Skip to content

La fin de l’oxydant : plaidoyer pour un retour de l’occident chrétien (3/3)

Par

Publié le

26 août 2022

Partage

Pour éviter de mourir, l’Occident n’a d’autres choix que de renouer avec ses racines chrétiennes. Troisième article d’une série de trois.
la pieta

Il serait paradoxal que les chrétiens eux-mêmes, ceux du moins qui n’ont pas déjà vendu leur âme à ce monde, se montrent étrangers à ces interrogations, et plus encore à ces certitudes. Il leur faut au contraire redresser leur intelligence et leur cœur, reprendre le goût du « sel de la terre » (Mat., 5, 13), redécouvrir, au besoin, les racines vitales de leurs héritages, qui sont riches d’une puissance inouïe de résurrection.

Le christianisme est la seule force capable de s’opposer à la mort et aux énergies sociales qui la causent, parce qu’il est seul en mesure de proposer un sens authentique de l’Histoire et de la place de l’homme en elle, dans sa vie individuelle comme dans sa vie collective. 

Il importe donc de renouer en tous domaines, politique, éducatif, familial, avec des valeurs authentiquement chrétiennes, de les étudier, de les promouvoir, de les vivre et de les défendre résolument, sans rougir. « Tout restaurer dans le Christ », disait déjà saint Pie X à l’aube du XXe siècle. L’injonction, ne le voit-on pas ?, n’a fait que rajeunir et gagner en pertinence. Ces valeurs constituent la seule alternative viable à l’échec si dommageable et si patent d’un projet de société qui a, depuis le XVIIIè siècle, tablé sur leur destruction mais dont la parenthèse se ferme visiblement sur la mort de l’homme.

Il est plus que temps que nous nous désétourdissions et que nous réveillions en nous cette « pensée européenne » dans tous ses aspects civilisateurs pour lui donner, en effet, une « clarté nouvelle »

« Il faut – écrivait Ortega y Gasset en 1929 – que la pensée européenne projette sur toutes ces questions une clarté nouvelle. Elle est là pour ça […]. Et il faut qu’elle se hâte ou, comme dit Dante, qu’elle trouve une issue : “…hâtez le pas, tandis que l’Occident ne se noircit pas encore” ».

Cette « pensée européenne », c’est, de fait, la pensée chrétienne. L’Occident est cependant désormais largement ennoirci, jusqu’à être devenu inidentifiable aux yeux du plus grand nombre, tandis que la « pensée européenne » sommeille encore, alors qu’elle est « là pour ça », c’est-à-dire, hellénique, romaine et chrétienne, pour chasser cet enténèbrement. Il est plus que temps que nous nous désétourdissions et que nous réveillions en nous cette « pensée européenne » dans tous ses aspects civilisateurs pour lui donner, en effet, une « clarté nouvelle ». 

L’appel à cet éveil s’adresse à chacun : chacun à sa place et à sa mesure. Chacun est à même de discerner dans ses choix familiaux, scolaires, éducatifs, ludiques, professionnels, politiques, dans son langage même, ce qui tue et ce qui donne la vie. Chacun est en mesure d’identifier, s’il y a lieu, en quoi il s’abreuve, lui et les siens, dans sa vie quotidienne : aux sources empoisonnées de l’Oxydant, de ses idéologies et de sa « culture de mort », ou plutôt aux valeurs humanisantes de l’Occident, alors même qu’il se dit chrétien et qu’il est de ce chef, par vocation, appelé à en porter le flambeau. Chacun a ainsi aujourd’hui la libre faculté, devant tant de déchirements moraux et sociaux qui n’échappent à personne, d’opter pour la vie et la lumière, par l’engagement, la prière et l’exemple, ou de se faire le complice, paresseux ou actif, de la poursuite de la destruction accélérée de ce monde.

Lire aussi : La gauche, ou la ruine de la civilisation chrétienne

La Didachè, qui fut en quelque sorte, au Ier siècle, le premier catéchisme de la civilisation chrétienne, donnait ainsi à nos Pères dans la foi cette orientation qui en permit l’édification et qui demeure inchangée, à portée de main et de projet, pour notre temps : « Il y a deux chemins : l’un de la vie, l’autre de la mort ; et il y a une grande différence entre les deux chemins. »

« Le chemin de la vie est celui-ci – poursuit la Didachè – « en premier, tu aimeras le Dieu qui t’a créé, en second ton prochain comme toi-même ; et tout ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait, toi non plus ne le fais pas à autrui. (…)

« Voici maintenant le chemin de la mort. Avant tout il est mauvais et plein de malédiction ; meurtres, adultères, convoitise, fornication, vols, idolâtries, pratiques magiques, sorcellerie, rapines, faux témoignages, hypocrisie, duplicité du cœur, ruse, orgueil, malice, arrogance, avarice, obscénité, jalousie, insolence, faste, forfanterie, absence de toute crainte. Persécuteurs des hommes bons, ennemis de la vérité, amis du mensonge, qui ignorent la récompense de la justice, qui ne s’attachent pas au bien ni au juste jugement, qui sont en éveil non pour le bien mais pour le mal, qui sont loin de la douceur et de la patience, qui aiment la vanité, qui courent après la récompense, qui n’ont pas de pitié pour le pauvre et ne se mettent point en peine des affligés, qui méconnaissent leur propre créateur, meurtriers d’enfants, et meurtriers par avortement des créatures de Dieu, qui se détournent de l’indigent et accablent les opprimés, avocats des riches, juges iniques des pauvres, pécheurs de part en part ! 

« Puissiez-vous, ô mes enfants, être préservés de tous ces gens-là ! »

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest