bonne idée, quand on connaît l’état des entreprises françaises depuis l’arrivée au pouvoir de LREM. Elles en ont bien besoin. Ce dont elles n’ont pas besoin, c’est d’une prestation notée 1/5, « d’une qualité irrecevable ». La DITP parle d’ailleurs d’une « difficulté majeure à formaliser la pensée et à la synthétiser ». Une perte de temps, et d’argent évidemment : 373 740 euros, soit autant de kilos de farine de blé tendre T65.
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4- La transformation des infrastructures, transports et mobilités
Encore INOP’S, comme quoi il ne s’agissait pas d’une exception qui confirme la règle. Elle a obtenu une note correcte (3,5/5), mais avait nécessité d’être retravaillée pour manque « d’approfondissement ». Il est si déprimant d’apprendre que même une note correcte suppose un travail insuffisant. Le service public n’est pas mort, au moins. Ce qui est terrible, c’est d’avoir malgré tout une facture aussi élevée : 342 360 euros. Une unité de mesure inappropriée ? J’obéis : 34 236 places de cinéma pour aller voir le dernier Batman.
3- La réforme des retraites, la fameuse
Promesse d’Emmanuel Macron jamais tenue, la réforme des retraites a occupé une large partie du quinquennat, jusqu’à ce qu’elle soit repoussée. En juillet 2019, le rapport Delevoye est publié et sera suivi en novembre de la commande d’une prestation pour le fameux McKinsey. Chaque journée de travail aura coûté 2 736 euros (plus de deux fois un SMIC mensuel) par consultant. Tout bonnement exorbitant, surtout lorsqu’on arrive au total de 957 674 euros…pour une réforme n’ayant jamais eu lieu ! Le produit final ? Des fichiers Powerpoint, un calendrier des étapes de la réforme ainsi qu’un guide d’une cinquantaine de pages. Si le travail est indéniablement de qualité selon la DITP, il n’aura servi à rien.
Vingt conseillers auraient en effet été employés sans que cela coûte un seul euro, et ce durant plusieurs mois. Mais à quoi ont-ils travaillé ? À la campagne d’Emmanuel Macron en 2017
2 – Le rapport sur la question de l’enseignement
Commandé à McKinsey, ce rapport a été assez largement repris dans les médias. Et pour cause : malgré une note plutôt satisfaisante de 3/5, « le livrable principal se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE ». En clair, McKinsey n’a produit aucune connaissance. Le cabinet n’a produit qu’un résumé, à 3312 euros par journée par consultant, pour un total de près de 500 000 euros. Or, le colloque organisé n’a finalement pas eu lieu, et le gouvernement a reconnu qu’« il n’est pas possible de déterminer les conséquences directes » de cette prestation. Quelle indignité, nous sommes sur le service public.
1 – Le travail gratuit de McKinsey
Enfin quelque chose qui ne vous a rien coûté. Vous devriez en être heureux, McKinsey a travaillé pro bono, gratuitement. Vingt conseillers auraient en effet été employés sans que cela coûte un seul euro, et ce durant plusieurs mois. Mais à quoi ont-ils travaillé ? À la campagne d’Emmanuel Macron en 2017. Karim Tadjeddine, chef de McKinsey France, a en effet accepté généreusement de se dévouer corps et âme, de façon altruiste, à faire élire l’actuel président de la République. Oui, c’est légal. Vous avez dit conflit d’intérêts ? Quelle étrange idée.





