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Le Saint du mois : Sainte Madeleine-Sophie Barat

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Publié le

21 mai 2019

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Madeleine-Sophie (Joigny 1779-Paris 1865), vierge, religieuse et éducatrice au cœur transpercé, fêtée le 25 mai, a eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être sainte.

 

 

La naissance la met dans l’ambiance du feu de Dieu qu’elle saura porter au monde. Un incendie éclate dans la maison voisine de la sienne : terrifiée, sa mère en perd les eaux et Madeleine-Sophie naît avec deux mois d’avance.

 

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Au lieu de crever chétive, la petite se développe fort bien et sa conscience se manifeste avant l’âge de deux ans. Comme d’autres saints, n’en déplaise aux connards de freudiens, sa conscience d’elle-même et ses premiers souvenirs remontent à l’âge de dix-sept mois. C’est pour cela qu’il faut faire gaffe à comment qu’on cause devant les pisseux, on ne sait jamais ce qu’ils emmagasinent. Sa reum est cool et déjà bien instruite, elle désire que sa fille la surpasse. Pareillement pour son père, tonnelier-vigneron, qui confie l’instruction de Madeleine-Sophie à son fils aîné, Louis, un mec tarpin chelou.

Louis est un prêtre réfractaire, ayant échappé de peu au raccourcissement de la tête car Robespierre lui fit l’honneur de passer devant lui à quelques jours près. Était-il déjà bizarre avant d’être emprisonné ? Avait-il  un compte à régler avec sa cadette plus jeune de quinze ans ? A-t-il trop lu L’Ecclésiaste, certains Proverbes et la règle de Saint Benoît ? Avait-il un délire incestueux non-consommable avec la future sainte ? En tout cas, Louis est plutôt du côté du Christ qui semonce et corrige ceux qu’Il aime que de Celui avec qui faire un gentil câlin.

Il enseigne à sa sœur les mêmes matières qu’aux séminaristes : le grec, le latin, la littérature, les sciences dures et la théologie. Ça c’est bien mais en échange, sous sa conduite terrible, Madeleine-Sophie, jeune enfant si douce et gentille, craignant Dieu et son frère, se reçoit des paires de gifles dès qu’elle se gaufre, n’a pas le droit de rire ou de pleurer, n’a pas le droit de la ramener du tout, de lui faire part de ses sentiments pour le bon Dieu qu’elle aime si fort et de Son pauvre Cœur transpercé par toute la cruauté des hommes. Peut-être que Louis la bat pour être un bon grand frère et ne sait pas comment élever un enfant avec douceur et amour. Comme mon frère qui me mettait des fessées jusqu’à l’âge de treize ans à la moindre vulgarité.

 

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Pourquoi vous le raconté-je ? J’en sais foutre rien. Retenez juste que les torgnoles en guise de dressage de chien savant, c’est une mauvaise idée. Madeleine-Sophie a bien retenu la leçon?: l’éducation des filles oui, brimer les enfants non ! Au Marais, elle rencontre en 1800 le père Joseph Varin qui devient son père spirituel, lui permet de s’épanouir et de laisser parler son cœur tourné vers Celui du Seigneur. Varin, qui attend que la Révolution soit repue de sang pour réinstaller les Jésuites, cherche depuis longtemps une femme capable de créer une congrégation féminine afin que ces dames rétablissent l’ordre social détruit par 1789. Madeleine, intelligente, pieuse, cultivée, timide, introvertie et amoureuse du Seigneur accepte.

Dieu lui envoie le feu de l’Esprit quand elle prononce ses vœux lors de la création de la Société du Sacré-Cœur de Jésus. Elle n’a que 21 ans et jusqu’à sa mort, elle parcourt des milliers de kilomètres dans toute l’Europe afin de fonder des maisons d’instruction dédiées aux jeunes filles bien nées pour les empêcher de devenir des greluches. Dans ses écoles ne règne que l’amour de Dieu et du prochain. Elle encourage chacune à donner le meilleur de soi, à cultiver ses talents de cuisinière, chimiste ou de littéraire, le tout porté par la prière. Le Sacré-Cœur essaime sur les cinq continents, auprès des femmes autochtones. En plus de son attention à l’éducation, Madeleine prend soin des pauvres, qu’elle aime comme Jésus Lui-même.

 

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Elle s’est bien cassé le cul à sauver le monde par le Sacré-Cœur de N.S.J.C. Mais, toujours priante, souriante et aimante, Madeleine encaisse pendant 64 années données à Dieu. 3539 religieuses et 99 maisons : voilà les fruits de la vierge qui rend son âme à Dieu, à l’Ascension dans Sa maison, ce qui nous oblige à croire que les portes du paradis lui furent ouvertes par le Seigneur Lui-même. Canonisée en 1925, Madeleine-Sophie nous enseigne qu’il ne faut pas frapper les gosses même s’ils ne savent pas le latin.

 

Élodie Pérolini

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