Opéra : Bach par Pichon, tout est accompli ?
Après une Saint Matthieu fulgurante en 2022, Raphaël Pichon aborde l’autre sommet du diptyque pascal de Bach : La Passion selon saint Jean. Plus ramassée, plus tendue vers le récit, plus théâtrale aussi, elle semble mieux convenir à la battue souple et ardente du chef, qui l’a beaucoup fréquentée en concert avant cet album. Une lecture incandescente, marquant les traits et exaltant les contrastes : urgence dramatique plutôt que contemplation, clarté incisive davantage que clair-obscur. Le geste de Pichon, à la fois lyrique et impétueux, insuffle un pathos très humain (trop ?) à ces contrepoints inouïs, à ces couleurs imprévisibles, à ces harmonies sidérantes, dans un paroxysme de tension digne d’un Caravage. […]
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Y a-t-il des sapeurs de gauche ?
Jadis, la droite était le parti de la sape. Du côté de la gauche, on faisait un effort pour mal s’habiller, le plus souvent sans faire exprès. À droite, de Gaulle s’habillait chez Starck, Pompidou en vacances portait des espadrilles blanches et des chaussettes jaunes, assorties à son pull… et, puisqu’il n’y a pas d’élégance sans élégance morale, citait Eluard, les larmes aux yeux, en conférence de presse. Après ? Après, ce n’est plus la droite. Giscard le centriste histrionique, Chirac le gauchiste qui avait un physique de droite (et objectivement une sacrée allure), Sarkozy l’américanolâtre sans convictions profondes : sans commentaire. Il y eut bien Fillon, mais il ne fut pas président – à cause de son goût pour les costumes, justement… […]
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Affaire Grasset, quel séisme ?
« The Total State » : le Léviathan progressiste disséqué
Pourquoi sent-on que la liberté recule partout en Occident, alors que les institutions libérales censées la protéger deviennent de plus en plus puissantes ? C’est la question qu’aborde Auron MacIntyre, philosophe politique et animateur sur la plateforme américaine The Blaze, dans The Total State. Cet ouvrage aborde frontalement la question du régime politique, pour montrer en quoi nos institutions doivent être réformées pour sortir de la crise civilisationnelle dans laquelle nous sommes enlisés.
La thèse, audacieuse, entend démontrer que les constitutions des démocraties libérales, quoiqu’elles n’aient pas changé, ont été détournées de l’intérieur, dès lors que les pouvoirs qui devaient se contrôler mutuellement se sont mis à travailler de concert au même projet idéologique. MacIntyre pointe du doigt une élite dont la condition d’entrée est désormais de communier à une idéologie qui prétend défendre le progrès, la raison et la science contre la tradition, la foi et la contrainte. Cette « théocratie athée » fonctionne à la manière d’un réseau décentralisé d’institutions qui produisent un consensus élitaire, non par coercition, mais par peur de sortir du rang. Ce dispositif institutionnel, concentré dans les institutions de savoir et de culture, n’a plus besoin des élections pour opérer une révolution. Quand de nouvelles idées naissent dans les universités de l’Ivy League, le New York Times et The Economist les répètent, et elles font tache d’huile dans l’ensemble des médias occidentaux. Elles sont ensuite reprises dans des rapports produits par l’administration publique, puis enseignées dans l’éducation nationale, le tout sans la moindre intention malveillante ou conspiration. Voyons-y plutôt le produit d’institutions centralisées à outrance, et d’une classe « savante » qui s’abreuve à une unique source… au risque d’errer si elle venait à se corrompre. […]
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Le mois d’avril d’un mot : empyrée
« C’est l’empyrée immense et profond qu’il me faut / La terre n’offrant rien de ce que je réclame » Victor-Hugo, un peu à l’étroit sur Terre, rêvait de l’empyrée (mot poétique pour dire ciel) dont l’infinitude serait plus à sa taille. Mais Reid Wiseman, commandant de la mission Artémis II, de retour de l’espace, ayant, lui, visité l’empyrée pour de vrai, se réjouissait, le 11 avril dernier, de retrouver le plancher des vaches : « C’est extraordinaire d’être humain, c’est extraordinaire d’être sur la planète Terre. » […]
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