Le Canon français : tirs de riposte
Pouvez-vous revenir sur les évènements survenus à Caen ?
Nous avons organisé à Caen notre banquet géant traditionnel, qui s’est révélé être un grand succès, avec plus de 4 300 participants. La députée insoumise Emma Fourreau a tenté de faire interdire la tenue du banquet en lançant une pétition… au prétexte que nous serions des nazis, des misogynes et des agents de l’extrême-droitisation des esprits.
Je tiens d’abord à dire qu’il s’agit d’accusations fausses et extrêmement graves, qui ont été d’ailleurs en partie montées par le journal Libération. Nous avons un service de sécurité très compétent qui ne laisserait jamais passer quoi que ce soit de politisé, et encore moins d’illégal – comme un salut nazi. Nous serions les premiers à évacuer des personnes qui se livreraient à de tels actes et d’ailleurs nous avons rédigé une charte dans laquelle nous proscrivons clairement toute démonstration politique ou militante. C’est du bon sens, a fortiori lorsque vous réunissez autant de personnes autour d’une table avec de l’alcool : c’est à nous d’éviter les discussions houleuses, voire l’effet « repas de Noël » qui finit fatalement en invectives. Au contraire, nous sommes là pour rassembler les gens et recréer du lien. Ce qui implique que chacun soit respectueux, et chacun l’est. […]
Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !
Gourou trumpiste ou vrai prophète ? Entretien exclusif avec Curtis Yarvin
En France, on vous présente comme l’homme qui chuchote à l’oreille de l’administration Trump. Qu’en est-il réellement ? Comment décririez-vous votre influence ?
C’est très éloigné de la réalité. Je n’ai pratiquement aucun contact avec les hauts responsables de l’administration Trump. Cela dit, beaucoup de jeunes membres de l’administration me lisent. Mais si les idées circulent aussi bien vers le haut que vers le bas, la plupart de mes idées ne s’appliquent absolument pas à leur travail quotidien. Ma réflexion est beaucoup plus abstraite et très peu de choses sont réalisables dans le cadre actuel.
Une expression est beaucoup employée chez nous pour qualifier votre pensée : « technofascisme ». Est-elle pertinente ?
Le mot « fascisme » ne devrait pas être utilisé, car il recouvre trop de sens. Concrètement, il désigne une organisation spécifique qui a existé dans un pays donné et qui a disparu depuis 80 ans. Abstraitement, c’est une étiquette péjorative qui est au communisme ou au progressisme ce que le terme « Gentil » est au judaïsme : ce n’est pas une foi, mais une absence de foi.
Bien qu’il existe des définitions intermédiaires qui peuvent avoir un sens, cela ne vaut pas la peine de s’y attarder. Il vaut mieux dire : si par « fascisme », vous entendez non pas un système de croyances positif, mais simplement une absence de croyance ou une perte de foi dans le progressisme américain du xxe siècle, alors je suis un « fasciste ». Si vous faites référence à une autre croyance positive, je peux y adhérer ou non.
Par exemple, il est bien connu que les fascistes aiment la condition physique. Moi aussi (en principe). Idem pour les uniformes impeccables. Applaudissons Hugo Boss ! Si nous faisons de l’exercice physique et portons du Hugo Boss, la prochaine étape consiste-t-elle pour autant à gazer les Juifs ? Je vais devoir vous répondre par la négative. Le mot « fascisme » ne signifie absolument rien – car il ne prédit rien. « Techno » n’a aucune signification claire – si ce n’est que je sais programmer un ordinateur et que je vis en Californie. […]
Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !
Adrian Vermeule : « L’Histoire, que certains croyaient terminée, recommence »
Comment avez-vous réagi à l’attaque virulente du président Donald Trump contre le pape Léon XIV ? Comment cette saillie a-t-elle été accueillie par l’opinion publique américaine ?
Très mal, et très mal, du moins auprès de la composante catholique incontournable de la coalition MAGA. Léon XIV est de loin la personnalité publique la plus populaire aux États-Unis. On m’a dit qu’il existait un vieux proverbe français : « Qui mange du Pape en meurt. » Le président souffre désormais au moins d’une grave indigestion.
Cette confrontation peut-elle se lire comme un retour de la question classique des rapports entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel ? En quoi est-ce le signe d’un changement d’époque ?
C’est, à mes yeux, le point le plus frappant. Depuis des semaines, tant avant qu’après cet épisode particulier, la sphère publique américaine est saturée de théologie politique, de questions sur la relation entre les pouvoirs « temporels et spirituels » (pour reprendre les termes du député Riley Moore), de débats entre de hauts responsables publics et des évêques, ainsi que de tensions entre les composantes catholiques et protestantes de la coalition MAGA. Quels que soient le bien-fondé ou les détails des questions récemment posées, le point essentiel est que nous avons désormais une sphère publique post-libérale (mais démocratique), dans laquelle la vérité, y compris la vérité théologique, fait à nouveau l’objet de débat. […]
Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !
10 mai 1869 : un chemin de fer, un clou et un télégraphe pour relier l’Amérique
Non, l’immigration ne paiera pas nos retraites
Notre séléction
Abonnez-vous à L'Incorrect
Société
Culture
Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter
Portraits
Idée
Art de vivre
L’Incorrect
Retrouvez le magazine de ce mois ci en format
numérique ou papier selon votre préférence.

































