Constater le décalage entre les institutions et les aspirations des citoyens est une chose. Imputer ce décalage à la Modernité en tant que constitution de la société est un défi intéressant à relever. Professeur de sciences politiques à Athènes, Georges Contogeorgis a étudié dans notre beau pays. C’est peut-être cette double vie intellectuelle qui lui inspire cette réflexion sur une dissonance entre République et Peuple qui travaille nos penseurs, de Proudhon à Maurras jusqu’à la « Démocratie sans le Peuple » de Maurice Duverger.
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L’auteur, plutôt que de critiquer simplement la pensée moderne occidentale dans son contenu, en formule le paradoxe intrinsèque : le corps social, censé être le moteur et la source du pouvoir politique, en demeure le sujet, « enfermé dans la sphère privée ». Il assiste, impuissant, à une vie institutionnelle où « l’aspect invisible, c’est-à-dire les coulisses, de la politique prend des dimensions gigantesques ». Réciproquement, le peuple évolue seul, notamment par les technologies de l’information, devant le regard ennuyé d’un État qui ne le comprend pas. Subrepticement, la légitimité de cet État passe en d’autres mains. Et l’on pense au mensonge que dénonce Nietzsche : « Moi, l’État, je suis le Peuple. »






