BD : Marsault/Obertone, transportés par A.H.
Le RN reçoit le plus curieux brevet de citoyenneté républicaine avec cet album qui imagine comment Hitler, ressuscité, se présente à l’élection présidentielle de 2027. On sent que la stratégie de dédiabolisation du parti a réussi à exaspérer les auteurs, qui ne trouvent donc rien de mieux que d’imaginer que le diable, lassé d’Hitler qui lui fait de l’ombre, le renvoie sur terre dans une grande capitale de gauche multiculturelle pour qu’il y souffre mille morts en voyant la ruine de tous ses espoirs racistes. Voilà Adolf parachuté Gare du Nord. La vision qu’en donne Marsault est très éloignée de celle de Libération. Mais, chemin faisant, ayant compris les rouages du système politico-médiatique français et misant sur le peuple bafoué, voilà Hitler lancé dans la course au pouvoir et même carrément plébiscité. […]
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Théâtre : Honoré met Bovary au pilori
Madame Bovary traduisait déjà chez son auteur l’ambition de « déconstruire » les tropes romanesques. Entre les mains du metteur en scène Christophe Honoré, cette ambition se trouve dédoublée par une injonction pirandellienne. En faisant des personnages du roman la troupe d’un cirque, mais aussi les victimes plus ou moins consentantes d’une arène vidéo où la trivialité se dispute au voyeurisme, Honoré pousse jusqu’à la nausée cette idée d’un laboratoire de la fiction à ciel ouvert, qui rejouerait sans cesse l’anéantissement total d’une femme. […]
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Opéra : Bach par Pichon, tout est accompli ?
Après une Saint Matthieu fulgurante en 2022, Raphaël Pichon aborde l’autre sommet du diptyque pascal de Bach : La Passion selon saint Jean. Plus ramassée, plus tendue vers le récit, plus théâtrale aussi, elle semble mieux convenir à la battue souple et ardente du chef, qui l’a beaucoup fréquentée en concert avant cet album. Une lecture incandescente, marquant les traits et exaltant les contrastes : urgence dramatique plutôt que contemplation, clarté incisive davantage que clair-obscur. Le geste de Pichon, à la fois lyrique et impétueux, insuffle un pathos très humain (trop ?) à ces contrepoints inouïs, à ces couleurs imprévisibles, à ces harmonies sidérantes, dans un paroxysme de tension digne d’un Caravage. […]
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Y a-t-il des sapeurs de gauche ?
Jadis, la droite était le parti de la sape. Du côté de la gauche, on faisait un effort pour mal s’habiller, le plus souvent sans faire exprès. À droite, de Gaulle s’habillait chez Starck, Pompidou en vacances portait des espadrilles blanches et des chaussettes jaunes, assorties à son pull… et, puisqu’il n’y a pas d’élégance sans élégance morale, citait Eluard, les larmes aux yeux, en conférence de presse. Après ? Après, ce n’est plus la droite. Giscard le centriste histrionique, Chirac le gauchiste qui avait un physique de droite (et objectivement une sacrée allure), Sarkozy l’américanolâtre sans convictions profondes : sans commentaire. Il y eut bien Fillon, mais il ne fut pas président – à cause de son goût pour les costumes, justement… […]
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Affaire Grasset, quel séisme ?
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