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Partout les saints : saint Léon le Grand
Ça y est, nous avons un pape. Ce « nous », d’ailleurs, ne s’adresse pas uniquement aux catholiques qui lisent ces lignes. Soyons un peu œcuméniques, ou plutôt universels, mot qui, en grec ancien, se dit « katholikos », et ce n’est pas de notre faute. Il y a un pape depuis une poignée de semaines, c’est un Américain et il a choisi le nom de Léon XIV. Aucun nom de pape n’est choisi au hasard. Les esprits les plus affûtés des plateaux de télévision ont immédiatement fait allusion à l’encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII et se sont donc immédiatement félicités de la présumée fibre sociale du nouveau souverain pontife. C’est un peu court, puisque Léon XIII composa également la prière à saint Michel, dans une version plus longue que celle que l’on connaît, et qui fait allusion à la subversion du trône de Pierre et aux « mains impies » qui se posent sur ce que l’Église a de « plus sacré ». Pour fermer cette parenthèse, la récitation de la prière à saint Michel, demandée à la fin de chaque messe par Léon XIII, a été interdite après Vatican II. Passons. [...]
Les rideaux sont-ils de droite ?
Il fut un temps où le rideau accompagnait notre vie publique et privée. Chaque couronnement nécessitait des draperies, comme chaque victoire, immenses étendues unies ou brodées de chiffres et d’emblèmes, de palmettes et de feuilles, de fleurs et d’abeilles… On habillait les monuments sans les emballer comme Christo ; et les morts bourgeois tendaient les portes de leurs immeubles de tentures noires et argent semées de larmes. Rideau. [...]
Bienfaits et vertus de la crème solaire : la révolution du bronzage
Nous étions au tout début des années 80. Dans notre salle de bains parisienne, mon père s’adonnait à un curieux rituel. Muni de lunettes qui ressemblaient à celles des soudeurs, mon paternel torse nu s’exposait à une curieuse machine aux allures de grille-pain. C’était la « machine à bronzer ». Moi j’avais dix ans et je kiffais les lunettes de soudeur. Une fois positionnées sur les yeux, le monde apparaissait comme une puissante chimère teintée de rouge. [...]
14 juin 1800 : Marengo, l’autre campagne d’Italie
En 1797, la première phase des guerres révolutionnaires prend fin grâce aux victoires de Bonaparte en Italie. L’Angleterre reste seule face à la France. Cependant, Albion réorganise une coalition dès l’année suivante, s’adjoignant notamment les services de l’Autriche et de la Russie. Le petit Caporal a entre-temps cédé aux sirènes de l’Égypte, et le sort des armes n’est pas favorable au Directoire qui perd l’Italie à l’été 1799. L’effondrement prévu par les coalisés n’a cependant pas eu lieu. Bonaparte regagne la patrie à l’automne et s’empare du pouvoir. La France a retrouvé son général. Il a fort à faire. [...]
Le solaro, étoffe paradoxale pour éternels apéritifs

Au XIXe siècle, on pensait que le soleil était mauvais pour la santé, mentale notamment, et qu’il fallait absolument s’en protéger. Curieuse époque qui ignorait le charme trouble des marques de maillot de bain. Un médecin multi-casquettes va alors conduire une série d’analyses spectrographiques pour trouver un moyen de filtrer les méchants rayons du soleil. Cet homme s’appelle Louis Westenra Sambon. Il est anglais, mais sa mère est italienne et son grand-père est français : triple passeport pour l’élégance, on en conviendra.

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Après moult recherches, ce gentilhomme cosmopolite trouve donc un tissu qui lui paraît pas mal pour résister au cagnard des colonies, et à toutes les terribles maladies qui frappent les soldats britanniques : avec un côté beige tirant légèrement sur le vert, et un côté rouge brique, ce tissu, qu’il appelle « solaro », donc, a des propriétés qui lui semblent intéressantes pour prévenir la formation des cancers de la peau.…

Partout les saints : Sainte Élisabeth

On connaît la blague – involontaire – que fit en chaire, il y a bien longtemps, un abbé mondain : « Non seulement Jésus était le Fils de Dieu, mais Il était également d’excellente famille du côté de sa mère. » Ce n’est pas faux. Il se trouve que parmi les parents proches de la Sainte Vierge, on compte notamment sainte Élisabeth, qui était probablement sa cousine germaine. On la présente dans l’Évangile selon saint Luc, au chapitre 1. Femme du prêtre Zacharie, et descendante elle-même d’Aaron, le frère de Moïse, c’est une femme déjà âgée, qui, pour son malheur, est stérile. Selon la tradition de l’Ancien Testament, qui accorde une place très importante à la perpétuation et à la famille, cette stérilité est une forme de malédiction.

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Or, un jour, l’archange Gabriel annonce à Zacharie que sa femme est enceinte.…

Pâtés et terrines : l’esprit français

Comme disait le général : « Commençons par le commencement. » Quelle est la différence entre le pâté et la terrine ? Le terme « terrine » est le féminin de « terrin » qui signifiait en vieux français « réalisé en terre ». La terrine est une préparation culinaire cuite dans un plat en terre. Le mot définit donc à la fois la préparation culinaire et le contenant lui-même. La terrine peut être composée de viande (volaille, gibier, porc) mais aussi de poissons ou de légumes. La cuisson s’effectue toujours au four. Une fois terminée, la terrine doit refroidir au moins 24 heures.

Si la terrine est cuite dans un récipient en terre, le pâté est cuit dans une pâte. Étymologiquement, « pâté » vient de « pasta ». Il s’agissait autrefois d’une pâtisserie salée produite par le boulanger. Dire « pâté en croûte » ou « pâté croûte » est une redondance, car le pâté comporte toujours une croûte.…

La graisse est-elle de droite ?

Comme je découpais des tranches de collier d’agneau, j’en profitai pour les dégraisser et les petits morceaux de graisse blanche s’entassaient. Ils m’évoquèrent le gras du jambon cru, que certains inconscients ne dévorent pas, et même le lard gras immaculé dont Francisco faisait ses délices au petit-déjeuner, après avoir trait les vaches. Quand je me levais assez tôt pour l’accompagner dans sa tournée (les voisins accrochaient la veille leurs bidons à la grille, nous les remplissions du lait tout frais tiré et les redistribuions), il m’en offrait une tranche épaisse et moelleuse qui cédait lentement sous la dent. Je naviguai de gras en gras jusqu’à ce gras jaune du foie gras qu’on réservait pour des pâtes d’anthologie…

Mais le jaune m’emporta ailleurs et je songeai aussi aux graisses artistiques contemporaines, avec l’inénarrable charlatan chaman Beuys et ses blocs de graisse se décomposant lentement (Fat Chair, 1964-1985 : le boc graisseux posé sur une chaise mit vingt à rancir et se dissiper), ou l’infecte Teresa Margolles qui fait tomber « chaque minute au sol une goutte de graisse humaine, prélevée après autopsie sur des cadavres de personnes assassinées au Mexique » jusqu’à ce qu’« une flaque immonde se forme au sol, épaisse et suintante » (Caìda Libre, 2005).…

L’Incorrect

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