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Législatives à droite (1/7) : Bénédicte Auzanot, enracinement contre parachutage

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Publié le

30 mai 2022

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Durant cette campagne législative, L’Incorrect suit plusieurs candidats de la droite. C’est d’abord la candidate RN de la 2ème circonscription du Vaucluse, Bénédicte Auzanot, qui nous accorde un entretien.
Bénédicte Auzanot

Comment se passe votre campagne de façon générale ? Avez-vous reçu un bon accueil de la part des habitants ?

Très bien. Je suis élue depuis 2014, ce n’est donc pas ma première campagne : j’en ai fait cinq en un peu plus de deux ans. J’aime à dire que je les ai toutes faites sauf les présidentielles et les européennes. Je suis une élue implantée, enracinée, ancrée. J’ai eu la chance d’habiter Lauris où j’ai été élue à l’enfance et à la jeunesse. Après, j’ai été tête de liste aux municipales à Cavaillon et, de fait, je rayonne en tant qu’élue et surtout en tant qu’habitante du Vaucluse au sein de la 2ème circonscription. Pour moi, tout ça n’est pas nouveau et j’ai un très bon accueil sur les marchés.

Au premier tour de la présidentielle, dans votre circonscription, Marine Le Pen avait réalisé 29% et elle a aussi remporté le second tour avec un faible écart. Pouvez-vous espérer un scénario similaire ou avez-vous peur d’une démobilisation des électeurs après la défaite ?

Elle a progressé par rapport aux précédentes élections et, de toute façon, les élections législatives ne ressembleront pas aux élections présidentielles. Je ne m’attends donc pas du tout au même score. Il y a aussi une vraie défiance des Français par rapport aux politiques, et je veux bien le comprendre : ça fait 40 ans qu’ils font des promesses qu’ils ne tiennent pas et opèrent des parachutages. La proximité, c’est important. Je dis aux maires que je rencontre que le plus important, c’est le local, donc les élections municipales. Les habitants connaissent leurs maires, ils ne connaissent pas leurs présidents de communauté de communes.  Moi je n’ai aucun problème avec la proximité, j’y suis. En revanche, je crains un taux assez important d’abstention, ce qui serait très compliqué parce que pour être au deuxième tour, il faut faire 12,5% des inscrits et ce n’est pas une mince affaire. Je pense que je serai au deuxième tour : je suis une élue ancrée et enracinée et le RN fait de bons scores en général sur la circonscription.

Je ne suis pas pour les parachutages car les gens n’aiment pas ça, ils veulent identifier, ils veulent connaître, ils aiment cette proximité avec leurs élus

Vous parlez de parachutage : c’est ce qui frappe dans votre circonscription. Le parti Reconquête a décidé de placer Stanislas Rigault face à vous. Qu’en pensez-vous ?

Stanislas Rigault n’est pas mon adversaire principal, il faut le rappeler. Sur le plan idéologique, nous avons plus de points de convergence que je n’en ai avec les candidats de Renaissance ou ceux de Nupes. Cependant, la méthode me chagrine. Je ne suis pas pour les parachutages car les gens n’aiment pas ça, ils veulent identifier, ils veulent connaître, ils aiment cette proximité avec leurs élus et je pense que ce n’est pas la bonne méthode. Je regrette aussi que Marion Maréchal qui a été députée dans la troisième circonscription atterrisse en tant que suppléante de Stanislas Rigault dans la deuxième. Pour moi il n’y a pas de cohérence, pas de bon sens et c’est dommage. Je n’ai pas attendu les élections présidentielles : j’ai été investie fin décembre, mon parti me fait confiance. Je n’ai pas choisi la circonscription parce qu’elle est gagnable. Les liens que j’ai pu tisser depuis 2014 avec les Vauclusiens sont solides et authentiques.

Durant votre campagne, voyez-vous une hésitation globale entre des anciens électeurs de Reconquête et même de LR, avec vous qui représentez le RN ?

L’union des droites, ce que voudrait Reconquête, est peut-être une bonne chose. Mais ce n’est pas le bon moment. Par ailleurs, l’union des droites se fait par la base avec des gens que l’on connaît, peut-être en tant qu’élu. Oui, les électeurs LR seront certainement perdus, ils pourraient se retrouver orphelins, parce que leurs candidats ne les représentent plus. Je suis légitime dans le sens où je suis proche de ces idées, celles de la droite un peu plus « forte ».

Lire aussi : Une nouvelle candidate Reconquête agressée

On voit bien également qu’il y a une décomposition de la droite : tout le travail restera à faire pour les prochaines municipales. Je dis aux maires que je rencontre que nous allons devoir travailler ensemble, intelligemment. Il m’arrive aussi de trouver l’union des droites réductrice parce qu’en 2014 j’ai été élue sur une liste de gauche et que ça ne m’a pas empêchée d’être adjointe. Bien sûr, depuis que j’ai rejoint le RN, je défends une étiquette, mais à l’époque j’avais bien précisé au maire de Lauris que j’étais plutôt sarkozyste. Il m’a prise sur sa liste en connaissance de cause. Je peux travailler avec tout le monde : j’ai fait une fusion après pour les municipales en 2020 avec le candidat divers droites Jean-Pierre Peyrard. Cette fusion fonctionne : nous sommes six élus d’opposition, unis et forts face à la majorité. Mon directeur de campagne, cerise sur le gâteau, vient de LFI. Ça veut bien dire que ça tient aussi à la personnalité du candidat.

La France insoumise était proche des 18,5% de voix et la gauche unie représentait environ 25%. Y a-t-il une possibilité de triangulaire ?

Il faut 12,5% des inscrits pour être au deuxième tour et, de ce point de vue-là, je pense qu’il n’y aura pas de triangulaires si en plus le taux d’abstention est fort. Je me vois arriver au second tour même si ça sera sûrement serré, peut-être face au candidat NUPES ou Renaissance. Plus mon score sera haut au premier tour, plus j’aurai de chance de pouvoir contrer aux niveaux politique et idéologique Emmanuel Macron.

J’ai aussi travaillé depuis cinq ans sur la question du transhumanisme : il est important de mettre des garde-fous à ces projets

Quelles sont les causes que vous voudriez porter à l’Assemblée Nationale ?

Je porterai le programme de Marine Le Pen aux présidentielles. Ce qui me tient à cœur plus particulièrement, c’est la dignité humaine parce qu’Emmanuel Macron a beaucoup fait souffrir les Français pendant son premier quinquennat, surtout avec la crise du Covid. Il est vrai que la dignité humaine est un vaste sujet, mais il commence par le Vaucluse : par la possibilité de manger correctement, de se loger correctement, de se chauffer correctement, de se déplacer correctement. Je veillerai à ce que le pouvoir d’achat des Vauclusiens soit maintenu parce qu’ici, sans voiture, nous sommes malheureux : c’est un département rural. Il y a des bus et des trains mais c’est insuffisant. Quand on atteint des prix au litre pour le gazole de 2 euros, c’est une vraie préoccupation. J’ai aussi travaillé depuis cinq ans sur la question du transhumanisme : il est important de mettre des garde-fous à ces projets. Ce progressisme d’Emmanuel Macron, son ultra-libéralisme peuvent vraiment faire des dégâts. C’est le sens de mon engagement politique.

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