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La déraison comme conséquence du rationalisme

L’homme qui croit ne plus croire en rien croit en réalité en tout. Extension du domaine de la folie, sous nos yeux.

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© Illustration de Kévin Deneufchatel pour L'Incorrect

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ». Le mot de George Bernanos dans La France contre les robots est célèbre au point d’être devenu banal, ce qui n’ôte rien pourtant de sa profonde vérité : par tous les –ismes sortis de 1789, la personne humaine a été brutalement transformée en un individu délie de Dieu, de la tradition et de ses pairs, pour être réduit à sa pure réalité matérielle, et sur elle a été greffé un univers mental tout à fait inédit – le marché – ou ses mouvements n’avaient plus pour ressort que la raison individuelle, exercée a l’aune de deux impératifs catégoriques tout aussi inédits : la faim et les gains.

Et, à force de le lui avoir martelé, l’homme a un temps cru à cette bien funeste fable, dont la société d’affluence des Trente Glorieuses – et plus encore celle des années 1990 peut-être, car elle était pacifique – a été l’époque qui s’est le plus approchée de cet idéal d’absence d’idéaux. En tant qu’elle proposait de neutraliser le politique, la modernité libérale a chassé toute mystique.

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L’homme pourtant ne pouvait bien longtemps travailler à ce point contre sa nature, sociale et religieuse, sans qu’elle réapparaisse. Chesterton l’avait annoncé : « Quand les gens cessent de croire en Dieu, ils ne croient en rien. Et quand ils ne croient en rien, ils croient en n’importe quoi ». En déconstruisant la Vérité, le nihilisme n’a pas mis fin à la foi, il l’a simplement travestie et lui a permis d’investir mille autres terrains : beaucoup « croient » aujourd’hui à la platitude de la Terre, à l’existence des Martiens ou à la 5G comme l’on croyait jadis en Dieu. [...]

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