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Affaire Sciences Po Grenoble : un rapport accuse l’extrême gauche étudiante

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Publié le

14 mai 2021

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Un rapport tout à fait intéressant vient de livrer son verdict sur l’affaire Sciences Po Grenoble. Si les professeurs accusés d’islamophobie ont été heureusement innocentés, la gauche étudiante et ses pratiques sont, elles, sévèrement mises en accusation.
Grenoble

L’affaire avait fait grand bruit en mars, un mois seulement après que le ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait publiquement dénoncé l’islamo-gauchisme. À Sciences Po Grenoble, des étudiants avaient nommément affiché les noms de deux professeurs accusés d’islamophobie et de fascisme, provoquant un tollé médiatique alors que l’affaire Paty n’était pas vieille de six mois.

Si l’enquête de police pour déterminer l’identité des poseurs d’affiches est toujours en cours, l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igésr) a remis le vendredi 7 mai un rapport à madame Vidal. Objectif : établir les responsabilités et apaiser le « climat délétère » au sein d’un IEP secoué par cette « controverse entre enseignants sur un sujet très sensible », nourrie « d’incompréhensions, de blessures d’amour-propre, de rancœurs, rancunes, voire de volonté de revanche » et vite transformée « en un conflit disproportionné » par des failles à tous les étages.

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Long de 55 pages, le rapport retrace minutieusement le déroulé des événements. L’affaire débute en novembre : le professeur d’allemand Klaus Kinzler est alors taxé d’islamophobie pour avoir questionné la mise sur le même plan de l’islamophobie avec l’antisémitisme et le racisme dans le cadre d’une « semaine pour l’égalité et la lutte contre les discriminations ». Il entame une controverse ouverte par mail (nombre d’étudiants sont dans la boucle) avec une collègue, auprès de laquelle il s’excuse ensuite à la demande de la direction. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais sa collègue continue de protester et cherche à « obtenir le prononcé d’une sanction » à son encontre. Elle s’en remet alors à la directrice du laboratoire de recherche de l’école, Anne-Laure Amilhat Szary, pointée du doigt dans le rapport. En cause, un communiqué du 7 décembre qui explique que « nier, au nom d’une opinion personnelle, la validité des résultats scientifiques d’une collègue et de tout le champ auquel elle appartient, constitue une forme de harcèlement et une atteinte morale violente ». Impeccable méthode pour « marginaliser » le réfractaire au sein de l’établissement.

Des professeurs jugés maladroits mais innocentés

Début janvier, les élus étudiants de l’Union Syndicale entrent dans le bal et lancent une « campagne virulente » contre le professeur, faisant des pieds et des mains pour inciter la direction de l’IEP « à statuer sur son cas » et à « prendre des mesures pour lutter contre l’islamophobie dans l’établissement ». La cabale étudiante se dirige en même temps vers un second professeur, Vincent Tournier, qui a soutenu Klaus Kinzler dans l’affaire précédente et qui est dénoncé pour son approche critique de l’islam. L’US se répand sur les réseaux sociaux, réclamant la suppression de son cours et lançant un « appel à témoignages » anonymisé pour réunir des billes contre les deux professeurs. Le 4 mars, leurs noms sont placardés sur les murs de l’école (et de fait, une cible apposée sur leur dos).

Les inspecteurs ont noté chez les représentants de l’US « une condamnation sans appel de la présomption d’innocence, outil d’une justice de classe, qui muselle la parole des victimes et sert uniquement à perpétuer l’ordre établi, alors que seule la parole des victimes devrait « compter » »

Pour les auteurs du rapport, « tous les acteurs de cette affaire ont commis des erreurs d’appréciation, des maladresses, des manquements et fautes ». Aux professeurs, il est reproché de s’être épanchés publiquement sur leurs désaccords plutôt que de les régler en interne, et à Klaus Kinzler d’avoir alimenté la controverse en parlant ironiquement de « petits ayatollahs en germe » et de lui-même comme d’« un enseignant « en lutte », nazi de par ses gènes, islamophobe multirécidiviste, recherché intensément par la branche islamo-gauchiste d’Interpol Grenoble ». Les inspecteurs pointent aussi du doigt une direction sans expérience et ayant manqué de fermeté avec tous les acteurs et à toutes les étapes pour enrayer l’infernal processus.

Les deux professeurs n’en sortent pas moins blanchis des accusations. D’abord parce qu’« aucun élément dans les multiples pièces collectées, ni aucun témoignage ne permettent d’accréditer les rumeurs d’islamophobie ». Ensuite parce qu’« il ne fait pas de doute que ce sont les accusations d’islamophobie […] et de fascisme diffusées une première fois sur les réseaux sociaux par ‘Sciences Po Grenoble en lutte’, puis relayées ou diffusées de manière réitérée sur les réseaux sociaux par l’US » qui ont conduit « à l’événement déplorable du 4 mars ». Sont requis à leur endroit un rappel à leurs obligations de fonctionnaires et une mise en garde sévère pour l’avenir.

La gauche étudiante mise en accusation

Là où le texte devient tout à fait intéressant (et ce n’est pas chose courante), c’est qu’il met ouvertement en accusation les groupes étudiants – dont il est inutile de préciser qu’ils sont de gauche radicale – et leurs méthodes. La synthèse du rapport est on ne peut plus éloquente : « La mission a découvert qu’un climat de peur s’était installé depuis plusieurs mois parmi les étudiants de l’IEP du fait de cette utilisation par l’US d’accusations (graves, puisqu’il s’agit de délits, voire de crimes tels que le viol) diffusées sur les réseaux sociaux contre tous ceux qui ne lui semblent pas partager ses positions ».

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Le corps du texte est plus accablant encore puisqu’il dresse le portrait-robot de l’extrême gauche et de ses vieux relents totalitaires. D’abord, un faible souci des libertés fondamentales : « La mission a été surprise de constater leur manque d’intérêt marqué à l’égard des règles applicables en matière de droit au respect de la vie privée, en matière de conditions d’exercice des libertés individuelles, ou encore de respect des droits de la défense », et parle d’une « attitude surprenante de la part d’étudiants bien avancés dans un cursus de sciences politiques ». Plus intéressant encore, un penchant revendiqué pour la justice expéditive : les inspecteurs ont noté chez les représentants de l’US « une condamnation sans appel de la présomption d’innocence, outil d’une justice de classe, qui muselle la parole des victimes et sert uniquement à perpétuer l’ordre établi, alors que seule la parole des victimes devrait « compter » et se traduire immédiatement par des sanctions contre les auteurs pour que s’inverse le système qui actuellement conduit, selon eux, à « invisibiliser » (sic) les victimes ». Les réflexes de la gauche woke, indigéniste et islamo-gauchiste sont tout entiers là : le recours à la violence expéditive se trouve justifié dès lors que le système est suspecté de n’être que le masque de l’oppression bourgeoise-blanche-patriarcale-occidentale.

Cela ne pouvait qu’accoucher du délit d’opinion : « L’US a voulu en profiter pour exclure de l’IEP deux enseignants qui ne partagent pas ses opinions politiques. Comme l’ont dit tous les étudiants et un certain nombre d’enseignants avec lesquels la mission s’est entretenue : ‘en fait, ce sont les deux seuls profs de droite à l’IEP… ». Tout un programme, auquel les inspecteurs ne semblent pas goûter. Ils préconisent en réponse « sans attendre davantage une procédure disciplinaire à l’encontre de chacun des dix-sept élus étudiants de l’US dans les différentes instances de l’IEP ». Ne reste qu’à étendre leurs enseignements et recommandations à l’ensemble des campus, et la France en sortirait meilleure.

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