« Mitterrand confidentiel » ou l’ hagiographie confuse
Qu’on lui confie une série centrée sur le Mitterrand terminal, et il est à parier que la télévision publique ne fera pas jouer le fameux droit d’inventaire. Confirmation en est donnée avec Mitterrand confidentiel qui fait d’abord mine, très mollement, d’écorner la légende dorée. Dès l’entame du premier épisode, la jeunesse pétainiste du président est dévoilée par l’annonce de la publication d’Une Jeunesse française, le livre de Pierre Péan sur ses années vichystes. Viendront dans le second les révélations sur la famille cachée et les écoutes téléphoniques. Le vieux sage serait un vieux salaud ? La structure qui se met en place va évidemment infirmer cette hypothèse. Chaque scandale entraîne un flash-back et le récit progresse sur deux plans, les retours en arrière expliquant in fine le comportement supposément problématique de Mitterrand (l’attentat de l’Observatoire, monté par l’extrême droite, serait à l’origine du besoin obsessionnel de protéger sa famille par les écoutes). L’articulation homme public-homme privé ne se développe jamais, dans Mitterrand confidentiel, pour la raison que le politique est finalement réduit à de vagues signes, un arrière-plan confus, comme avec cette sortie pendant un discours à Vichy qui déplaît au jeune et courageux François, juste avant son entrée tardive en Résistance. Le double récit permet de recentrer rapidement l’intrigue sur ce qui intéresse Stéphane Pannetier : l’histoire somme toute basique d’un homme pris entre deux femmes (avec ici, une troisième en embuscade, la République, et qui ne rigole pas). Cet infra-vaudeville est traité avec un sérieux de bon aloi, et une farandole de clichés à l’avenant. […]
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« Dreams » : l’apothéose de Michel Franco
Les cinéastes contemporains mexicains se divisent grosso modo en trois catégories : ceux qui s’exfiltrent à Hollywood en adoptant les codes en vigueur (Guillermo del Toro et sa lente dérive Disney-wokiste) ; ceux qui, sans les adopter, parviennent à s’abonner aux films de prestige : Alfonso Cuarón et Alejandro González Iñárritu ; enfin, ceux qui préfèrent pratiquer encore le dolorisme cruel et natif à l’ombre des principaux festivals européens comme Carlos Reygadas et Amal Escalante. Hors de cette typologie, un curieux spécimen se distingue toutefois : Michel Franco, dont le dernier film, Dreams, illustre cet entre-deux, jusque dans sa localisation, entre États-Unis et Mexique. […]
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Iran : les mollahs en sursis
Quelle est la situation aujourd’hui en Iran ? Les manifestations continuent-elles ?
On parle de milliers de personnes abattues par les escadrons de la mort aux ordres du régime des mollahs. Les gardiens de la révolution islamique et les miliciens du Basidj sont les maîtres d’œuvre de ces massacres de masse. Ils sont aidés par des supplétifs appartenant aux milices chiites irakiennes, aux Fatemyouns afghans et au Hezbollah libanais. Soyons clairs : à l’heure où je vous parle, ce sont au moins 20 000 morts qui ont été constatés par des personnels médicaux sur place. Mais toutes les sources avec lesquelles je parle s’accordent à dire que le nombre de personnes tuées est très supérieur. L’Iran vit une tragédie, une véritable horreur. Dans ce contexte, les Iraniens ne reviendront pas en arrière, même s’il y a moins de gens dans les rues. Le véritable risque, c’est que la situation se transforme en guerre civile, alors même que les oppositions iraniennes, pour la plupart laïques, étaient prêtes à prendre le relais. Il faut ajouter à cette terrible réalité le fait que 2/3 du territoire iranien est privé d’eau potable, qu’il n’y a presque plus d’électricité, ni de bois pour se chauffer. Près de 2/3 de la population iranienne vit en dessous du seuil de pauvreté, alors qu’avec son pétrole et son gaz, l’Iran devrait être l’un des pays les plus riches au monde. Les islamistes au pouvoir depuis 1979 ont ravagé l’Iran, qui était un pays de grande culture. […]
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Éditorial culture de Romaric Sangars : Nourritures modernes
Euthanasie : le pacte des morts
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