Chantal Delsol : la chute de l’empire occidental
En quoi l’Occident moderne est-il un empire à la manière de Rome ?
Ce qui caractérise un empire, c’est qu’il n’accepte aucune limite, ni dans l’espace ni dans le temps. Dans l’espace tout est à lui, pour aujourd’hui ou pour demain. Dans le temps, il revendique l’immortalité. Si l’on veut il y a là une forme de provincialisme qui dit : ma particularité, c’est le tout. L’Empire romain voulait le monde entier, celui de son temps qui était le monde méditerranéen ; et il avait été prédit à Romulus que Rome durerait toujours, ce que les Romains ont longtemps cru. Les Occidentaux sont dans le même état d’esprit. Ils ont conquis par la force de la conquête une bonne partie du monde, puis par la culture l’espace entier du monde (aucune terre qui ne soit pas occidentalisée par nos apports originels) ; et encore dernièrement ils se croyaient immortels, si l’on se reporte par exemple à Fukuyama (la démocratie est le régime de la fin de l’histoire). On pourrait en dire tout autant, par exemple, de l’ex-empire soviétique ou de l’empire russe, qui se voient chargés l’un et l’autre d’une mission totale spatiale et temporelle, pour des raisons différentes dans les deux cas. […]
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Révélations : Jérémie Patrier-Leitus soupçonné d’enrichissement personnel via des fonds parlementaires
« Urchin » : sans toit ni talent
Premier long-métrage d’un jeune acteur remarqué dans Sans filtre, la Palme d’Or de Ruben Östlund, Urchin suit la dérive d’un jeune clochard dans l’Angleterre d’aujourd’hui. On sent Harris Dickinson écartelé entre un désir d’empathie à la Sean Baker et le regard clinique opiacé des frères Safdie (Uncut gems, obliquement cité dans une réplique). D’où les quelques scènes d’hallucinations, les seules un peu marquantes avec notamment la transition entre une bonde de lavabo et un outre-monde sous-marin donnant sur une grotte mystérieuse. […]
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« Les Dimanches » : crise de foi
Excellente surprise que ces Dimanches, récit tout en nuances d’un embrasement véritable : celui de la vocation et de la foi, celui d’une jeune fille, Anarea (formidable Blanca Soroa), qui décide de rentrer dans les ordres à seize ans, contre l’avis de sa famille (farouchement athée et matérialiste) et même contre les bouffées de désir adolescent qu’elle tente régulièrement de faire taire en elle. […]
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« Send help » de Sam Raimi : grand retour et petites ambitions
Sam Raimi est peut-être l’un des rares réalisateurs stars des années 80 à avoir gardé la tête froide et une relative indépendance dans ses projets et sa façon de travailler. Expérimentateur de génie, connu pour sa trilogie culte Evil Dead qui revisitait l’horreur viscérale à la sauce Chuck Jones, frère d’armes des frères Coen avec qui il partage un goût immodéré pour les focales longues et l’humour « slapstick » (bouffon), il s’était tiré avec tous les honneurs du passage aux blockbusters, signant avec sa trilogie Spiderman une épopée à la fois spectaculaire et furieusement personnelle. À l’inverse d’un Tim Burton qui s’auto-caricature jusqu’à la nausée, Sam Raimi semble soucieux de ne pas avoir créé une marque, tout en préservant son insolence et quelques gimmicks réjouissants : preuve en est ce petit film brutal, superbement raconté et filmé, qui tresse autour d’un sujet rebattu – un homme et une femme que tout sépare doivent survivre sur une île déserte – une satire cruelle du monde du travail et du libéralisme. […]
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