Beaucoup de commentaires ont suivi les élections municipales de 2020. La plupart d’entre eux se sont concentrés sur les victoires remportées par les écologistes dans les villes de plus de 100 000 habitants : Marseille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Besançon, Tours, Annecy et Grenoble. Les plus lucides y ont démasqué un numéro de prestidigitation qui, du chapeau socialo-communiste, faisait subrepticement sortir un petit oiseau vert. Et, de fait, ces listes baptisées écologistes étaient bien, selon la formule de Charles Pasqua, des listes « pastèques » : vertes à l’extérieur, rouges à l’intérieur.
Un moyen habile pour la gauche socialiste et l’extrême gauche communiste de se refaire une santé sous le masque écologiste, souvent réduit à la seule tête de liste. Et de surfer sur la peur de la Covid pour fédérer suffisamment d’électeurs angoissés sous un habillage hygiéniste revisité et agrémenté, pendant le confinement, par la redécouverte du vélo et les thèmes animaliers. De telles analyses sont sans aucun doute pertinentes, surtout si on y ajoute, le plus souvent, le rejet d’équipes sortantes décrédibilisées et pourvoyeuses de gros contingents d’abstentionnistes. Elle néglige pourtant ce qui pourrait être la leçon essentielle du scrutin. Car, sous le petit oiseau vert, le fond du chapeau dissimule une autre réalité beaucoup plus troublante, celle de l’islamisme militant.
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Explication à partir de la situation observée par exemple à Colombes, ville des Hauts-de-Seine forte d’un peu plus de 85 000 habitants. Tout en effet laissait penser que, dans cette ville, en pleine transformation, donnée par l’IFRAP comme la ville moyenne la mieux gérée de France, la municipalité de droite et du centre qui y dirigeait la mairie depuis 2014 l’emporterait facilement. Cela d’autant plus qu’arrivée en tête au premier tour, l’équipe sortante, donnée gagnante par les sondages, avait fusionné entre les deux tours avec une liste LREM, mobilisant, en tenant compte des électeurs des autres listes éliminées, un potentiel de voix d’environ 60%. Mais, au soir du second tour, le verdict des urnes, à la surprise générale, donnait un tout autre résultat, puisque la liste « écologiste », créditée de seulement 30% des voix au premier tour, l’emportait avec plus de 53% des suffrages ! Que s’était-il donc passé entre temps ?
Naturellement, il serait mensonger de passer sous silence les raisons purement politiques : l’âge du maire sortant, Nicole Goueta, entêtée à sa propre succession à 82 ans, femme courageuse, compétente et travailleuse, mais dépourvue de charisme et d’empathie ; la défection d’une partie des électeurs LREM se réfugiant au second tour dans l’abstention ou encore le désengagement civique des Colombiens des beaux quartiers partis en week-end, voire en vacances le 28 juin. Tout cela est vrai, mais ne peut expliquer les 1253 voix d’écart, d’autant plus que le pourcentage considérable d’abstentionnistes (58%) est exactement le même au premier et au second tour, seuls les bulletins blancs (4%) doublant par rapport au premier tour (2,53%). Pour vraiment comprendre le résultat, il faut regarder avec soin les chiffres des différents bureaux de vote dans une ville fortement divisée entre des quartiers nord à forte proportion de logements sociaux et d’électeurs musulmans et les quartiers sud dominés par une zone pavillonnaire au peuplement bourgeois.
C’est ainsi que les personnes qui tenaient ces bureaux de vote ont vu fondre soudainement à l’entrée de ceux-ci, et en l’espace de deux ou trois heures, une clientèle communautaire, dûment encadrée et chapitrée, pour apporter à l’ « écologie » des scores inouïs de 80%.
Or, si dans la plupart des 48 bureaux de vote, aucune des deux listes en présence ne dépasse les 65% et si, de ce fait, les écarts en voix restent limités, la liste de droite arrivant en tête dans la moitié d’entre eux, 5 bureaux de vote seulement se révèlent totalement atypiques puisque la liste de gauche y obtient entre… 75 et 82% : 75% à Ambroise Paré élémentaire, 78% à Charles Péguy élémentaire 2, 80% à Simone Veil, 81% à Camille Claudel maternelle et 82% à Buffon, scores jamais atteints dans ces secteurs par un courant politique. Au premier tour, dans ces bureaux de vote, la même liste de gauche avait obtenu respectivement 49%, 45%, 49%, 39% et 41% soit une progression entre les deux tours de 26%, 33%, 31%, 42% et 41% contre une progression moyenne pour l’ensemble de la ville de 23%.
À eux seuls, ces 5 bureaux de vote permettent à la gauche de distancer la droite de 1363 voix, c’est-à-dire d’expliquer sa victoire. Mais, surtout, ces secteurs, où l’électorat musulman issu de l’immigration est déjà dominant, ont fait l’objet dans les heures précédant immédiatement le vote, en particulier à partir du vendredi, d’une campagne de porte-à-porte ciblant spécifiquement cet électorat, venu voter en masse et par groupes entiers d’affinité, le dimanche dans l’après-midi. C’est ainsi que les personnes qui tenaient ces bureaux de vote ont vu fondre soudainement à l’entrée de ceux-ci, et en l’espace de deux ou trois heures, une clientèle communautaire, dûment encadrée et chapitrée, pour apporter à l’ « écologie » des scores inouïs tournant autour de 80%.
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Qui était à la manœuvre ? Toute la campagne avait illustré la connivence entre les candidats de gauche, dont environ le tiers était musulman, et les électeurs gagnés à la supériorité de la charia sur la loi française. Au cœur de cette connivence, l’influence indiscutable des Frères musulmans qui, à la différence des salafistes, prônent un islam politique et pratiquent systématiquement l’entrisme dans les partis traditionnels. Mais aussi, des non-musulmans, déjà adeptes de la soumission si bien décrite par Houellebecq dans son roman prophétique, et dont le laïcisme de façade dissimule une haine recuite contre la culture française en général et les valeurs chrétiennes en particulier. Parmi eux, l’aile la plus radicalisée de EELV qui est noyautée par ces « compagnons de route » du Coran, auquel plusieurs sont déjà gagnés sinon convertis.
L’exemple colombien dévoile la stratégie d’EELV : dénonciation par les prétendus « écologistes » des violences policières, soutien aux manifestation pro-Traoré, promesse d’une nouvelle mosquée confiée à des partisans d’un islam de combat, décision d’accueillir de nouveaux migrants, célébration d’une nouvelle identité multiculturelle apte à fonder une société inclusive, assimilation à l’extrême droite de tout discours patriotique. Ainsi s’explique notamment le soi-disant dérapage verbal du nouveau maire de Colombes lorsque, quelques jours après son élection, il assimile l’action de la police française dans « sa chasse aux migrants » à celle de la police de Vichy dans la rafle du Vel d’Hiv et conduit le ministre de l’Intérieur à déposer plainte contre lui.
Loin d’une maladresse involontaire, il s’agit bien au contraire d’une expression délibérée de cet « islamo-gauchisme » et d’un renvoi d’ascenseur à cette nouvelle base électorale qui peut fournir à la gauche « écologiste » sa nouvelle base politique et son prolétariat de substitution.
Loin d’une maladresse involontaire, il s’agit bien au contraire d’une expression délibérée de cet « islamo-gauchisme » et d’un renvoi d’ascenseur à cette nouvelle base électorale qui, après la désertion des ouvriers et des employés, peut fournir à la gauche « écologiste » sa nouvelle base politique et son prolétariat de substitution. Base électorale qui se trouve aujourd’hui aux commandes de la mairie de Colombes, puisque la quasi-totalité des postes du cabinet municipal a été confiée à des musulmans, très représentatifs d’une avant-garde qui n’est plus celle du prolétariat, cher à Marx, mais de l’islam politique. C’est par cette doxa que la fraction de l’électorat musulman sensible aux sirènes des Frères musulmans, notamment parmi les plus jeunes naturalisés d’office par l’aberrant « droit du sol » et disposant dès lors du droit de vote dans un pays dont ils récusent les lois, a été pour la première fois poussé massivement vers les urnes. Mais c’est aussi la responsabilité de nos nouveaux « apprentis-sorciers » de gauche d’avoir fait prendre conscience à cette clientèle de son poids électoral qui, jusqu’alors, lui était largement inconnu.
Ce poids électoral peut-il avoir aussi des conséquences nationales ? L’élection présidentielle de 2022 en sera-t-elle la traduction ? Sous réserve d’une réaction de la partie encore saine de nos concitoyens, et compte-tenu des provocations auxquelles se livreront dans doute nos « islamo-gauchistes » dans les prochains mois, un retour de flammes est certes envisageable et le pire n’est pas sûr. Mais à entendre certains propos, y compris dans les milieux centristes, on peut craindre également qu’au nom d’un principe qui émerge de plus en plus, celui de la « bienveillance », la dérive ne s’accentue. Pour d’aucuns, l’électoral islamiste ne serait finalement qu’une tendance aussi légitime que toute autre à se faire entendre. Ses quelques six millions de pratiquants, plus nombreux que les catholiques engagés, constitueraient un groupe de pression incontournable. Et à condition d’en faire de bons Français républicains, leur contribution au débat démocratique serait la bienvenue. Les catholiques eux-mêmes, argumentent insidieusement nos bons esprits, n’ont-ils pas mis longtemps à admettre la République ?
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Évidemment, ces assertions, qui ne sont que le prétexte à un désarmement intellectuel, moral et spirituel, à une capitulation en rase campagne et à des combats qu’on ne veut pas livrer, ne peuvent convaincre que les sots. Faut-il rappeler qu’en dépit des terribles divisions provoquées autour de la loi de 1905 et le refus du peuple catholique de se plier aux diktats des loges et de leur laïcisme militant, la Première Guerre mondiale vit combattre côte-à-côte francs-maçons, républicains modérés et catholiques pour le salut de leur commune patrie, dans un magnifique sursaut de réconciliation nationale qui permit à la paix religieuse de se rétablir à partir de 1919 ? Faut-il rappeler aussi que les Français musulmans qui combattirent avec tant de vaillance à leurs côtés ne revendiquaient alors aucun séparatisme au sein de la nation et qu’en hommage au sang qu’ils avaient versé l’État finança en complète dérogation avec la loi de séparation la construction de la Grande mosquée de Paris ?
Comment comparer ces évènements avec ceux d’aujourd’hui où, sur fond de repentance d’une part et de volonté de conquête islamiste d’autre part, la donne est fondamentalement différente, puisqu’une partie des musulmans de France, dont on peut espérer qu’elle n’est pas majoritaire, considère que la seule communauté de référence n’est pas la nation mais l’oumma ? Ce qui est aujourd’hui en cause ne sont rien moins que deux conceptions opposées du Bien commun, car ni le Bien ni la communauté ne correspondent aux mêmes définitions.
Quelle situation est-elle alors imaginable en 2022 ? Emmanuel Macron, sauf accident de parcours, sera à nouveau candidat. Toutes les études électorales disponibles aujourd’hui situent son plafond aux alentours de 22%. Et, comme Marine Le Pen sera certainement aussi candidate avec un potentiel d’au moins 25%, il suffira donc d’une troisième personnalité susceptible de réunir plus de 22% sur son nom pour se qualifier pour le second tour et l’emporter au nom du fameux barrage « anti-fasciste ».
Et, ce jour-là, la société française sera sous influence islamiste sans qu’un seul coup de fusil n’ait été tiré et sans qu’aucun chantage terroriste n’ait à s’exercer.
Qui est en mesure de figurer dans ce rôle ? Le déclin des Républicains ne laisse guère place qu’à un candidat écologiste, ralliant à lui non seulement le reste de la gauche, une grande partie des « bienveillants » centristes et les inévitables « bobos » de tous poils, mais d’abord l’électorat musulman le plus radical, au prix de promesses favorables au communautarisme religieux et sous couvert, bien sûr, de la fable d’une « société apaisée » aux « identités multiples », sauce inclusive, à destination d’un certain nombre d’esprits faibles prêts à tout gober pour continuer à vivoter au rythme d’une médiocrité imbécile, comme ce « bétail doux, poli et tranquille » évoqué par Saint-Exupéry dans sa lettre du 30 juillet 1944.
Et, ce jour-là, la société française sera sous influence islamiste sans qu’un seul coup de fusil n’ait été tiré et sans qu’aucun chantage terroriste n’ait à s’exercer. À moins que… ne se produise enfin, au-delà des clivages partisans ordinaires, le sursaut national d’un peuple français tiré de sa torpeur civique par un chef politique qui saura fédérer autour de lui, du Rassemblement national à la gauche patriote et des Républicains à leurs transfuges d’En Marche, tous ceux qui refusent d’abdiquer leur liberté et leur culture, leur histoire et leur avenir.
Par Louis Daujarques





