Plus qu’un répertoire, c’est une tentation. Quel chanteur n’a pas succombé au charme de la chanson classique napolitaine ? Depuis Enrico Caruso, à l’aube du XXe siècle, les ténors s’invitent avec gourmandise dans cet univers de mélodies au parfum populaire développé dans une écriture savante. Pour beaucoup, il s’agit d’un jalon presque nécessaire à ajouter à la discographie une fois atteint, voire dépassé, le sommet de leur carrière. À vrai dire, plus personne n’a trouvé le ton juste dans « Marechiare » ou « Dicitencello vuje » après Mario Lanza, la star dont l’aura hollywoodienne révoltait les snobs, dosage parfait de soufre populaire et de noble « sprezzatura ». Même l’immense Franco Corelli n’atteint une touchante profondeur qu’au prix d’un effort rhétorique.
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C’est en hommage à ce dernier qu’un jeune prodige anglo-italien vient d’oser un choix inédit : débuter sa carrière discographique par les tubes que les autres gardent pour la maturité. Sûr d’un talent hors-norme, Freddie De Tommaso livre un florilège épatant où la chanson napolitaine côtoie de plus rares mélodies italiennes. On imagine bien sa voix sombre et corsée résonner à l’ombre des pinèdes de Virgile. Sa vaillance héroïque est déjà celle d’un grand ténor, au timbre latin, à l’élan généreux, capable d’alléger, de nuancer, de soigner le phrasé sans artifice. Certes, seule la scène fournira la preuve définitive. Mais en attendant ses prises de rôle, laissez-vous séduire par les premières lueurs d’une nouvelle étoile.






