Les citoyens doivent-ils se procurer et porter des armes à feu ? L’ouvrage suggère la réponse, mais sans l’imposer : il démontre que la question est légitime. Justifications philosophiques, évolutions historiques, état des lieux juridique, le monde, la France, évidemment les États-Unis, tous les aspects sont étudiés. La préférence de l’auteur pour une libéralisation est assez évidente mais elle s’appuie sur des arguments rationnels opposés aux partisans de la prohibition. On s’attend à un manifeste, c’est une démystification. Au point qu’on peut regretter un ton dépassionné, plus proche de celui d’un manuel de cours magistral que d’un essai.
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C’est toutefois cette docte précision qui rend le livre véritablement utile : un journaliste, un avocat, le convive à un dîner peuvent s’en servir. Car la vision du citoyen libre est en jeu. On se rend compte à quel point la France, jadis « mère des arts, des armes et des lois » ne l’est plus guère que des lois sur les armes. Cela ne nous épargne pas les « tueries de masse » quand le taux d’homicide au soi-disant « far-west » américain est à peine supérieur à la moyenne mondiale. Bref, les poncifs anti-arme, assénés un peu partout comme des évidences vagues et dispensant de réfléchir, sont réfutés, couchés par un tir de précision.

(P)RENDRE LES ARMES ?, BERTRAND SAINT-GERMAIN, Le Polémarque, 218 p., 15 €





