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HEC à l’heure de la diversité

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Publié le

14 mai 2021

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Après l’ENA, HEC. Adoucissement des épreuves de sélection, inclusion et diversité, cours et formations pour prévenir des agressions sexuelles : tout y passe pour conformer HEC à l’air du temps, en témoignent les propos du nouveau DG de l’école, Ëloic Peyrache.

Eloïc Peyrache, le directeur général d’HEC, a donné aux Echos une interview publiée le 11 mai dernier à propos de nouvelles mesures qui devront permettre une plus grande accessibilité pour les boursiers de l’école des Hautes Etudes Commerciales de Paris. Un discours qui par sa volonté de réforme tournée vers l’accélération des « enjeux de diversité et d’ouverture sociale » avait un petit air de déjà-vu, alors qu’Emmanuel Macron déclarait début avril qu’il fallait appliquer à l’ENA – ou devrait-on désormais dire l’ISP – une sélection de « profils moins déterminés socialement ».

Faites entrer la diversité

Première volonté mise en avant, permettre aux « étudiants boursiers sur critères sociaux » de constituer 20 % des élèves « d’ici deux à trois ans », puis de passer à un quart de la totalité des étudiants. Comment cela sera-t-il possible ? En passant bien évidemment par les concours de sélection : les candidats auront droit à des « points de bonification », avantage non négligeable qui pourra se réitérer si ces derniers sont amenés à passer les examens une seconde fois. Attention à la nuance, seuls les boursiers sur critères sociaux en bénéficieront. Ce privilège a quelque peu fait polémique parmi les étudiants puisqu’il pose inévitablement des problèmes de légitimité, d’injustice et de mérite.

« Il y a toujours le sujet de la stigmatisation… Mais il n’y a aucune raison d’avoir peur de cette mesure. Nous assumons pleinement ce maintien des bonifications »

Mais celui qui avait été nommé à l’unanimité par le comité d’HEC n’en démord pas : « Il y a toujours le sujet de la stigmatisation… Mais il n’y a aucune raison d’avoir peur de cette mesure. Nous assumons pleinement ce maintien des bonifications ». Dans cette même optique, l’épreuve de culture générale connaîtra quelques modifications : pas d’allègement – entendons-nous – mais des sujets « plus abordables ». Ainsi sera favorisée « l’analyse » plutôt que la « culture générale », car jugée hautement plus accessible. Il ne faudrait pas risquer « qu’ils soient secs sur un sujet qu’ils [les étudiants boursiers] ne comprennent pas ». Autrement dit, qui n’a pas la connaissance suffisante pour intégrer HEC aura la possibilité de passer tout de même entre les mailles du filet.

Insatiable ritournelle progressiste

Il ne fallait pas non plus déroger aux inévitables lubies du moment, pour lesquelles le fraîchement nommé DG – depuis cinq mois à peine – a ajouté vouloir « aller plus loin ». C’est là que va débouler la militante acharnée Caroline de Haas, et avec elle l’objet de sa fierté de féministe : le groupe Egaé. Agissant « en prévention des violences sexistes et sexuelles », il interviendra auprès des victimes de harcèlement pour qu’elles puissent « s’exprimer en toute confidentialité » et « libérer la parole ».

Lire aussi : Affaire Sciences Po Grenoble : un rapport accuse l’extrême gauche étudiante

Caroline de Haas deviendra « responsable de la formation de nos différents élèves, du comité de direction et des professeurs » explique Eloïc Peyrache. Cerise sur le gâteau, alors qu’une enquête de Médiapart qui titrait « Humiliations sexuelles, homophobie, sexisme : voyage au sein des grandes écoles de commerce française » avait fait scandale en janvier avec photos et vidéos à l’appui, des cours obligatoires seront dispensés sur le racisme, le harcèlement et les violences sexuelles, comme un rempart-prétexte préventif aux éventuelles accusations futures – habile, car accuser de tout et de rien est à la mode. Malheur à l’étudiant un peu trop festif qui, pris de paresse après une soirée bien arrosée, osera sécher son cours du matin, courant dès lors le risque d’être accusé et lynché pour n’avoir pas adhéré à la cause.

Presse mainstream, politique et grandes écoles : quelles institutions ne sont pas encore rongées par cette maladie toxique qui s’infiltre dans ses moindres fissures ? S’ils ne sont pas embrigadés dès le berceau ou entre deux collages de gommettes à la maternelle, les étudiants n’échapperont plus à la gangrène qui sévit partout, et qui fera de ces futurs responsables – si ce n’est déjà le cas – de parfaits toutous bien apprivoisés à la diversité, récitant correctement leurs leçons pseudo libertaires.

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