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Les nains et Blanche-Neige : Disney fait n’importe quoi

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Publié le

28 janvier 2022

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Pour l’adaptation de Blanche-Neige avec des acteurs – comme cela a notamment déjà été fait pour Cendrillon ou La Belle au Bois Dormant –, le Disney 2.0 ne veut plus de nains et une Blanche-Neige latino-américaine. Et pourquoi donc ? Pardi, parce qu’ils le peuvent.
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Surprendre, rajeunir, réconcilier. Sous des motifs fallacieux, la World Company est devenue la Woke Company. Rappelant par trop l’ancien monde, les contes se doivent donc d’être réécrits et repensés à l’aune des blessures narcissiques des minorités diverses et variées. Loin de défendre la diversité, Disney poursuit en réalité une œuvre de normalisation idéologique du patrimoine immatériel occidental, amputé de ses aspects les plus intéressants. Les nains du chef d’œuvre du génie Walt Disney n’étaient, en effet, sûrement pas des êtres humains atteints de nanisme … mais les fiers représentants d’une espèce essentielle du folklore germanique comme de nos inconscients collectifs. N’en déplaise à l’égocentrique Peter Dinklage, nain le plus célèbre du monde pour son rôle dans Game Of Thrones, Blanche Neige n’a jamais été le véhicule de préjugés « validistes » ou « racistes ».

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C’est un conte-type qui répond aux critères de classification du folkloriste finlandais Anti Aarne. Collectée par les frères Grimm, l’histoire de la princesse Blanche-Neige était connue sous différentes versions dans l’ensemble du monde germanique et scandinave. Certains de ses aspects sont universels, comme la rivalité féminine ou le rôle de la cruelle marâtre. La mort et le caractère éphémère de la jeunesse, donc de la beauté, rappelant le thème du poème Mignonne, allons voir si la rose de Pierre de Ronsard, imprègnent ce récit plus tragique qu’il n’y parait.

Les nains sont d’ailleurs essentiels dans ce récit, pour leur rôle dans la narration et le symbolisme attaché à leur espèce. Les nains sont des créatures chtoniennes, aux motivations et au caractère troubles, parfois maléfiques. La légende de l’or du Rhin en fait ainsi des êtres avides, excessivement matérialistes ; miroirs de l’avidité des hommes et des pulsions de l’inconscient humain. Habitants des profondeurs de la terre, ils y exploitent les minerais précieux – tout à fait comme leurs homologues dans Blanche Neige.

Dans leur logique binaire et manichéenne, la figure complexe du nain ne peut qu’être terrifiante

Dans le Nibelungenlied, Alberich possède la force de douze hommes et finit par être terrassé par Siegfried qui en fait son suivant. Le personnage de Siegfried domine alors ses tendances négatives et élimine son enfant intérieur – ou, plus précisément, le garde à ses côtés sans que celui-ci ne puisse plus lui causer de tort dans sa quête initiatique -. Ce sous-texte quasi-jungien n’est pas absent chez Walt Disney, fin folkloriste et connaisseur. Mais qu’en savent nos progressistes ? Dans leur logique binaire et manichéenne, la figure complexe du nain ne peut qu’être terrifiante.

Au fond, on se demande même si leur discours pathologique n’est pas qu’un prétexte. Une excuse pour refuser la lutte intérieure qui amène à l’apaisement, c’est-à-dire passer de l’enfance à l’âge adulte. Ils ne sont que les avatars d’une époque infantilisante et sujette à l’émotion. Ils effacent ce qu’ils ne connaissent pas, enfants capricieux pensant jouer des tours aux forces de l’esprit les plus antiques. Les nains vivront pourtant toujours dans les profondeurs de leur esprit, conservant les clés de leurs esprits tourmentés par la vie et ses mystères.

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