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À VOIR OU À FUIR, C’EST LA SEMAINE CINÉMA DE L’INCORRECT
Un octogénaire en transporteur de drogue, deux réalisateurs qui s'approprient l'inénarrable Jean Lassalle, Omar Sy qui se réenracine au Sénégal, le quotidien des médecins ou une mère indigne qui tente de se racheter... Que faut-il voir ou fuir au cinéma cette semaine ?
La petite goutte
Tout fout le camp ici-bas : dans la course aux liqueurs et aux alcools, voilà que la France consomme davantage de whisky que l’Angleterre et les Anglais boivent davantage de cognac que nous. Ainsi notre beau terroir sert à étancher la soif d’outre-Manche. Heureusement, Ricard se rattrape en possédant un grand nombre de distilleries écossaises. Curieuse mode qui consiste à consommer des alcools aussi forts en apéritif et non pas en digestif. Le palais est anesthésié pour apprécier la subtilité des mets et prendre une boisson aussi forte à jeûn met rapidement du vent dans les voiles. Cognac et armagnac en revanche n’ont pas réussi à s’imposer à l’apéritif, d’où leur baisse de consommation, car on ne prend plus guère de digestif depuis qu’il est interdit de rouler gris. Pourtant, un cognac VS a toute sa place à l’apéritif. Agrémenté d’eau de Seltz ou de tonic, cela fait une délicieuse fine à l’eau qui ouvre l’appétit sans mettre un coup dans l’aile. Pour ceux qui veulent des saveurs originales sans trop d’alcool, il est possible de revenir aux grands vins cuits et aux liqueurs consommées tout au long du XXe siècle. Leur image a vieilli et a pris la poussière ; cela fait un peu trop boisson de papy. Raison de plus pour s’en remettre à leurs saveurs. L’amaro par exemple, un amer italien de la région de Milan. La gentiane, plus connue sous la marque Suze, fameuse plante des montagnes à l’amertume prononcée. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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« Et une bèèèèlle journée ! »
L’insupportable bêlement qui accompagne maintenant non seulement les vœux, mais aussi les salutations quotidiennes, a de quoi surprendre et lasser. « Bèèèèlle année »… « bèèèèlle journée »… entend-t-on ou lit-on en permanence depuis quelque temps, et ce que l’on prenait au début pour une erreur se propage comme une traînée de poudre, au point que l’on se demande si l’on va bientôt dire « beljour » ou « beaujour » à la place de « bonjour ». Effet de mode ? Sans doute, et un tel comportement moutonnier est en effet somme toute logique pour un bêlement, mais pas seulement, et il serait intéressant de se demander ce que nos contemporains mettent derrière ce choix.
Antoine Volodine, Poète-monstre pour époque finale
Avec Frères sorcières, le concepteur génial du post-exotisme offre encore, en cette rentrée d’hiver, l’un des livres les plus sublimes et déments que puisse produire notre littérature actuelle. Rassemblant trois textes très différents dans la forme mais sculptant chacun la même pâte étrange, le livre de Volodine envoûte d’abord son lecteur avec l’interrogatoire post-mortem d’une comédienne, dont on suit le parcours après qu’elle a été capturée par une horde et qui se défend contre l’adversité en scandant des slogans hallucinés. La partie centrale propose alors la totalité des « Vociférations » en 49 groupes de phrases magiques. Enfin, « Dura nox, sed nox » déroule une phrase unique de 120 pages qui aspire le lecteur à travers les nombreuses réincarnations d’un mage en un kaléidoscope frénétique et somptueux. Dans Frères sorcières, il nous paraît lire l’écho de l’esclavage sexuel et des viols de guerre qui, récemment, furent d’une ampleur inédite en Syrie. Comment les horreurs concrètes voyagent-elles jusqu’aux mondes oniriques du post-exotisme ? Nos livres puisent une bonne part de leur matière dans l’histoire, dans les traumatismes et les cauchemars du XXe siècle, qui débordent à présent largement sur le XXIe siècle. Les révolutions ratées et trahies, les guerres incessantes, les offensives impérialistes, les génocides, les nettoyages ethniques. Nous prenons cela comme images insupportables de base et nous transformons ces images grâce à un filtre onirique et politique qui nous est spécifique. Le titre du livre laisse présager que vous allez exploiter le thème si à la mode du « genre ». Pourtant, le post-exotisme ressasse des mantras politiques rouges et n’intègre pas le vocabulaire des idéologies contemporaines… Les auteurs post-exotiques auraient bien du mal à intégrer à une des idéologies constituées et ayant pignon sur rue dans les sociétés contemporaines. Leur rêverie idéologique reste inébranlablement fidèle aux idéaux, à la manière et aux langues des combattants égalitaristes qu’ils ont été avant leur mise à l’écart du monde, à l’intérieur de leur prison, au cœur de la création poétique collective qui aboutit aux livres que nous signons. C’est dire aussi à quel point nous sommes perplexes face à certains débats contemporains. Nous avons par exemple parmi nous des féministes radicales et radicaux, dont les positions ont été illustrées dans Terminus radieux et dans Herbes et golems. Leur approche n’entre pas en contradiction avec les expressions du féminisme d’aujourd’hui, mais elle est vraiment différente. Dans « Dura nox, sed nox », le narrateur ironise sur la gloire éditoriale de Volodine. Elle fut encore accrue par le prix Médicis qui couronna Terminus radieux en 2014. Comment les voix du post-exotisme composent-elles avec ce prestige institutionnel ? La gloire éditoriale… tout est relatif. Le prestige institutionnel… quelle exagération ! Non, en réalité, les écrivains post-exotiques ont la chance d’avoir pu survivre dans un contexte éditorial qui, pour des multiples raisons, mais bien politiques et surtout artistiques, littéraires, de mode, ne leur était pas favorable. Gloire à ceux et celles qui les ont aidés à ne pas sombrer dans les ténèbres ! Le premier texte se présente comme un interrogatoire dans le Bardo. Il s’agit là de deux leitmotivs du post-exotisme : l’interrogatoire de police et l’errance dans le Bardo, qui semblent avoir été hybridés en un seul. Le post-exotisme évolue-t-il naturellement ainsi, par hybridation, déclinaison, voire distorsion de ses propres thèmes ? Il y a longtemps que je n’avais pas eu recours au procédé formidablement efficace de l’interrogatoire. Pour raconter une histoire, c’est très pratique, et intervenir dans la narration en en corrigeant les longueurs, par exemple, est tout à fait jouissif: accélérez, vos images n’apportent rien, passez sur les détails, assez de sentimentalisme inutile, etc. Ici c’est un juge des morts qui mène le dialogue, et une femme qui raconte sa vie sans avoir compris qu’elle est déjà dans l’au-delà. Oui, c’est une variation sur une méthode de récit, parce que l’interrogateur n’est pas très brutal. Le souhait de la compagnie de théâtre dans « Faire théâtre ou mourir » est de revenir aux origines archaïques du théâtre, ce qui relève d’une démarche typique des avant-gardes. Comment s’inscrit le post-exotisme par rapport à ces mouvements ? La troupe de théâtre dont faisait partie Eliane Schubert, « La Compagnie de la Grande-nichée », vit dans un monde du désastre, traverse des pays dévastés, retournés à la barbarie et au banditisme. De façon empirique, les membres de la Compagnie cherchent à retrouver, quand ils le peuvent, le caractère sacré du théâtre : du souffle, une incarnation, de la magie. Ils ne se situent pas dans un débat savant sur l’histoire du théâtre et de ses origines. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Berlioz, ou la nostalgie de la Foi
La Philharmonie de Paris a consacré le deuxième week-end de janvier aux 150 ans de la mort d’Hector Berlioz. L’événement a eu son moment central le samedi soir, avec une superbe version de concert de l’Enfance du Christ, oeuvre sacrée parmi les plus immortelles du compositeur.  A la tête de l’Orchestre de chambre de Paris, Douglas Boyd a distillé la musicalité archaïque et douce que Berlioz dut puiser dans les abîmes de son être blessé par l’indifférence de ses contemporains. Comment expliquer sinon la veine spirituelle si palpitante pour un intellectuel qui se tint toujours à distance de ce Dieu catholique l’ayant bercé enfant ?
Pas de vagues à l’âme
Entre facilité et exigence, l’air de notre temps a tranché : l’exaltation de la paresse a fait presque oublier le rasoir-sabre. Mais il revient et avec lui un art de vivre, plein de sagesse et de lenteur. On nous vend maintenant des produits-miracle qui font briller le cuivre ou éliminent les odeurs corporelles à grand renfort de produits chimiques, là où la farine, le vinaigre et le gros sel pour l’un, et la pierre d’alun pour l’autre sont désormais relégués aux tréfonds de l’oubli. Les progressistes, ennemis des conservateurs, pensent recréer le neuf en méprisant le vieux; l’on utilise donc un désherbant qui supplante la casserole d’eau bouillante de jadis, l’industrie tente de limiter l’accès aux légumes anciens au profit de produits stériles et, pour gagner du temps, l’homme moderne aura, chaque matin, l’immense privilège d’utiliser un rasoir multi-lames dernier cri (lorsqu’il n’aura pas décidé d’arborer tous les jours une barbe de trois jours), délaissant le rasoir droit de ses aïeux tout en créant une nouvelle dépendance : l’achat de [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Pierre-Guillaume de Roux : « Le sectarisme est souvent nourri par l’inculture »
Fils d’une grande famille, aristocrate et érudite, Pierre-Guillaume de Roux fait converger dans sa maison d’édition les divers faisceaux du génie familial : littérature, polémique, rareté, style, tout s’y rassemble. Entretien avec l’un des derniers héritiers, au sens noble. Vous seriez, selon certains journalistes, « l’éditeur du diable », celui « des infréquentables et des proscrits ». Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ? Les journalistes français sont généralement d’un conformisme effarant. Il est vrai que leur culture est très limitée et qu’ils ont été formés pour devenir de bons soldats de la pensée officielle. C’est le sort de ceux qui se situent hors du « cercle de la raison » – selon l’horrible expression d’Alain Minc – d’être aujourd’hui relégués à l’extrême droite et traités en infréquentables. Par paresse et par mauvaise foi, les bien-pensants aiment vous coller des étiquettes, vous enfermer dans leurs vieux schémas idéologiques. Ainsi ont-ils voulu faire de moi un éditeur extrémiste et militant. C’est plus facile, et cela évite de lire vraiment les livres que je défends. Je m’honore d’avoir publié Alain de Benoist, Jacques Vergès ou Richard Millet. Ils sont, me dit-on, sulfureux. Peu m’importe, car leurs œuvres me semblent importantes. Ce qui m’intéresse c’est le talent d’où qu’il vienne, c’est la qualité d’une pensée ou d’un style. On me reproche parfois encore d’avoir édité Dominique Venner, mais j’ai aussi dans mon catalogue des écrivains qu’on peut difficilement classer à droite tels Luba Jurgenson, Boris Pahor, Angelo Rinaldi, Frédérick Tristan, Gilles Lapouge ou Jean-Louis Kuffer, par exemple, et je les admire autant que l’auteur d’Un Cœur rebelle. Est-il si difficile à ceux qui m’accusent imbécilement de « frayer avec l’extrême droite » de le comprendre ? Sans doute, car ces gens ont une pensée habituée, une pensée toute faite, c’est-à-dire, selon Péguy, une pensée morte. Mais vous êtes un homme de droite, cher Pierre-Guillaume de Roux… « Je ne suis pas un journaliste de gauche car je ne dénonce jamais personne ! » disait Guy Debord. À droite, il me semble que l’on garde davantage un esprit libertaire qui manque cruellement à cette gauche pétrie de tabous, à « ce salmigondis d’indignés professionnels » qu’évoquait Jean Cau, à cette caste qui pétitionne, non plus pour défendre un droit ou une liberté mais pour exclure et censurer, et qui aime dresser des listes noires. Et puis cette gauche ne doute jamais de son excellence morale. Je ne supporte pas les professeurs de vertu de la gauche française. Mais je ne vote pas, et la politique politicienne ne m’intéresse pas. Ma droite, elle s’incarne surtout dans des écrivains qui ont défendu le noyau spirituel de la personne humaine contre toutes les abstractions idéologiques, contre toutes les idoles modernes. Baudelaire, Villiers de l’Isle Adam, Léon Bloy, Bernanos, Gustave Thibon – je cite les auteurs qui me viennent immédiatement à l’esprit et que j’ai lus dès l’adolescence – voilà ceux qui me portent et m’inspirent. J’aimerais aussi ajouter (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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HINER SALEEM : « LES KURDES SONT AUJOURD’HUI COMME LES JUIFS EN ALLEMAGNE DANS LES ANNÉES 30 »
Amoureux du cinéma, Hiner Saleem s’approprie le polar avec Qui a tué Lady Winsley ? Fergan, inspecteur, doit résoudre l’énigme du meurtre d’une romancière américaine, alors que celle-ci écrivait sur une île turque ancrée dans ses traditions. Le réalisateur kurde né en Irak parvient à évoquer la minorité à laquelle il appartient avec légèreté dans un film hors du temps. Rencontre.
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