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À la fondation Louis Vuitton : l’art mis à sac

Emportés par la foule, qui nous traîne, nous entraîne, nous éloigne l'un de l'autre, je lutte et je me débats. A la Fondation Louis Vuitton, point de repos.

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© Louis Colbee–Unsplash.

À ceux qui n’auraient pas eu le privilège de visiter la Fondation Louis Vuitton, à ceux qui l’ont visitée et ont fini en quasi syncope comme moi, salut. L’immeuble ? On se rappelle qu’à sa construction la Tour Eiffel n’a pas fait l’unanimité. Au contraire ici, un certain consensus. Dans le bois le plus glauque de France, cette masse de fer et de verre blancs, griffée Frank Gehry et conçue comme un vaisseau, que dis-je, une arche, supporte bien la comparaison avec le bazar voisin de La Défense. Toutes voiles dehors, elle nous entraîne dans son sillage, loin des conventions architecturales et du goût du jour. Cette sorte de Bateau ivre destiné aux dérades du consommateur de beau est même commode, à quelques encablures du jardin d’Acclimatation: le parc d’attraction des papas et des mamans tout près de celui, plus habituel mais tout aussi amusant, des petits enfants, c’est bien pensé. On y croise aussi force femmes voilées et leurs bambins vêtus à l’américaine, au jardin d’Acclimatation! En provenance directe d’un Orient lointain et mystérieux, elles portent des sacs Vuitton, Christian Dior – fées des Mille et Une Nuits qu’aurait choisies pour son illustration l’élégance « à la française » portée au monde par LVMH.

C’est dire l’harmonie qui règne dans ce coin de Paris, placé sous le signe de la création et du mécénat! Ici les amateurs d’art, les familles, la diversité sont à l’honneur, et un peu mieux traités que par madame Hidalgo qui n’a à son actif que les salles de shoot, la valse des drogués Porte de La Chapelle, les pistes cyclables défoncées, le mobilier urbain biodégradable. Et un bouquet, certes inoubliable, de « Tulipes ». Bref, la Fondation et l’Acclimatation sont parfaitement assorties, elles forment système, et on est là pour en profiter.

On sait aussi qu’à la « FLV », la Russie et les Russes ne sont pas mal vus. Vladimir Poutine est quand même un autocrate sanguinaire. Il a des ambitions hégémoniques, il s’exhibe torse nu à la chasse aux ours, il envoie les femmes libérées en prison. Mais rien de tout cela n’est mis sur le tapis à la FLV, ici point de débat fâcheux et galvaudé, et même on se félicite, de l’exposition Chtoukine à l’exposition Morozov, du long compagnonnage entre nos histoires, nos cultures, allant jusqu’à les faire « dialoguer ». Reconnaissance éternelle pour cela. [...]

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