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Défaite des mères

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Publié le

27 mai 2022

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« Ta maman a tout fait pour toi… Le Maréchal te demande de la remercier », titrent les affiches de propagande de la politique familiale du régime de Vichy au mois de mai 1941. Quatre-vingts ans après, certains s’acharnent à détruire cette fête forte de symboles, la remplaçant par « la fête des gens qu’on aime ». Pourtant, depuis toujours et jusqu’à la fin des temps, tous les hommes de toutes les civilisations ont eu ou auront une mère. Faut-il encore la fêter ?
fête des mères

Aux origines de cette fête

Nombreux escobars font remonter cette fête au régime de Vichy pour mieux la décrédibiliser. Et pourtant, le sentiment quasi-religieux pour la mère de famille trouve son fondement aux principes même de l’Antiquité, dans les civilisations grecques et romaines, que ce soit la figure maternelle de la titanide Rhéa ou la fête des Matraliae, journée durant laquelle les femmes et mères de famille étaient honorées et couvertes de cadeaux.

Dans des temps plus récents, c’est aux États-Unis que la fête des mères fait son apparition en 1905, tandis que les prémices d’une telle cérémonie arrivent en France en 1897 quand l’Alliance nationale contre la dépopulation donne l’idée d’une fête en l’honneur de la maternité.

Ah ! il est loin ce bon vieux temps où le gouvernement reconnaissait la mission extraordinaire de la femme sans vouloir l’assimiler à celle de l’homme

C’est en effet par la suite, dans le cadre de la politique familiale de Vichy, que la fête des mères prend une ampleur qu’elle a conservée jusqu’à aujourd’hui. Sous l’impulsion du Maréchal, elle devient une célébration quasi-liturgique, et tous les Français sont incités à célébrer la maternité. En 1942, le maréchal Pétain s’adresse à la radio aux femmes en ces termes : « Vous seules savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui font les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne ». Ah ! il est loin ce bon vieux temps où le gouvernement reconnaissait la mission extraordinaire de la femme sans vouloir l’assimiler à celle de l’homme. En 1950, une loi fixe la fête des mères au quatrième dimanche du mois de mai pour l’ensemble du pays.

Lire aussi : Jean-Baptiste Nouailhac : « Il est essentiel de renouer ce lien entre la famille et l’école »

Au cœur de la polémique

Depuis maintenant quelques années, puisque la polémique semble remonter à 2016, certaines maîtresses d’école veulent remplacer la traditionnelle fête des mères par « la fête des gens qu’on aime ». L’objectif est, selon Le Parisien de « prendre en compte la situation des enfants dont un parent est décédé, ceux des couples homoparentaux ou encore de ne pas contraindre les petits victimes de violences de la part de lun de leurs parents à lui fabriquer quelque chose ».

Dans cette ligne donc, il faut transformer l’exception en norme et la règle en particularité

Il s’agit donc d’être plus inclusif en refusant tout ce qui pourrait être assimilé à de la discrimination. Ce combat ne date pas d’aujourd’hui puisqu’il a été marqué par le changement de Noël en fête de fin d’année et de Pâques en vacances de Printemps afin de ne pas contrarier le non-catholiques. Dans cette ligne donc, il faut transformer l’exception en norme et la règle en particularité. Ce n’est plus au cercle de s’ouvrir pour accueillir le disparate mais c’est le pluriel qui doit se conformer au cas singulier.

Certains parents ont reçu un mail de la crèche, évoquant la palinodie : « La famille évolue beaucoup et nous tenons à apprendre aux enfants que chacun est différent et que cest cela la richesse de nos échanges ». Il faut en permanence s’adapter aux mutations sociétales des individus refusant la norme, et exclure la majorité au nom de l’inclusion des minorités. Pourtant, cette majorité, elle l’est par une réalité aux principes de l’humanité.

Lire aussi : Revue Dynastie : « Nous voulons montrer comment les familles font l’histoire »

Au-delà de la fête, cest la mère qui est tuée

Certains se réjouissent de la place qui leur est faite par l’instauration d’une fête « de ceux qu’on aime » mais ce n’est qu’une exception, d’autres ayant une vision plus profonde de cette révolution. Pour Fanny Cohen-Herlem, pédopsychiatre, détrôner cette fête, « c’est tuer la figure de la mère, or tous les enfants en ont une ». Alors que le taux de natalité enregistré en 2019 est le plus faible en France depuis 1917, malgré les familles nombreuses aux origines très peu françaises, nos gouvernants continuent à déshonorer le rôle de la mère de famille, allant jusqu’à remettre en cause sa fête au nom de l’ouverture aux familles monoparentales et homoparentales.

Nous aurions beau inventer tous les phantasmes possibles, le réel nous rattrapera toujours : chaque homme a été mis au monde par une mère

La fête des mères n’intéresse plus, elle n’a pas l’attrait commercial de la saint Valentin et surtout elle rappelle trop que nous aurions beau inventer tous les phantasmes possibles, le réel nous rattrapera toujours : chaque homme a été mis au monde par une mère et c’est cet acte d’amour que l’enfant chante en lui offrant un collier de coquillettes, un bouquet de fleurs ou une étoile en pâte à sel le dernier dimanche du mois de mai.

Maurice Genevoix l’avait écrit : en tombant, le soldat pousse un dernier cri, « maman ». Le souvenir éternel de celle qui l’a mis au monde ne saura être renversé au profit d’une ouverture aux pseudo-minorités qui aujourd’hui pèsent bien plus que la norme dans la balance politique. Alors, disons le haut et dort, bonne fête à toutes les mères de famille !

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