
Édito
Comme en quatorze
Hier, Paris s’est mis à tirer la gueule. C’est tombé sur les coups de 17 heures, dans le genre brutal. Crachin grisâtre et vicieux vent septentrional. Aurait-on pu rêver plus doux cadeau de rentrée ? La capitale nous était rendue maussade et mélancolique, comme les femmes qui la peuplent. Fin des vacances donc. Pourtant, nous ne les avons pas détestées, les vacances. Quoi, nous sommes au fond des aristocrates, c’est-à-dire à peu près des chômeurs, nous considérons donc le travail comme une occupation vulgaire. Pardon si nous choquons là la droite bourgeoise, mais choquer la droite bourgeoise est un sport national et c’est aussi un acte de salubrité publique, quand on sait que son occupation favorite est de trahir le pays pour rester fidèle à ses intérêts.
En tout cas, les vacances furent une occasion de nous livrer à la contemplation. L’heure des grands problèmes avait sonné, des problèmes sur lesquels nous ne nous penchons que parce qu’ils sont insolubles.…












