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L’Histoire de l’islamisation française : « Il ne s’agit pas de “séparatisme” mais de conquête »

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Publié le

3 novembre 2020

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L’Histoire de l’islamisation française (L’Artilleur, 2020) rédigée par un collectif décrivait déjà par le menu ce qui nous arrive. L’un de ses membres nous répond.
Muz

Peut-on dire que le geste de l’assassin tchétchène est le fruit amer de ces quarante ans d’islamisation de la France que vous avez racontés ?

Oui, mais ce n’en est pas le premier et malheureusement pas le dernier ; simplement une étape. Et il ne s’agit pas de la première signature obsessionnelle de l’égorgement : il y a eu le chef d’entreprise Hervé Cornara en 2015, le père Hamel en 2016, l’étudiante Mauranne Harel et sa cousine Laura en 2017, et le gendarme Arnaud Beltrame en 2018. Mais cette exécution a un retentissement particulier pour deux raisons.

D’abord, parce qu’elle réveille tragiquement une mauvaise conscience enseignante : Samuel Paty faisait partie de ces exceptions qui s’obstinaient dans un milieu qui avait largement abdiqué, pour des motifs différents. Soit par peur, laquelle est tout à fait compréhensible, vu la lâcheté institutionnelle de l’administration scolaire, soit par inculture croissante, soit par complicité islamo-gauchiste (il suffit de voir la logorrhée repentante et immigrationniste que distillent les manuels scolaires, rédigés par des enseignants). La très réelle émotion enseignante est un refoulé de cette soumission scolaire, voulue ou subie, de la base au sommet. N’oublions pas que François Fillon, qui joue aujourd’hui les matamores, était le ministre de l’Éducation qui a étouffé le rapport Obin sur les atteintes à la laïcité qu’avait commandé son prédécesseur, Luc Ferry. Aujourd’hui, 40 % des enseignants reconnaissent s’autocensurer et les statistiques officielles d!« atteintes à la laïcité » sont les plus faibles dans les quartiers islamisés parce qu’elles n’y sont même plus signalées…

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Ni Allah, ni César : Dieu

Ensuite, cet événement a aussi un tel retentissement parce que, contrairement à la parole politique – le grotesque « Ils ne passeront pas » de Macron –, tout le monde a compris l’inverse : ils ont progressé par cette sentence sanglante et la peur légitime du risque mortel va encore réduire la liberté d’expression et la liberté d’enseigner. L’assimilation de la charia avance : un garde des Sceaux, de plus professeur de droit, comme Nicole Belloubet a expliqué que l’« insulte à la religion » est une « atteinte à la liberté de conscience » et une vieille journaliste de service public comme Patricia Martin invoque le « délit de blasphème ». 

La réponse actuelle des autorités, bienvenue, se concentre cependant exclusivement sur la notion de laïcité : est-ce suffisant pour contrecarrer les desseins d’une religion conquérante ?

La farce de l’invocation rituelle de la laïcité doit être considérée à deux niveaux. Celui de la chronique médiatico-politique et celui du mouvement historique. Cette notion républicaine, consubstantielle des divisions françaises – et qui les avait globalement résolues – a été dissoute de l’intérieur par la gauche du « droit à la différence ». Cela a abouti, d’un côté, à l’Observatoire de la laïcité, créé par François Hollande pour Jean-Louis Bianco (initiateur de l’opération SOS Racisme sous François Mitterrand), lequel l’a mis au service des islamo-gauchistes ; et, de l’autre, à la militante cathodique Caroline Fourest, qui défend les accompagnatrices voilées dans les sorties scolaires et expliquait il y a peu que « le danger vient de l’intégrisme majoritaire, c’est-à-dire catholique ».

Sur le plan historique, la laïcité n’est que la codification profane de la séparation chrétienne entre le temporel et le spirituel, même si le cléricalisme a eu du mal à l’accepter. C’est souvent le cas entre frères ennemis intimes, ce qu’étaient l’éthique chrétienne et l’esprit républicain

Sur le plan historique, la laïcité n’est que la codification profane de la séparation chrétienne entre le temporel et le spirituel, même si le cléricalisme a eu du mal à l’accepter. C’est souvent le cas entre frères ennemis intimes, ce qu’étaient l’éthique chrétienne et l’esprit républicain, qui s’opposaient violemment au sein de la même culture française. L’islam importe avec lui une vision incompatible avec cette culture française et l’outil laïc est incapable de la contrer. Il est significatif qu’un penseur chrétien comme Paul Ricœur ait mieux compris cela que bien des militants laïques : « Notre laïcité ne peut être perçue par les musulmans que comme une idée folle issue d’une religion fausse ; lorsqu’un imam entend dire que les lois de la République sont supérieures à celle de la religion, il entend quelque chose de tout simplement inconcevable pour lui ».

La France, qui est attaquée dans ses fondements, est-ce seulement la République ou une identité plus haute, plus longue, plus profonde, qu’il s’agirait de retrouver ?

Cette identité plus haute, plus longue, plus profonde, comme vous la définissez bien, c’est la civilisation européenne chrétienne et gréco-romaine attaquée sur son sol par une autre civilisation avec laquelle elle a toujours été en conflit. Il faudrait faire le diagnostic de cette confrontation longue, mais nos dirigeants en sont incapables, ne réagissant fébrilement qu’à l’évènement. Et, plutôt que de reconnaître la réalité, ils inventent. Par exemple, il ne s’agit pas de « séparatisme » mais de conquête. L’assassin de Samuel Paty ne se sépare pas de nous, il frappe au cœur de l’école ; les partisans du burkini ne se séparent pas de nous, ils veulent l’imposer au cœur des piscines. Le vrai séparatisme serait leur départ vers les contrées musulmanes, plus accueillantes… Plutôt que de reconnaître la force de l’islamisation, qu’elle soit culturelle, idéologique, juridique, délinquante, ou violente, Macron prétend vouloir « construire » avec ses petits bras un islam rêvé, un « islam des Lumières », oxymore colonialiste jamais advenu.

Lire aussi : La fabrique du faux

Reste à savoir ce qui relève du déni et de l’inculture (Sarkozy et Juppé ont avoué n’avoir jamais ouvert le Coran…). Car tout est dit dans « islam radical » : islam des racines, du texte, du Coran. On ne parle jamais de « christianisme radical ». Ou serait-ce Mère Teresa et l’abbé Pierre ? Il est probable que l’ampleur du problème du Coran, de ses contenus violents anti-juifs, anti-chrétiens, anti-mécréants soit désormais perçue mais toujours niée. D’où la pensée magique à propos de la « radicalisation sur internet » – l’« imam Google », comme dit l’aveugle Xavier Bertrand – des imams étrangers, des financements extérieurs, autant de détours pour ne pas voir que le problème est interne.

Et immense : des nouveaux venus sous une emprise religieuse dont on a oublié la force sont réellement, sincèrement et profondément blessés par Charlie Hebdo et la loi sur le voile à l’école. Beaucoup ne sont simplement pas d’accord avec nos façons de vivre – françaises plus que républicaines –, qu’ils méprisent et que nos élus, depuis quarante ans, n’ont pas voulu défendre. Ces derniers ne peuvent plus détourner les yeux, mais il est à craindre que chez beaucoup d’entre eux l’impuissance ne soit sincère : ils sont coincés par l’énormité du problème qu’ils ont créé et ne savent plus quoi faire, se rendant compte qu’il est trop tard.

Propos recueillis par Jacques de Guillebon

Histoire de l’islamisation française de Collectif
L’Artilleur, 688 p., 12€

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