Carte noire pour Matthieu Falcone : le degré de reptation
Hier, mon ami professeur professait. « Dans l’enseignement, un degré d’avancement, une bonne notation, un emploi du temps conciliant, tous ces éléments qui rendent acceptable le travail, sont proportionnels au degré de reptation dont on est capable. Plus on rampe devant le proviseur, le rectorat, les inspecteurs, plus notre carrière fait de spectaculaires bonds. C’est un exercice qui n’est pas si aisé qu’il paraisse, il demande de se tenir constamment sur le qui-vive : quel propice moment ce jour ourdira-t-il pour pouvoir donner un coup de cirage aux chaussures du respecté proviseur ? Quelle nouvelle circulaire du délicieux ministère être le premier à appliquer la lettre ? Quel collègue dénoncer ce jour pour manquement à une règle élémentaire dont il n’avait peut-être pas encore connaissance ? Toute occasion n’est pas bonne de se faire bien voir, il s’agit de savoir les choisir ! Ainsi le médiocre professeur qui a pris un remarquable avancement compte tenu de son jeune âge n’est-il pas si médiocre que l’on croit : il excelle dans l’art de la reptation ! Quand je m’ennuie, au fond du placard où l’on cherche à tarir mon existence, poursuivait-il, je m’amuse à mettre des notes – toujours sur dix. Ce professeur qui ne rate pas une manifestation de colère des enseignants pour pouvoir rapporter au proviseur la liste exacte de ceux de ses collègues qui y ont participé, est ainsi à neuf sur dix, car je suis sûr qu’il peut encore mieux faire. Il lui reste quelques écailles reluisantes au ventre qui dénoncent d’ultimes scrupules dans son ambition de reptation quotidienne. » […]
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« Un Jour avec mon père » : un premier film attachant
Un père part avec ses deux fils à Lagos réclamer plusieurs mois impayés de salaire. Ils tombent en pleine reprise en main du pays par les militaires après la destitution du président élu, Moshood Abiola, en 1993. Le semi-autobiographique Un jour avec mon père a été co-écrit par le réalisateur Akilona Davies Jr et son frère Wade. Si l’exposition semble trop longue, elle installe aussi un rapport particulier avec le temps. […]
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« Love on trial » : nouille
Scandale dans un girl group japonais, on interdit l’amour et même la sexualité ! L’une des minettes kawai – ou à peu près, ne mégotons pas – est chopée avec un boyfriend, elle abdique. Une autre, l’héroïne, s’enfuit avec un mime magicien coiffé comme Yoko Tsuno. Un baiser dans une voiture, dramatisé à l’extrême, fait klaxonner les automobilistes : TÛT TÛT TÛT TÛT, c’est L’Empire des sens ! Mais voilà, les producteurs attaquent le couple pour rupture de contrat et leur avoir fait perdre plein de flouze. […]
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Sébastien Tellier se fout-il de nous ? En fait, non
Concernant Sébastien Tellier, j’ignore toujours s’il se fout de notre gueule ou si c’est à nous de nous foutre de la sienne. Être un génie naïf est une grâce rare. Légèreté et profondeur mêlées. Quelques notes de perversion enfantine. L’équilibre est précaire. Tout le monde n’est pas Charles Trenet ou le Douanier Rousseau. Loin s’en faut. Peut-être Tellier voulait-il être un Brian Wilson électronique, le Syd Barrett (co-fondateur de Pink Floyd et icône déraillante) de la French Touch. C’est sans doute viser un peu haut, planer à mille lieues. Perdu entre l’univers de Christophe et celui des Télétubbies, l’homme m’a toujours rendu perplexe. Tout cela serait plus simple s’il était un médiocre. Avec plus de dix albums à son actif, il est un compositeur et producteur reconnu. Pour son dernier disque, nommé Kiss The Beast, il revient après six années d’absence. […]
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L’impossible laïcité
N’est-ce pas chose extraordinaire, en notre laïque République, que ce Conseil d’État, devenu malgré lui « gardien de l’orthodoxie religieuse », et qui « déboute systématiquement de leurs demandes les associations cultuelles se revendiquant catholiques contre l’avis du pape » ? N’est-elle qu’un texte de loi ? Assurément non : « forme émergée d’un discours philosophique », la littérature qui l’entoure est bien davantage l’œuvre des historiens et des politistes, voire des politiques, que des juristes. Pourtant, c’est bien une loi, invoquée par les plaideurs et appliquée par les juges, jusque dans des considérations très terre-à-terre d’affectation des bâtiments, de financement, d’appellation. […]
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