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L’Incotidien #57

Édito

Comme en quatorze

Hier, Paris s’est mis à tirer la gueule. C’est tombé sur les coups de 17 heures, dans le genre brutal. Crachin grisâtre et vicieux vent septentrional. Aurait-on pu rêver plus doux cadeau de rentrée ? La capitale nous était rendue maussade et mélancolique, comme les femmes qui la peuplent. Fin des vacances donc. Pourtant, nous ne les avons pas détestées, les vacances. Quoi, nous sommes au fond des aristocrates, c’est-à-dire à peu près des chômeurs, nous considérons donc le travail comme une occupation vulgaire. Pardon si nous choquons là la droite bourgeoise, mais choquer la droite bourgeoise est un sport national et c’est aussi un acte de salubrité publique, quand on sait que son occupation favorite est de trahir le pays pour rester fidèle à ses intérêts.

En tout cas, les vacances furent une occasion de nous livrer à la contemplation. L’heure des grands problèmes avait sonné, des problèmes sur lesquels nous ne nous penchons que parce qu’ils sont insolubles.…

Pour Valeurs actuelles

C’est le petit scandale de la semaine, bien utile d’un côté pour des indigénistes qui tenteront de faire oublier les causes de l’ensauvagement du pays tel qu’il apparait enfin crûment aux Français, de Palavas à Bayonne, et de Lyon à Grenoble ; mais bien utile d’un autre côté pour un gouvernement et une présidence qui ont beau jeu de poser en modérateurs généraux des humeurs politique, naviguant à vue entre la droite et la gauche : Valeurs actuelles a représenté la députée LFI Obono en esclave, anneau et chaînes de fer au cou. Scandale immédiat au pays de Voltaire et de Charlie.

Mais scandale au nom de quoi ? Que ladite députée ne goûte guère de se voir ainsi dessinée n’est pas un argument suffisant devant la liberté de la presse et d’expression, que l’on sache, sans quoi Jean-Marie Le Pen serait plus millionnaire qu’il ne l’est.

Les contempteurs de l’article, qui ne semblent d’ailleurs pas l’avoir lu mais seulement vu passer les images – c’est plus simple – s’égarent d’ailleurs à parler de caricature : il s’agit de classiques dessins illustrant avec à propos une oeuvre de fiction, publiée sous un pseudonyme collectif dans un hebdomadaire.…

Nicolas Sarkozy : comme un ouragan

« Vous voulez contrôler l’immigration ? C’est que vous n’avez pas de cœur. Vous voulez favoriser l’initiative et l’esprit d’entreprise ? C’est que vous êtes égoïste car vous ne pensez qu’aux riches ! » Nicolas Sarkozy en campagne ? Non, Nicolas Sarkozy martelant encore et toujours les mêmes slogans qui l’avaient porté au pouvoir en 2007 au terme d’une campagne assez remarquable, dans Le Temps des Tempêtes. Un livre à lire comme un témoignage historique d’où se distinguent quelques « bonnes feuilles » qui donneront de la matière à croquer pour les journalistes, en dépit d’un style très plat à la limite de la chronique people et d’une construction très décousue.

À la manière de son meilleur ennemi François Hollande qui a récemment fait paraître ses « Leçons du pouvoir », Nicolas Sarkozy a tenu à coucher par écrit quelques-uns de ses souvenirs de président de la République. Si l’exercice semblera vain à grand nombre de Français, les observateurs attentifs de la vie politique française ne manqueront pas de lire ces quelques 500 pages de mémoire, révélant le président Sarkozy tel qu’en lui-même, c’est-à-dire indistingable de l’homme Nicolas Sarkozy dont le personnage public et l’élu de la République ne s’émancipent que très faiblement du caractère que présente le Neuilléen dans l’intimité.…

Affaire Numéro 23 : Pascal Houzelot obtiendra-t-il 20 millions d’euros d’argent public ?

Cette vente de 78 millions d’euros a permis à Pascal Houzelot, fondateur de la société Diversité TV France, pour laquelle il n’avait initialement investi que 10 000 €, de faire fortune après seulement deux ans et demi d’activité de sa société.  Cette vente record est d’autant plus extraordinaire que les conditions juridiques pour sa réalisation n’étaient pas réunies et ce, sans que les instances de contrôle ne s’en aperçoivent.
En effet, par une décision du 18 octobre 2011, le CSA avait établi des conditions de recevabilité bien précises pour concourir à l’appel d’offres ayant pour objet l’attribution de nouvelles autorisations de fréquence. Il était notamment exigé qu’avant le 10 janvier 2012, date limite de dépôt des candidatures, les candidats qui n’avaient pas encore de société immatriculée apte à se faire attribuer la fréquence, devaient justifier de statuts signés impliquant une immatriculation imminente au registre du commerce et des sociétés.

Lire aussi : La presse aux ordres des LGBT ?

L’Incorrect

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