Plus douce sera la chute : plongée dans les catacombes
« Les catacombes parisiennes, c’est un truc de touristes », me dit Jules. J’ai pourtant du mal à cacher ma déception lorsqu’il m’annonce que notre petite excursion ne se fera pas, stricto sensu, sous les rues parisiennes, mais un peu plus loin, en banlieue. Jules me balance ça sans morgue ni mépris, juste avec la conscience éclairée de ceux qui savent.
Silhouette gracile mais noueuse, petite moustache de dandy, on a du mal à lui donner un âge ou une profession. D’ailleurs, il est peut-être encore étudiant. Pas évident de se faire une idée. Sur tous les points Jules reste discret, à quelques jours du rendez-vous. Les cataphiles aiment entretenir l’idée d’une vie parallèle. Ce qui se passe sous terre ne relève pas du monde réel, des grossièretés de la surface, des patauderies de l’état civil. Ici, personne ne donne son vrai nom. Parler de son travail, de sa vie à la surface, c’est presque de l’impolitesse. Il y a ce contrat tacite dans les catacombes : oubliez qui vous êtes. Laissez à l’entrée les oripeaux de votre ego clinquant. Dans les catacombes, il y a cette idée qu’on n’est pas totalement soi. Ou alors qu’on peut enfin l’être, justement, en dépit de ses fonctions officielles et la rustrerie administrative. […]
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Abdel Raouf Dafri : le franc-tireur
Comment avez-vous procédé pour éviter l’écueil d’un simple remake mais aboutir à une réelle réinterprétation ?
Comme toujours, lorsque je travaille sur une fiction française, je regarde mon pays et l’état dans lequel il se trouve. Comment les différentes plaques tectoniques ont reconstruit le paysage des humeurs et des problématiques sociétales. En clair, je tente de lire et comprendre l’inconscient collectif de mes compatriotes et de mon pays. Et comme Malik est un personnage qui navigue dans un milieu carcéral et criminel, je me dois de savoir qui gouverne le crime aujourd’hui, en France. Pendant longtemps, ce sont les Corses qui ont régné, à travers les filières de la French Connection ou les cercles de jeux à Paris. C’est pourquoi, le caïd était Corse dans le film et l’esclave, un Arabe. Aujourd’hui, les Corses ne sont plus tellement des patrons. Ils ont été chassés de Marseille par les Arabes qui, désormais, tiennent la ville. Tant au niveau de la rue que dans le monde des affaires, celui des délinquants à col blanc. Du coup, il devenait pertinent d’installer un homme d’affaires arabe dont l’esclave serait un jeune homme noir. Mais un jeune homme noir issu d’un département français. En l’occurrence, Mayotte ! Et là, ce n’est plus le racisme que l’on pointe (comme dans le film), mais la sujétion d’un individu miséreux face à un tout-puissant. Bien-sûr le racisme de certains Arabes à l’encontre des noirs entre en ligne de compte, mais il n’est pas le principal moteur de la série sur le plan de la soumission. […]
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« Junk World » : objet filmique non identifié
En 2017, le monde ébahi découvrait en Junk head un véritable OFNI (objet filmique non identifié). Il avait fallu sept années à son unique concepteur, Takahide Hori, pour animer en stop motion les créatures de ce Brazil bizarre où des cyborgs combattaient des monstres mutants dans des souterrains indéterminés. Après le succès de niche mais mérité du premier opus, voici Junk world, un prequel censé se passer 1042 années avant le premier volet. L’équipe s’est étoffée jusqu’au trio, et le tournage n’aura pas excédé trois ans. L’histoire est encore plus folle, comme si l’idée première de Terminator était passée au mixeur des points de vue multiples du Rashomon de Kurosawa. […]
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Le Canon français : tirs de riposte
Pouvez-vous revenir sur les évènements survenus à Caen ?
Nous avons organisé à Caen notre banquet géant traditionnel, qui s’est révélé être un grand succès, avec plus de 4 300 participants. La députée insoumise Emma Fourreau a tenté de faire interdire la tenue du banquet en lançant une pétition… au prétexte que nous serions des nazis, des misogynes et des agents de l’extrême-droitisation des esprits.
Je tiens d’abord à dire qu’il s’agit d’accusations fausses et extrêmement graves, qui ont été d’ailleurs en partie montées par le journal Libération. Nous avons un service de sécurité très compétent qui ne laisserait jamais passer quoi que ce soit de politisé, et encore moins d’illégal – comme un salut nazi. Nous serions les premiers à évacuer des personnes qui se livreraient à de tels actes et d’ailleurs nous avons rédigé une charte dans laquelle nous proscrivons clairement toute démonstration politique ou militante. C’est du bon sens, a fortiori lorsque vous réunissez autant de personnes autour d’une table avec de l’alcool : c’est à nous d’éviter les discussions houleuses, voire l’effet « repas de Noël » qui finit fatalement en invectives. Au contraire, nous sommes là pour rassembler les gens et recréer du lien. Ce qui implique que chacun soit respectueux, et chacun l’est. […]
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Gourou trumpiste ou vrai prophète ? Entretien exclusif avec Curtis Yarvin
En France, on vous présente comme l’homme qui chuchote à l’oreille de l’administration Trump. Qu’en est-il réellement ? Comment décririez-vous votre influence ?
C’est très éloigné de la réalité. Je n’ai pratiquement aucun contact avec les hauts responsables de l’administration Trump. Cela dit, beaucoup de jeunes membres de l’administration me lisent. Mais si les idées circulent aussi bien vers le haut que vers le bas, la plupart de mes idées ne s’appliquent absolument pas à leur travail quotidien. Ma réflexion est beaucoup plus abstraite et très peu de choses sont réalisables dans le cadre actuel.
Une expression est beaucoup employée chez nous pour qualifier votre pensée : « technofascisme ». Est-elle pertinente ?
Le mot « fascisme » ne devrait pas être utilisé, car il recouvre trop de sens. Concrètement, il désigne une organisation spécifique qui a existé dans un pays donné et qui a disparu depuis 80 ans. Abstraitement, c’est une étiquette péjorative qui est au communisme ou au progressisme ce que le terme « Gentil » est au judaïsme : ce n’est pas une foi, mais une absence de foi.
Bien qu’il existe des définitions intermédiaires qui peuvent avoir un sens, cela ne vaut pas la peine de s’y attarder. Il vaut mieux dire : si par « fascisme », vous entendez non pas un système de croyances positif, mais simplement une absence de croyance ou une perte de foi dans le progressisme américain du xxe siècle, alors je suis un « fasciste ». Si vous faites référence à une autre croyance positive, je peux y adhérer ou non.
Par exemple, il est bien connu que les fascistes aiment la condition physique. Moi aussi (en principe). Idem pour les uniformes impeccables. Applaudissons Hugo Boss ! Si nous faisons de l’exercice physique et portons du Hugo Boss, la prochaine étape consiste-t-elle pour autant à gazer les Juifs ? Je vais devoir vous répondre par la négative. Le mot « fascisme » ne signifie absolument rien – car il ne prédit rien. « Techno » n’a aucune signification claire – si ce n’est que je sais programmer un ordinateur et que je vis en Californie. […]
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