« Les Rayons et les Ombres » : filmer l’Occupation, de Louis Malle à Xavier Giannoli
Faire un bon film sur la collaboration, c’est peut-être d’abord ça : comprendre ce qui a survécu du nazi en nous. Comment les démocraties modernes ont pu composer avec les nazis qui ont survécu, d’une part, mais aussi comment le nazisme a survécu dans nos cœurs. Xavier Giannoli s’empare du sujet à bras-le-corps, c’est le moins qu’on puisse dire. Imaginez un peu : une fresque de plus de trois heures sur deux figures oubliées (ou soigneusement mises sous le tapis) du collaborationnisme : le magnat de la presse Jean Luchaire et sa fille Corinne, starlette des années 30 que l’Occupation a freiné dans son élan et vouée à devenir, dans la mémoire de tous, une « pute à boches ». Tous deux ont profité des fastes et des largesses obtenues grâce à Otto Abetz, ami proche de Luchaire qui devient ambassadeur du Reich dans le Paris occupé, et se sert de leur aura pour cimenter une pseudo-amitié franco-allemande – au moment même où la rumeur des Alliés commence à donner à la France occupée un parfum de cendres. […]
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Carlos Bilongo face à des soupçons de fraude au logement social
Marcel Gauchet : l’ère des idéologies
Joseph de Maistre l’avait annoncé : plutôt qu’un événement, la Révolution française sera une « petite aventure de cinq ou six siècles ». Et c’est de cette aventure moderne dont Marcel Gauchet s’est fait l’un des plus impressionnants spécialistes, au fil d’essais parfois difficiles d’abord mais d’une richesse à peu près inépuisable pour qui y entre effectivement, essais qui ne valent pas seulement par les grandes idées qu’ils prétendent démontrer, mais aussi par les éclairages, précisions et distinctions à peu près infinies amenés au fur et à mesure des développements. Lire Gauchet est une conversation exigeante mais passionnante : on écoute et on veut comprendre, on interroge, on cherche des contre-arguments face au vertige des assertions, on sort ébloui par l’éclat de cette intelligence. […]
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« Kairos » : Boissoudy illumine la Galerie Guillaume
NÉO : l’éclat du côté sombre
Après l’orgueil, vous vous attaquez à la luxure, pourquoi cet ordre parmi les sept péchés capitaux ?
Quand j’ai décidé de faire cette série, j’avais déjà écrit le roman sur l’orgueil, j’ai eu ensuite l’idée de tirer le fil et d’élaborer tout un cycle. Ensuite, très franchement, j’avais le choix et j’avais déjà mes six autres histoires, mais j’avais envie d’écrire maintenant cette histoire de tableau fantastique. Les autres sont des histoires chacune très différentes mais il y a un lien entre les romans, un même personnage à la Calgiostro qui apparaît à chaque fois, avec les yeux vairons et les lettres « MH » pour initiales. C’est toujours lui qui déclenche le péché. Dans L’Île de l’orgueil (le premier roman du cycle, ndlr), il était le romancier qui renonce à écrire et il intervient dès lors pour donner du sens aux romans que j’écris et ainsi réaliser, en quelque sorte, des romans in vivo. C’est donc une espèce de double. Si le premier livre relevait du thriller psychologique à la Daphné du Maurier, là, je voulais élaborer quelque chose de moins construit, une suite de portraits développant quelque chose de vénéneux, de capiteux, de plus formaliste, fin-de-siècle. J’aime cette littérature de la fin du xixe siècle, morbide et complaisante… […]
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