« Urchin » : sans toit ni talent
Premier long-métrage d’un jeune acteur remarqué dans Sans filtre, la Palme d’Or de Ruben Östlund, Urchin suit la dérive d’un jeune clochard dans l’Angleterre d’aujourd’hui. On sent Harris Dickinson écartelé entre un désir d’empathie à la Sean Baker et le regard clinique opiacé des frères Safdie (Uncut gems, obliquement cité dans une réplique). D’où les quelques scènes d’hallucinations, les seules un peu marquantes avec notamment la transition entre une bonde de lavabo et un outre-monde sous-marin donnant sur une grotte mystérieuse. […]
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« Les Dimanches » : crise de foi
Excellente surprise que ces Dimanches, récit tout en nuances d’un embrasement véritable : celui de la vocation et de la foi, celui d’une jeune fille, Anarea (formidable Blanca Soroa), qui décide de rentrer dans les ordres à seize ans, contre l’avis de sa famille (farouchement athée et matérialiste) et même contre les bouffées de désir adolescent qu’elle tente régulièrement de faire taire en elle. […]
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« Send help » de Sam Raimi : grand retour et petites ambitions
Sam Raimi est peut-être l’un des rares réalisateurs stars des années 80 à avoir gardé la tête froide et une relative indépendance dans ses projets et sa façon de travailler. Expérimentateur de génie, connu pour sa trilogie culte Evil Dead qui revisitait l’horreur viscérale à la sauce Chuck Jones, frère d’armes des frères Coen avec qui il partage un goût immodéré pour les focales longues et l’humour « slapstick » (bouffon), il s’était tiré avec tous les honneurs du passage aux blockbusters, signant avec sa trilogie Spiderman une épopée à la fois spectaculaire et furieusement personnelle. À l’inverse d’un Tim Burton qui s’auto-caricature jusqu’à la nausée, Sam Raimi semble soucieux de ne pas avoir créé une marque, tout en préservant son insolence et quelques gimmicks réjouissants : preuve en est ce petit film brutal, superbement raconté et filmé, qui tresse autour d’un sujet rebattu – un homme et une femme que tout sépare doivent survivre sur une île déserte – une satire cruelle du monde du travail et du libéralisme. […]
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Lolita Pille est-elle devenue l’anti-Édouard Louis ? Presque
À l’automne dernier, dans Que faire de la littérature ?, Édouard Louis prônait une littérature militante, soi-disant « lyrique et révolutionnaire », c’est-à-dire kitsch et enrégimentée, revenue à tous les poncifs totalitaires du xxe siècle, indifférente au style, suspicieuse à l’égard de la fiction, platement victimaire, réaliste et frontale. En ce début d’année 26, voici que Lolita Pille sort son propre essai sur la question, avec Antigone reine, qu’on pourrait presque lire, sur de nombreux points, même si tel n’était pas son but, comme une réplique à Édouard Louis. On se réjouit en tout cas que de tels débats aient lieu à une époque où la littérature, privée d’écoles, de tradition ou d’avant-gardes, ne se caractérise plus, formellement, que par des sujets plus ou moins tendances. On se rassure aussi qu’une autrice prenne la plume pour en défendre les prérogatives propres au moment où l’exploitation idéologique de la littérature devient la solution la plus facile et la plus fallacieuse pour lui donner de la consistance et une aura marketing pseudo-sulfureuse. […]
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Finkielkraut passe à la question
Les mots sont l’outil avec lequel travaillent ces artisans de la pensée qu’on appelle les philosophes, pour appréhender le monde. Tâche difficile et périlleuse qui, quand elle est mal exécutée, ajoute du malheur au monde selon la maxime camusienne. Alain Finkielkraut semble habité par cette leçon. Plutôt qu’à l’élaboration de pompeux systèmes ou l’annonce de prophéties qui se révèleront fausses, sa geste philosophique, plus modeste, plus scrupuleuse, et par-là plus précieuse, consiste à rendre compte, avec le plus de précisions possibles, selon les infinies variétés offertes par cette langue française qu’il chérit tant et manie si bien, de la comédie humaine. Penser, il ne peut le faire sans s’appuyer sur la foule de textes et d’auteurs qu’il a rencontrés chemin faisant ; autant de compagnons de route qui lui permettent d’accéder au monde, et qu’il cite abondamment pour leur dire toute sa reconnaissance d’avoir si bien su formuler les choses. On le sait trop bien, cette manière de philosopher, Finkielkraut l’a mise au service de la culture, au sens le plus large du terme, pour la défendre avec une extrême délicatesse face à tous les assauts qui lui sont lancés. La langue au service de la langue. […]
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