Skip to content

La jeune garde intellectuelle de la droite : Samuel Fitoussi, moraliste 3.0

Par

Publié le

27 juillet 2022

Partage

La pensée dite conservatrice, ou de droite, ou chrétienne, a fait la preuve ces dernières décennies de son échec. Heureusement, la relève est déjà là. Portrait de Samuel Fitoussi, moraliste 3.0.
fitoussi

L’esprit français du moraliste, ce miroir baladé pour déformer par la satire et l’autodérision notre petite comédie humaine, qui préfère à l’exposé systématique du moralisateur les mille vicissitudes du réel, cet esprit disions-nous a trouvé une postérité fertile en la personne de Samuel Fitoussi. Fondateur avec quelques camarades de lycée de la très hilarante Gazette de l’étudiant, le jeune homme dispose d’un talent certain pour croquer des personnages archétypaux, pour en saisir les caractères et les inclinaisons profondes, pour sentir en un mot leur potentiel comique. L’étudiant de Sciences Po, le jeune macroniste, la féministe de Tolbiac ou l’électeur d’Éric Zemmour : tous ont un jour été saisis par l’acide de sa plume, avec ce fond de bienveillance et de drôlerie qui le caractérise.

Jadis anodine, la pratique avait déjà de quoi heurter des jeunes gens ne sachant plus rire d’eux-mêmes, qui s’effarouchent à la moindre généralisation. Au début du mouvement Black Lives Matter pourtant, alors que pullulent des fausses nouvelles en tout genre sur le prétendu racisme systémique de l’État américain, Fitoussi devient sérieux et ose l’incartade. Ne se contentant pas seulement, comme beaucoup alors, d’arguer la différence des cultures américaine et française pour repousser l’offensive racialiste, il démontre, preuves à l’appui, que la police américaine ne tue pas plus les noirs, du fait de la couleur de leur épiderme.

Lire aussi : La jeune garde intellectuelle de la droite : Pierre Valentin, le cauchemar des wokes

Publiée sur la page de la Gazette, qui brasse alors un lectorat issu de tous horizons idéologiques, la courageuse tribune lui vaut une volée de bois vert, et le marque politiquement : le voilà rangé parmi les vénérables rangs conservateurs. Le jeune homme, diplômé d’économie à Cambridge et étudiant à HEC (une voie suivie un peu par défaut), n’en prend pas peur et outre ses satires s’investit pleinement dans le combat anti-woke, signe plusieurs tribunes dans Le Figaro et apparaît sur Cnews, intervient dans le colloque anti-woke de la Sorbonne et dédie son mémoire de fin d’études au wokisme dans la fantaisie – de quoi lui attirer la foudre de ses professeurs.

Plus encore que la philosophie politique, c’est le cinéma et la littérature contemporaine qui l’intéressent – et quelle jolie preuve d’espérance que de chercher encore les traces du beau quand un monde a fait serment de tout enlaidir : Michel Houellebecq, Patrice Jean et Abel Quentin recueillent notamment ses suffrages. Son avenir professionnel ? Il n’en sait foutrement rien.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest