Ce dimanche, vers 13h30, un homme déguisé en femme âgée a entarté la Mona Lisa devant une foule de touristes interloqués. Pour l’heure, le Louvre n’a pas réagi officiellement, et les seules informations dont nous disposons pour l’heure sont des vidéos postées par des internautes. Ceux-ci expliquent qu’« un homme déguisé en vieille dame s’est levé d’un fauteuil roulant et a essayé de briser la vitre de protection de la Mona Lisa » avant de jeter un gâteau à la crème sur le fameux tableau. L’individu a été maîtrisé par les forces de l’ordre.
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Cette action est difficilement compréhensible, même si les cris de cet homme avant son interpellation peuvent apporter un éclairage : « Pensez à la Terre. Il y a des gens qui sont en train de détruire la Terre. Pensez-y. Tous les artistes, pensez à la Terre. C’est pour ça que j’ai fait ça. Pensez à la planète. » Il s’agit donc d’un acte militant pour l’écologie ! Sans rapport, l’utilité d’une action de la sorte interroge.
Ce n’est pas la première fois que la Joconde fait l’objet d’une attaque. En 1957, un Bolivien avait projeté une pierre contre le tableau, l’endommageant légèrement. En 2009, un touriste avait lancé une tasse contre la vitre de protection. Hier, elle n’a subi aucune dégradation puisque le tableau de Léonard de Vinci est protégé par un double-vitrage, sur lequel a été projetée la tarte à la crème. L’auteur de la détérioration a également disséminé des roses devant le tableau, sûrement pour le côté « nature ».
Les activistes écolos mènent des actions coup de poing pour faire connaitre leur cause. C’est ainsi qu’une militante d’Alternatiba et d’Action non violente – Cop21 (ANV-Cop21) a écopé de 500 euros d’amende avec sursis pour avoir décroché le portrait du président Emmanuel Macron dans une mairie de l’Ain. L’acte n’a en soit rien à voir avec la cause écologiste, mais il permet de faire du bruit pour intéresser la population, et d’insister sur la crainte de l’urgence.
Ce que veulent ces militants, ce n’est pas forcément frapper directement les climato-sceptiques, mais davantage choquer et influencer les foules
Au nom du sauvetage de la planète, jusqu’où iront-ils ? Car ce que veulent ces militants, ce n’est pas forcément frapper directement les climato-sceptiques, mais davantage choquer et influencer les foules. La Joconde est suffisamment renommée pour qu’un coup contre elle soit relayé par les médias. C’était certainement l’objectif de l’individu inconnu.
Mais pourquoi s’est-il adressé particulièrement aux artistes quand il dit avant d’être contrôlé par les forces de l’ordre ? Les écologistes cherchent à répandre leurs théories via les influenceurs. Nombreux jeunes sont acquis à la cause écolo via les réseaux sociaux. Il s’agit désormais de mobiliser le milieu de la culture, et notamment les artistes, toujours très prosélytes pour les causes progressistes en tout genre. Par exemple, en 2015, à l’occasion de la COP 21, des artistes avaient fait de la capitale une « œuvre d’art » aux couleurs de l’écologie.
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Les militants écolo sont des professionnels de l’action coup de poing inutile : l’installation d’un iceberg sur la Seine en 2009, l’aspersion de faux sang devant les locaux du Medef, le tir de feux d’artifice depuis la centrale nucléaire de Cattenom en Moselle, ou encore l’enchaînement de militants verts à des camions. Le but affiché est de choquer les esprits pour travailler les mentalités. Si, à première vue, l’action qui s’est déroulée au Louvre ce dimanche est ridicule, elle s’inscrit dans une longue litanie d’actions qui font indéniablement basculer l’opinion publique.





