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Opéra : Louise, naturalisme augmenté
On ne va pas à l’opéra pour lire un roman ni pour suivre un cours de sociologie. Et pourtant Louise, le « roman musical » de Gustave Charpentier – que Morand qualifiait de « Zola en musique » –, après une création houleuse (1900) devait rester à l’affiche jusque dans les années 1950. L’histoire de cette jeune provinciale en quête d’amour et de liberté avait de quoi séduire le public, en plus de son air célébrissime Depuis le jour. Mais une telle partition, plus habile que géniale, plombée par un livret lourdement idéologique, ne pouvait survivre à son auteur. Le Festival d’Aix a donc risqué un pari impossible, en la voulant ressusciter. Or, le fiasco attendu s’est mué en succès. Mérite de l’équipe artistique, qui a su gommer ses principaux défauts.
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BD : Meignan/Van Rie, la cuisine de sa vie
En 2011, Blain sort En cuisine avec Alain Passard, formidable documentaire sur le cuisinier : le dessin, à la fois exact et onirique, le découpage, qui décompose les gestes ou évoque la pensée, les dialogues, le regard du naïf peu à peu transformé en amateur éclairé, tout est réussi. Cette année, Géraldine Meignan, journaliste qui a décidé sur le tard de devenir restauratrice, nous raconte sa propre histoire : forcément, on ne tutoie pas les sommets de la gastronomie et Géraldine ne médite pas comme Alain pendant des heures sur les saveurs des jus de navets cultivés sur des composts différents, mais si on veut suivre les pas d’une apprentie curieuse qui sait observer, Chaud devant ! est une réussite. [...]
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« Panopticon » : Samson sans Dalila
Les premiers films aiment la jeunesse qui forme le regard. Dans Panopticon, George Sikharulikdze suit Sandro, apprenti footballeur clivé entre son père devenu moine – on est en Géorgie – et sa mère chanteuse d’opéra expatriée à New York. L’étude de caractère ouvre sur celle d’un pays en crise, entre repli sur soi et modernité. Sa part d’exotisme pour un spectateur occidental – notamment sur la place de la religion orthodoxe – est très vite tempérée par le poids du scénario qui ménage un peu trop les rimes comme il faut. [...]
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« Marche ou crève » de Francis Lawrence : pas de futur pour la dystopie

La sortie de Marche ou Crève de Francis Lawrence nous donne l’occasion de nous pencher sur un sous-genre très populaire du cinéma américain qui est la « dystopie totalitaire », c’est-à-dire tous ces films d’anticipation qui fantasment un pays ayant sombré dans le fascisme. À l’heure où la population démocrate s’émeut de la politique de Donald Trump, ce qu’elle estime être des coups de canif dans la sacro-sainte constitution américaine, le cinéma hollywoodien semble conforté dans ce vieux fantasme qu’il nous ressort épisodiquement – depuis au moins Soleil Vert avec Charlton Heston, dans lequel la population était forcée de manger ses retraités… On peut rappeler à ce titre que Marche ou crève est en réalité le tout premier manuscrit de Stephen King, écrit alors qu’il avait 16 ans, et selon la légende, pour impressionner une jeune fille… King essuiera d’ailleurs de multiples refus d’éditeurs et finira par le faire paraître, une fois installé en tant qu’écrivain sous un nom d’emprunt, Richard Bachman.…

Rentrée littéraire 2025 : critique du meilleur et du pire
HISTOIRE VIVANTE

MÉMOIRES DE CORTÈS, Christian Duverger, Fayard, 405 p., 24€90

L’exofiction, ce procédé qui consiste à fantasmer la vie d’un personnage illustre pour en tirer la substantifique moelle d’un roman, serait-elle en passe de devenir la nouvelle mode à éviter ? On aurait tort de voir pareil procédé chez Christian Duverger : spécialiste de l’histoire coloniale en Amérique latine, il a signé une somme biographique sur Hernan Cortez, à qui il consacre un roman en cette rentrée. Mais attention : Mémoires de Cortès se révèle, plutôt qu’un roman, une méditation sur l’Histoire qui rend hommage aux Mémoires d’Hadrien de Yourcenar, s’interrogeant sans cesse sur l’authenticité du récit littéraire – Cortès ayant lui-même écrit son autobiographie en inventant un narrateur de toutes pièces. S’il se permet au passage de tordre le coup aux habituels clichés qui collent à la peau du conquistador, également homme d’état, génie militaire et fin lettré, montrant un homme qui aima passionnément cette « Nouvelle Espagne » pleine de promesses, Duverger se montre vraiment passionnant lorsqu’il questionne ces deux « modalités gémellaires » de la fabrication de l’Histoire : « les archives mortes et le souvenir vivant ». Une brillante entrée en littérature. Marc Obregon [...]
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Sorties musique : critiques du meilleur et du pire
SE PERDRE À SAN FRANCISCO THE PAST IS A GARDEN I NEVER FED, The Reds, Pinks & Purples, Fire Records, CD 19€  Cela fait quelque temps que je croise ce nom sans daigner écouter ce qu’il produit. Les choses qui doivent arriver finissent par arriver. Et même si, comme le titre de leur chanson l’indique, […]
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« Put your soul on your hand and walk » : la mort pour marketing
Fatma Hassouna, cette jeune photojournaliste palestinienne qui rendait compte de l’offensive israélienne post-7 octobre sur Gaza a été tuée avec presque toute sa famille lors d’un bombardement de Tsahal le 16 avril 2025. Soit une journée après l’annonce de la sélection à l’ACID Cannes de Put your soul on your hand and walk de Sepideh Farsi. De quoi faire exploser la promotion. La réalisatrice iranienne, exilée en France depuis ses 16 ans, y filme sur son portable la jeune femme qu’un réfugié palestinien croisé en Egypte lui a présentée par Zoom. Le but officiel est de témoigner de la survie des civils à Gaza. Le dispositif-miroir est que les deux femmes se voient chacune sur le téléphone de l’autre, tandis que l’Iranienne filme le sien sur lequel apparaît Fatem, le surnom de Hassouna. Elle en profite pour cadrer son intérieur ou les multiples chambres d’hôtel qu’elle occupe. L’obscénité du contraste ne la frappe pas, sauf quand, annonçant rentrer de la plage, elle s’excuse de ne pouvoir faire plus pour elle, après un infime silence de Fatem qui, magnanime, lui répond « Tu es à mes côtés, c’est suffisant. » [...]
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« Yasuzo Masumura : l’extase et l’agonie en six films » : expérience-limite
La rentrée cinématographique vous ennuie déjà, avec ses faux évènements (Une bataille après l’autre, nouveau pensum de Paul Thomas Anderson) et ses franchises éventées (Downtown Abbey, Conjuring) ? Nous avons le remède qu’il vous faut. Si son centenaire est passé tristement inaperçu l’année dernière, c’est bien parce que Yasuzo Masumura a travaillé à l’ombre des grands noms du cinéma japonais et que son nom a toujours été rattaché à un certain cinéma d’exploitation, réputé pour ses provocations mais pas forcément pour son ambition artistique. En réalité, c’est tout l’inverse, puisque les grands studios, dès la fin des années 60, ont rivalisé d’audace en permettant à de jeunes réalisateurs frondeurs de faire leurs armes sur des films de genre (pinku, chambara ou yakusa-eigas) avant de passer à la vitesse supérieure. Masumura pourrait de fait être comparé à un réalisateur de la Nouvelle Vague pour son parcours : universitaire politisé (il partage les bancs de la fac de lettres avec un certain Yukio Mishima), puis critique de cinéma, il passe d’abord à la caméra pour mettre en pratique ses idées sur l’image filmée et sur la société japonaise, qui bouillonne alors sur les cendres encore fumantes de l’après-guerre. [...]
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