
Alors que la crise de l’école française s’impose au cœur du débat public, Philippe Nemo, philosophe libéral et professeur à HEC et à l’ESCP, propose avec L’Éducation nationale (PUF, 2025) une analyse de fond : en retraçant la généalogie d’une institution figée par son corporatisme, il met au jour les racines intellectuelles et politiques du décrochage scolaire. Philippe Nemo adopte une démarche généalogique et philosophique, nourrie d’histoire des idées, pour interroger les évidences scolaires. Son style clair, rigoureux et volontairement polémique, est au service d’une critique argumentée de l’institution.
Quand Charlemagne inventa l’école
En 789, Charlemagne publie l’Admonitio generalis, ordonnant l’ouverture d’écoles dans chaque monastère et évêché afin d’enseigner le chant des psaumes, le calcul, la grammaire et les arts libéraux. L’Église demeure alors l’unique gardienne des savoirs et des transcendantaux. Contrairement à une légende entretenue, l’éducation médiévale n’est pas un droit régalien, comme l’illustrent les analyses de Bodin : le pouvoir temporel n’intervient pas dans les contenus d’enseignement.…








