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Anne Brassié : perle de réac

Avec un esprit frondeur qui bien souvent fait du bruit, et une plume efficace, Anne Brassié rédige la première biographie de l'écrivain-paria Brasillach à tout juste 35 ans. Mais le parcours de cette étonnante optimiste ne s'arrête pas là.

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© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

J’étais étudiante en 68, et je t’assure que c’était vraiment le foutoir », commence-t-elle de but en blanc, avec le langage fleuri qu’on lui connaît parfois. Étudiante en lettres à Nanterre, issue d’une famille normande traditionnelle, rien ne l’avait vraiment préparée à voir Daniel Cohn-Bendit défiler à la tête d’un cortège de trotskystes dans les couloirs de sa faculté. « Les élèves ont viré les profs des salles de classe et ils ont même mis le doyen Paul Ricœur à la poubelle, littéralement ! » se souvient-elle. Avec une pointe d’amertume. Anne Brassié n’est pas du genre à se laisser impressionner, aussi se présente-t-elle aux élections étudiantes pour contrer la vague rouge : « Je me suis assez vite révoltée contre ce climat de terreur, contre les oukases du moment ». C’est peut-être la raison pour laquelle elle choisit Robert Brasillach comme sujet de mémoire : par esprit frondeur. « Mais aussi parce que Comme le Temps Passe est un des meilleurs romans que j’ai lus. Un vrai roman générationnel, qui parle de l’Europe, d’une enfance épargnée, puis de la confrontation forcément fatale avec la réalité de l’avant-guerre ».

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Brasillach fut un émerveillement tout autant qu’une porte d’entrée vers d’autres auteurs illustres : Corneille, Giraudoux, Anouilh, qui lui donnent un goût immodéré pour le style. Après une courte carrière d’enseignante, elle décide de frapper à la porte des maisons d’édition et commence par rédiger quelques notices biographiques, puis des quatrièmes de couverture où elle entraîne sa plume à l’efficacité. Elle se lance à 35 ans dans l’ouvrage qui la fera connaître : un livre-somme sur Brasillach. En pleine miterrandie, il fallait le faire. C’est la première biographie d’importance consacrée à l’écrivain-paria et elle fait grand bruit dans le petit monde des lettres parisiennes, en particulier après un passage remarqué dans Apostrophes. Vêtue entièrement de rouge, entourée en partie d’une poignée de cacochymes moralisateurs, elle brille déjà par son impertinence et vole dans les plumes de Gilles Perrault, qui se vante un peu vite d’avoir aidé la résistance. « Après cela, j’ai été traitée de tous les noms », s’amuse-t-elle. Heureusement, une partie des critiques sont dithyrambiques et l’encouragent à poursuivre son travail de biographe, notamment sur le trop méconnu Jean de la Varende (illustre Normand lui aussi) ou sur sainte Anne[...]

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