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Anne Brassié : perle de réac

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Publié le

12 avril 2021

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Avec un esprit frondeur qui bien souvent fait du bruit, et une plume efficace, Anne Brassié rédige la première biographie de l’écrivain-paria Brasillach à tout juste 35 ans. Mais le parcours de cette étonnante optimiste ne s’arrête pas là.
Brassouille

J’étais étudiante en 68, et je t’assure que c’était vraiment le foutoir », commence-t-elle de but en blanc, avec le langage fleuri qu’on lui connaît parfois. Étudiante en lettres à Nanterre, issue d’une famille normande traditionnelle, rien ne l’avait vraiment préparée à voir Daniel Cohn-Bendit défiler à la tête d’un cortège de trotskystes dans les couloirs de sa faculté. « Les élèves ont viré les profs des salles de classe et ils ont même mis le doyen Paul Ricœur à la poubelle, littéralement ! » se souvient-elle. Avec une pointe d’amertume. Anne Brassié n’est pas du genre à se laisser impressionner, aussi se présente-t-elle aux élections étudiantes pour contrer la vague rouge : « Je me suis assez vite révoltée contre ce climat de terreur, contre les oukases du moment ». C’est peut-être la raison pour laquelle elle choisit Robert Brasillach comme sujet de mémoire : par esprit frondeur. « Mais aussi parce que Comme le Temps Passe est un des meilleurs romans que j’ai lus. Un vrai roman générationnel, qui parle de l’Europe, d’une enfance épargnée, puis de la confrontation forcément fatale avec la réalité de l’avant-guerre ».

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Brasillach fut un émerveillement tout autant qu’une porte d’entrée vers d’autres auteurs illustres : Corneille, Giraudoux, Anouilh, qui lui donnent un goût immodéré pour le style. Après une courte carrière d’enseignante, elle décide de frapper à la porte des maisons d’édition et commence par rédiger quelques notices biographiques, puis des quatrièmes de couverture où elle entraîne sa plume à l’efficacité. Elle se lance à 35 ans dans l’ouvrage qui la fera connaître : un livre-somme sur Brasillach. En pleine miterrandie, il fallait le faire. C’est la première biographie d’importance consacrée à l’écrivain-paria et elle fait grand bruit dans le petit monde des lettres parisiennes, en particulier après un passage remarqué dans Apostrophes. Vêtue entièrement de rouge, entourée en partie d’une poignée de cacochymes moralisateurs, elle brille déjà par son impertinence et vole dans les plumes de Gilles Perrault, qui se vante un peu vite d’avoir aidé la résistance. « Après cela, j’ai été traitée de tous les noms », s’amuse-t-elle. Heureusement, une partie des critiques sont dithyrambiques et l’encouragent à poursuivre son travail de biographe, notamment sur le trop méconnu Jean de la Varende (illustre Normand lui aussi) ou sur sainte Anne.

Une aventure qui durera 30 ans, pendant lesquels elle côtoie quelques grands esprits de la droite radicale : Serge de Beketch, Dominique Venner, Philippe Conrad

Son apparition fracassante chez pivot lui permet d’être remarquée par Jean Ferré, qui l’engage pour animer une émission littéraire sur le média qu’il vient de fonder, radio courtoisie. Une aventure qui durera 30 ans, pendant lesquels elle côtoie quelques grands esprits de la droite radicale : Serge de Beketch, Dominique Venner, Philippe Conrad. « Tous ces gens faisaient leur travail dans un réel esprit de combat », conclut-elle nostalgiquement. Entretemps Anne co-écrit avec Stéphanie Bignon un des premiers essais antiféministes, Cessez de nous libérer, qui délie les langues et relie les femmes à leur rôle sacré. Aujourd’hui elle est à la tête d’une émission culturelle sur TV Libertés, où elle s’intéresse aussi au cinéma et à la peinture. « Ce fut une aubaine pour moi qui voulais élargir un peu mes activités ». Et depuis sept ans, on peut dire qu’Anne se démène pour défricher des talents et donner leur chance à des artistes passés sous silence. « Un vrai chien chercheur de truffes ! » s’exclame-t-elle avec un rire de jeune fille.

« On doit chercher l’éternité dans chaque moment qui passe. Tout ce qui est éphémère n’a aucun intérêt, un plaisir de feuille morte. Si être réactionnaire, c’est réagir contre la laideur et le mensonge, alors je le suis.

Une carrière profuse tout en maintenant une trajectoire invariée, y compris dans un monde qui fléchit jour après jour: « Oui, il y a un rétrécissement terrifiant du font de la liberté, un abêtissement des populations, mais je reste optimiste. D’abord par éducation : nous avons un devoir d’optimisme ». À l’heure où la crise sanitaire menace nos libertés, Anne y voit plutôt une aubaine : « Ils veulent nous empêcher de voyager ailleurs ? Tant mieux. La France est inépuisable. Elle est tellement importante culturellement, qu’on en a pour cinq vies à la parcourir. Le virus est une extraordinaire expérience de vérité ». À l’écouter, on en deviendrait presque serein, car sa dissidence, elle la puise avant tout dans la foi. « On doit chercher l’éternité dans chaque moment qui passe. Tout ce qui est éphémère n’a aucun intérêt, un plaisir de feuille morte. Si être réactionnaire, c’est réagir contre la laideur et le mensonge, alors je le suis. Je suis toujours sidérée par l’oubli des racines qui prévaut à notre époque. Aujourd’hui, mon souci principal est de redonner la main à la cohorte d’ombres du passé ».

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