« The Christophers » de Steven Soderbergh : lourd mais vide
Après l’atroce The Insider, l’Angleterre ne réussit décidément pas à Steven Soderbergh. Un ex-peintre génial et bisexuel, retiré des pinceaux et désormais vieillard misanthrope se voit refourguer une assistante par ses enfants rapaces ; c’est une faussaire qui doit terminer sous le sceau du secret une série de portraits inachevés, « The Christophers », d’après l’unique grand amour du Léonard londonien. [...]
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Mathieu Bock-Côté sans jamais oser le demander
Tout le monde connaît Mathieu Bock-Côté. Les politiques veulent le rencontrer, les médias veulent le recruter, les journalistes veulent l’interviewer. Entrez dans un bistrot avec lui : c’est suivre Madonna avec l’accent québécois. Les gens attablés chuchotent en le regardant, une grand-mère houspille son mari qui n’entend rien, les plus courageux lui adressent un pouce levé, les plus téméraires se lèvent pour le remercier, et les plus audacieux tentent le selfie. Compliqué. Car Mathieu Bock-Côté est grand. Très grand. Le voici obligé de se rapetisser comme Blaze dans La Folie des grandeurs. Ce n’est pas évident. Quand il franchit une porte, c’est une tornade. La Katrina du Labrador. Il ne marche pas : il bouffe le bitume, souvent en chantant, la tête haute, le regard droit devant, la vie en ligne de mire. Pourtant, Bock-Côté connaît le tragique de l’Histoire. Bien qu’intermittent de la foi, celui qui « préfère douter dans l’Église qu’en dehors » croit en revanche fermement au péché originel. Quiconque ambitionne d’instaurer le Paradis sur terre est un dictateur en puissance. Et puis il a tout lu. En anglais comme en français. Du plus obscur penseur américain du Wisconsin à Guénon, en passant par Foucault. C’est peut-être l’avantage d’être de Nouvelle-France. La vraie. D’ailleurs, il finira bien par dénoncer une appropriation culturelle de Mélenchon. La France coule dans ses veines. Il le doit à ses parents. Son père, Serge Côté, le professeur qu’on aurait tous aimé croiser, l’a élevé avec le vin et Chateaubriand. Et quand on a un grand-père qui s’appelle Charlemagne, on est marqué pour des siècles. [...]
« Disclosure Day » de Steven Spielberg : un dernier chef d’œuvre pour la route
Spielberg voit-il la mort approcher ? En tout cas, voilà plusieurs films qu’il semble donner à tous les aspects de son œuvre une conclusion définitive : après West Side Story en forme d’hommage virtuose à l’âge d’or du cinéma américain, The Fabelmans qui mettait en boîte tout une vie de cinéaste et interrogeait superbement cette capacité de l’art au « mentir vrai », Disclosure Day apporte l’épilogue tant attendu du versant le plus passionnant de son cinéma. Une manière pour le réalisateur de boucler la boucle, de clore une grande entreprise politique, métaphysique et esthétique commencée en 1977 avec Rencontres du Troisième Type, puis avec ce qui restera probablement son chef d’œuvre, E.T. [...]
100 jours après le début de la guerre, n’oubliez pas le Sud-Liban !
La dernière fois que je me suis rendu à Yaroun, c’était à la toute fin de février. Juste avant le début de la guerre. La commune, située à quelques centaines
Dantec par Houellebecq : écrivain, prophète, rock star
Comment avez-vous découvert Dantec ?
Les Racines du mal. Je ne sais plus pourquoi je l'ai lu. Le titre, sans doute. J’ai beaucoup aimé. J’ai lu ensuite Le Théâtre des opérations, alors que je ne lis pas tellement d'essais dans la vie, à peu près un essai pour cinquante romans. Donc oui, j'ai fait un effort, parce qu'il avait l'air d’estimer que la réflexion, la pensée était importante dans sa création.
Qu'est-ce que vous avez perçu dans Les Racines du mal ? C’est un polar qui vire SF et ce côté « transgenre » était très rare à l’époque…
C’est resté rare. Je ne vois pas d'autres exemples, à vrai dire, de polar « transgenre », ça fait bizarre de nos jours de le dire comme ça ! Non, je ne vois pas d'autres exemples que Maurice, de polar mâtiné de science-fiction. C'est surtout le polar qui est codé, en fait… La science-fiction, ça pouvait être un peu n'importe quoi, quand j'étais jeune. Alors que le polar, il y avait quand même vraiment un cahier des charges. Mais j’ai choisi un essai : c'est plus facile de parler des essais. Je ne sais jamais trop quoi dire sur un roman, c’est réussi ou non, mais j’ai du mal à aller plus loin.
Il y avait sans doute à l’époque, avec Dantec, vous-même et Ravalec, qui est aujourd’hui un peu oublié, une volonté du roman français de sortir un peu de ses ornières et de viser ce roman total à l'américaine, de pulvériser les frontières entre les genres…
Oui, ce n'est pas seulement américain. Moi, je n'ai jamais tellement aimé le polar américain, je trouvais le polar français supérieur, en réalité. Manchette a beaucoup impressionné, à juste titre, c'est quand même étonnant comme style. Ça serait vraiment intéressant s'ils acceptaient, ce qui est peu probable, parce que vous êtes quand même de droite, d'interviewer Jean-Bernard Pouy (qui a connu Dantec au lycée) et Patrick Raynal, qui a joué un grand rôle dans sa vie d'auteur. S'ils acceptaient de vous parler, ce serait vraiment intéressant, de voir ce qu’ils ont pensé de son évolution. [...]
Les Racines du mal. Je ne sais plus pourquoi je l'ai lu. Le titre, sans doute. J’ai beaucoup aimé. J’ai lu ensuite Le Théâtre des opérations, alors que je ne lis pas tellement d'essais dans la vie, à peu près un essai pour cinquante romans. Donc oui, j'ai fait un effort, parce qu'il avait l'air d’estimer que la réflexion, la pensée était importante dans sa création.
Qu'est-ce que vous avez perçu dans Les Racines du mal ? C’est un polar qui vire SF et ce côté « transgenre » était très rare à l’époque…
C’est resté rare. Je ne vois pas d'autres exemples, à vrai dire, de polar « transgenre », ça fait bizarre de nos jours de le dire comme ça ! Non, je ne vois pas d'autres exemples que Maurice, de polar mâtiné de science-fiction. C'est surtout le polar qui est codé, en fait… La science-fiction, ça pouvait être un peu n'importe quoi, quand j'étais jeune. Alors que le polar, il y avait quand même vraiment un cahier des charges. Mais j’ai choisi un essai : c'est plus facile de parler des essais. Je ne sais jamais trop quoi dire sur un roman, c’est réussi ou non, mais j’ai du mal à aller plus loin.
Il y avait sans doute à l’époque, avec Dantec, vous-même et Ravalec, qui est aujourd’hui un peu oublié, une volonté du roman français de sortir un peu de ses ornières et de viser ce roman total à l'américaine, de pulvériser les frontières entre les genres…
Oui, ce n'est pas seulement américain. Moi, je n'ai jamais tellement aimé le polar américain, je trouvais le polar français supérieur, en réalité. Manchette a beaucoup impressionné, à juste titre, c'est quand même étonnant comme style. Ça serait vraiment intéressant s'ils acceptaient, ce qui est peu probable, parce que vous êtes quand même de droite, d'interviewer Jean-Bernard Pouy (qui a connu Dantec au lycée) et Patrick Raynal, qui a joué un grand rôle dans sa vie d'auteur. S'ils acceptaient de vous parler, ce serait vraiment intéressant, de voir ce qu’ils ont pensé de son évolution. [...]
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