Skip to content

Valérie Boyer sur McKinsey : « Nous avons révélé un phénomène tentaculaire »

Alors que l'affaire McKinsey bat son plein, nous nous sommes entretenus avec la sénatrice Les Républicains Valérie Boyer pour tenter d'y voir plus clair.

Partage

© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Quel est le problème posé général par les cabinets de conseil ?

La crise sanitaire a mis en lumière l’implication de ces cabinets de conseil, mais ce n’était que la face émergée. Ce sont des entreprises très peu connues du grand public, qui emploient aujourd’hui 40 000 consultants dans le pays. Nous avons d’abord révélé un phénomène « tentaculaire ». La première question est celle de la souveraineté de l’État face à des cabinets privés. La seconde est celle des deniers publics : nous avons pu observer des factures exorbitantes pour des résultats qui ne sont pas exceptionnels. Cependant, nous n’agissons pas contre les cabinets de conseil en tant que tels : nous nous opposons seulement à l’opacité, aux prix très élevés et aux rendus parfois inexistants. Il y a aussi les problèmes des impôts, de la stratégie, de la souveraineté et de la position vis-à-vis des fonctionnaires.

Ce rapport parle d’activités injustifiées de la part des cabinets. En quoi ?

Pour certaines activités, il n’y a pas de traçabilité ou il y a des résultats mitigés : je pense aux 500 000 euros facturés pour un conseil sur l’avenir du métier d’enseignant qui a consisté en une compilation de données en libre accès. Le ministère se dit incapable de déterminer les conséquences directes de ce travail. Et sur le fond : on a dépensé un milliard en 2021 pour les cabinets de conseil. Un milliard, c’est un an de fonctionnement pour 50 collèges, 25 000 infirmiers, 500 IRM dernière génération et 5 000 places de prison ! Et encore, comme le dit mon collègue Arnaud Bazin « il faut rappeler que le milliard d’euros identifié ne représente qu’une partie seulement des dépenses de conseil. Cette estimation est minimale. Nous n’avons évalué que les dépenses des ministères et celles des 44 agences d’État, soit seulement 10% des opérateurs [...] ».

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest