On commémore aujourd’hui le cinquantenaire de la mort spectaculaire de l’écrivain japonais Yukio Mishima, par seppuku, après qu’il eut essayé de soulever les militaires en vue d’un putsch nationaliste. Cet événement a été alors assez traumatisant pour un Japon pacifiste d’après-guerre qui voyait dans cette mise-en-scène resurgir le démon impérialiste. Qu’en est-il aujourd’hui ? La mort de Mishima peut-elle être commémorée normalement, l’écrivain a-t-il achevé son purgatoire ?
Il convient de remettre un peu d’ordre dans l’événement du 25 novembre 1970 que vous évoquez. De jeunes étudiants nationalistes ou droitiers étaient venus trouver Mishima deux ans plus tôt parce qu’ils voyaient en lui une force de résistance symbolique à l’extrême-gauche – pour préciser ce contexte d’effervescence et de batailles de rue, au cours du « Mai 68 » japonais, sept cents mille étudiants ont rejoint la principale organisation en révolte, le Zengakuren. L’un de ces admirateurs de Mishima, Mochimaru, a lancé l’idée d’une petite milice privée, qui deviendrait la Société du Bouclier (la Tate no Kai). Anticommuniste flatté de rencontrer de jeunes hommes sympathiques, Mishima a organisé cette société paramilitaire et lui a fait suivre des entraînements par les forces d’autodéfense, les Jietai. Le 25 novembre, cependant, seuls quatre de ces étudiants (portant l’uniforme conçu et dessiné par Mishima) l’accompagnent à Ichigaya, qui est le quartier général Est des Jietai à Tokyo.
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Ils prennent en otage le général Mashita avec qui ils avaient pris rendez-vous – il n’est pas une cible, tout au plus un accessoire. Mishima demande que soient rassemblés les militaires de ce quartier général devant le bâtiment (près d’un millier d’hommes, plus fonctionnaires administratifs que soldats, en vérité). Sa harangue, les tracts qu’il fait lancer, conspuent l’américanisation du Japon et dénoncent l’article 9 de la Constitution, qui interdit aux Jietai de combattre sur aucun front. La suite est connue : face au torrent d’insultes qu’il reçoit, Mishima se fait seppuku, suivi de Morita, le capitaine de la Tate no Kai. Il ne s’agit donc pas d’une tentative de putsch nationaliste – ses moyens sont très réduits : quatre hommes armés de sabres –, mais d’un coup politique symbolique dont Mishima connaissait l’issue. Il se situe en continuité avec cette noblesse de l’échec dont Ivan Morris a fait le portrait à travers des figures héroïques et mythiques du Japon (La Noblesse de l’échec, 1980).
Une mort reliée au passé comme au futur
À mon sens, la théâtralité de cet acte avait pour but de secouer le Japon et d’étonner le monde – de nombreux Japonais ont affirmé que Mishima avait cherché à faire l’intéressant. Par cette « autodétermination » (c’est ainsi que l’on nomme cet événement au Japon), Mishima se trouve entre deux temporalités. D’une part, le passé : l’historien Pierre-François Souyri a rappelé à quel point le Japon a été dominé pendant des siècles par la classe des samouraïs (Les guerriers dans la rizière, 2017) ; ensuite, le futur : par son seppuku, Mishima instruit une réclamation, dont le sens est parfaitement compris par les politiques au pouvoir, mais qu’ils tiennent caché. Mishima a maintes fois réclamé la modification de l’article 9 et l’acquisition du nucléaire : en vérité, le 25 novembre, il regarde l’avenir.
De nos jours, le Japon est largement réconcilié avec ce Mishima « politique ». Il dispose d’une des armées les plus puissantes et modernes du monde (ce qui était loin d’être le cas en 1970), et il accorde à la Défense une part de budget considérable, en dépit de l’article 9, peu à peu vidé de son pacifisme. S’il le décide, ce pays est en capacité de fabriquer des bombes nucléaires en une vitesse record. On a qualifié le Mishima du 25 novembre 1970 de désespéré (il l’était aussi), de fou (c’est une facilité) et de malade (Knock nous a dit que nous l’étions tous). En réalité, Mishima a voulu rendre sa mort utile à son pays. Auparavant, il avait songé à d’autres modes de suicide. Il haïssait le suicide des faibles et exaltait le suicide des forts, comme l’affirme sa nouvelle Ken.
Le monde intellectuel japonais majoritairement à gauche, reconnaît et admire Mishima
Après la sidération et la honte apparente de 1970, il y a eu ensuite une période d’intériorisation et d’interprétation de « l’acte Mishima », comme l’a appelé Maurice Pinguet. L’évolution historique, avec l’hégémonie chinoise et les folies spectaculaires de la Corée du Nord, lui donnent raison : en ce début du XXIe siècle, un Japon militairement puissant est devenu une condition d’équilibre de la planète. Maintenant, je réponds à la dernière partie de votre question. Depuis les années 2000, l’Université japonaise, les artistes, les intellectuels ont assimilé cet artiste complexe. Ils l’ont interprété, historicisé, analysé sous toutes les coutures. Le Musée Littéraire Mishima Yukio a été inauguré à Yamanashi en 1999 : il réunit des objets, des lettres, des manuscrits, organise des conférences, accueille tout un public de curieux et de passionnés. Le monde intellectuel japonais (universitaires, écrivains), majoritairement à gauche, reconnaît et admire Mishima, tout en craignant que de jeunes excités s’inspirent de lui pour commettre des attentats ou du terrorisme. Ce mythe repoussoir sert d’argument contre l’extrême-droite.
En même temps, des universitaires soulignent les liens qui associent le Mishima de 1968-1970 à la Nouvelle gauche japonaise. Le Japon d’aujourd’hui publie des mangas sur cette personnalité hors du commun, tourne des films, diffuse des documentaires, particulièrement sur NHK, et l’on ne compte plus les magazines riches de dossiers spéciaux. D’anciens Tate no Kai ont publié des témoignages. On a diffusé en DVD la fameuse discussion de Mishima devant les étudiants d’extrême-gauche de l’Université Todai, à Tokyo, en 1969. On s’apprête à éditer pour la première fois l’album photographique La Mort d’un homme, pour lequel l’écrivain avait travaillé avec Shinoyama Kishin (cinq mille euros le volume), peu avant sa mort. Les rayonnages en témoignent : les œuvres de Mishima publiées en poche (souvent, depuis longtemps) forment plusieurs mètres.
À l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’écrivain, Gallimard republie une biographie de John Nathan, vous-mêmes travaillez actuellement à un essai qui doit paraître l’année prochaine. On sait que Mishima a connu un certain engouement en France, Marguerite Yourcenar lui ayant même consacré un essai. Mais aussi aux Etats-Unis avec le merveilleux film que réalisa Paul Schrader, Mishima, a life in four chapters. Qu’en est-il aujourd’hui, de la postérité de Mishima en France (un livre graphique est paru l’an dernier à son sujet) et dans le monde occidental en général ?
Mon constat est sévère : alors que la littérature japonaise est devenue accessible aux Français comme jamais elle ne l’a été (depuis les années 1990), ce sont les plus de cinquante ou soixante ans qui connaissent le mieux Mishima. Cet écrivain est peu et mal lu en France, peut-être de moins en moins. La plupart des commentateurs se contentent de répéter les mêmes clichés, et n’ont pas l’idée d’approfondir. Trop de gens abordent Mishima comme s’il était un auteur français ou occidental, et font de la culture japonaise un folklore au parfum exotique. De prétendus admirateurs de Mishima n’ont lu ni Confession d’un masque, ni Le Pavillon d’Or, ni La Mer de la fertilité : voilà où ils en sont. Tout simplement, ils n’aiment pas la littérature.
Une réception brouillée
En France, Mishima a subi des grilles très opposées : il y a d’abord eu la tendance psychanalytique, qui a consisté à le traiter comme un cas d’espèce en tant que malade profond ; il y a eu ensuite la Nouvelle Droite, qui a élaboré autour de Mishima un mythe politique dont le réductionnisme confine à l’imposture. La plupart de ces récupérateurs méconnaissent les ressorts de son art et les drames de sa vie. Ils ignorent son œuvre, ou la sélectionnent. Pour donner un exemple : les textes à teneur politique occupent une place mineure dans son œuvre ; ils n’ont été publiés que dans des magazines friands d’attitudes paradoxales. C’est pour cela qu’au Japon, ils sont considérés comme marginaux. Mishima ne s’est jamais pris pour un philosophe, ni un maître à penser, ni un chef politique. Il a d’abord voulu incarner la figure d’un artiste dans la continuité d’Oscar Wilde et de Jean Cocteau, en allant beaucoup plus loin qu’eux.
La réalité, c’est que Mishima a été détesté et menacé par l’extrême droite japonaise, et qu’elle n’a commencé à le récupérer qu’en dépit de lui. L’homme qui a défendu une certaine idée du Tenno (la traduction de ce mot par « empereur » est approximative) est aussi l’auteur des deux plus grands romans consacrés à l’homosexualité masculine, dans le Japon du XXe siècle : Confession d’un masque et Les Amours interdites, roman qui a introduit le mot « gay » dans la littérature japonaise. Cette thématique l’a encore occupé à la fin de sa vie par le biais des photos où il expose son corps musclé et iconique. Les « couleurs mâles » (nanshoku) et l’attachement au Tenno sont, au Japon, des réalités culturelles et traditionnelles. En France, en revanche, la binarité et le sectarisme politique tendent à séparer ce que l’écrivain, fidèle à son « nid » (son pays), a uni.
Il a fallu attendre 2019 pour que la Confession d’un masque soit retraduite
Mais il y a plus grave que les récupérations. Gallimard continue de mettre en vente une petite biographie qui est un plagiat de la biographie de John Nathan (publiée pour la première fois en 1974 aux Etats-Unis, en 1980 en France). Pour le Cinquantenaire, cet éditeur en titre de Mishima a fait traduire Une Vie à vendre, qui n’est qu’un roman mineur. Il aurait mieux valu traduire La Maison de Kyôko, grand roman méconnu, d’où Paul Schrader a tiré la structure de son film ! La plupart des sommets de Mishima sont disponibles en français, mais il existe quantité de textes qui attendent d’être traduits, comme La Chute d’eau souterraine (1955) et certaines pièces de théâtre. Chez Shinchôsha, « l’Édition définitive » comporte quarante-quatre volumes, près de vingt mille pages… Il a fallu attendre 2019 pour que la Confession d’un masque soit retraduite, cette fois du japonais : en effet, alors que Mishima ne l’a jamais demandé formellement, La Mer de la fertilité et d’autres textes importants ont été traduits en français à partir de l’anglais ! Les approximations et les problèmes fourmillent donc.
Si Gallimard avait eu un minimum de sens des responsabilités à l’égard de Mishima, cette maison d’édition aurait publié une traduction nouvelle de cette tétralogie pour 2020 – accompagnée d’une annotation suffisante. Telle qu’elle est publiée actuellement, en effet, cette œuvre majeure ne saurait être comprise correctement par un lecteur occidental moyen. Enfin, la presse française s’est montrée d’une nullité affligeante en ignorant la biographie d’Inose Naoki et Sato Hiroaki (publiée aux États-Unis en 2012) : Persona apporte une mine de détails et de documents inédits en 850 pages, qui nuancent et modifient quantité d’images et de représentations. À part les universitaires spécialistes, personne en France ne s’est intéressé à cette somme incontournable, au prétexte qu’il faut savoir lire en anglais.
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Aujourd’hui encore, l’essai de Marguerite Yourcenar fait autorité dans le monde entier, y compris au Japon. Elle saisit l’essentiel, et commet peu d’erreurs. Un travail pionnier et très riche est l’essai d’Annie Cecchi : Mishima Yukio, Esthétique classique, univers tragique (Honoré Champion, 1999). Cependant, il ne faut pas oublier que Mishima a toujours eu des détracteurs, en France. Le plus important est Maurice Pinguet (La Mort volontaire au Japon, 1984) : comme d’autres japonisants, il s’exprime en gardien et juge de la japonité authentique, et considère Mishima comme un auteur occidentalisé et folklorique. En France, la plupart des gens qui écrivent sur Mishima ne connaissent ni la littérature japonaise, ni la langue d’expression de l’écrivain, et se contentent de compiler ce qui a été déjà écrit ou traduit uniquement en français.
De fait, face à Mishima ou à n’importe quel écrivain japonais, le non-japonisant est une espèce d’infirme ou de funambule. Parfois même il s’agit d’un imposteur. Ne pouvant pas encore lire couramment le japonais (langue que j’apprends depuis plusieurs années), je me suis fait aider par un ami japonais pour rédiger l’essai synthétique que je vais publier. Grâce à lui, il m’a été permis d’accéder à certaines sources, et à un certain nombre de textes non traduits de l’écrivain. Sans cet énorme travail préalable, je ne me serais pas lancé dans cette entreprise.
Les États-Unis sont d’une manière générale le pays étranger qui connaît le mieux le Japon
À l’Université, les études « mishimiennes » se sont développées en se mettant au diapason de la recherche japonaise et internationale. Gérard Siary a publié une étude remarquable, Le Pavillon d’Or de Yukio Mishima (Foliothèque, 2010), qui fait comprendre les ressorts et la valeur de ce chef d’œuvre. Thomas Garcin a publié des articles scientifiques très novateurs et stimulants, et s’apprête à éditer sa thèse (2015), consacrée à Chevaux échappés et Yûkokû (Patriotisme). Il s’agit d’une thèse à charge, dont les perspectives me semblent souvent discutables, mais l’érudition dont elle témoigne nous change des clichés dont Mishima étouffe en France, et les divergences sont des conditions naturelles de la vie de l’esprit. Il a co-dirigé le « Colloque International Mishima » à l’Université Denis Diderot en novembre 2019. Cependant, reconnaissons que les spécialistes les plus nombreux de Mishima sont américains : les États-Unis sont d’une manière générale le pays étranger qui connaît le mieux le Japon. Cette heureuse évolution nous montre une chose essentielle : nous avons encore beaucoup à apprendre de Mishima et de ses œuvres. Quantité de questions restent à examiner ou à revoir.
Après la littérature japonaise, la littérature française est celle que Mishima préférait
Enfin, il est bien certain que Mishima possède une postérité littéraire dans plusieurs pays : le Japon bien sûr, le Canada, la Russie, et la France. C’est la moindre des choses : après la littérature japonaise, la littérature française est celle que Mishima préférait, et dont il a le plus nourri son œuvre. Il me semble évident que cet écrivain est une clé de l’attitude et des romans de Richard Millet, qui a revendiqué plusieurs fois cette filiation – en fils émancipé, bien entendu. Mishima est une des figures principales qui hantent Le Purgatoire (1976), roman théologique dantesque de Pierre Boutang, et l’on sait qu’André Malraux éprouvait pour lui un profond respect. Un recensement et un examen plus larges de cette influence reste à établir.
Le gouvernement japonais, à l’époque, parce qu’il était en partie mouillé, a voulu réduire la portée de l’acte de l’écrivain en le résumant au fantasme sadomasochiste d’un artiste suicidaire et narcissique. Personnellement, j’aurais tendance à voir dans l’acte ultime de Yukio Mishima la résolution destructrice de tous ces paradoxes, et donc, à le considérer aussi dans sa dimension idéaliste, politique et authentiquement sacrificielle. Quel est votre avis sur la question ? Le délai écoulé pousse-t-il à une réinterprétation de cette fin sanglante et grandiose ?
En réalité, la mort de Mishima a fini par faire obstacle à son œuvre. On a tendance à relier tous les événements de sa vie à cet horizon, comme une marche logique, simple, et dévorante. Le tournant actuel dans l’interprétation de la mort de Mishima consiste à s’intéresser… à ses livres. À cesser de fantasmer autour d’elle. Il faut en finir avec cette reductio ad mortem qui fait méconnaître l’un des plus grands écrivains du siècle. À propos de l’événement du 25 novembre 1970, presque tout a été dit – il existe encore des obscurités. Henry Scott-Stokes est celui qui est allé le plus loin dans l’investigation de cet épisode sanglant (sa biographie, Mort et vie de Mishima, date de la même année que celle de Nathan, 1974). Il est en quelque sorte l’Hercule Poirot de l’événement du 25 novembre. Malgré cela, mon essai apportera quelques éléments nouveaux, que je réserve – avec votre permission – à mes lecteurs.
Sa mort a réussi parce qu’elle achève son esthétique et consomme son Eros
Vous avez parlé d’une dimension sacrificielle : ce mot possède une consonance chrétienne hors de sujet en ce qui concerne Mishima. Il y a bien chez lui un narcissisme envahissant, une préoccupation de soi-même qui traduit une difficulté vis-à-vis d’autrui et de la réalité en général ; pourtant, il faut admettre que cet égocentrisme l’a fait avancer dans la vie et dans les formes d’art auxquelles il s’est consacré : le roman, la nouvelle, le théâtre (il est un des dramaturges les plus considérables du XXe siècle, avec les Cinq nô modernes et Madame de Sade) et le cinéma. Sa mort est bien celle de la Beauté tragique et transpercée qu’il n’a cessé de chanter (je songe ici aux pages consacrées au Saint-Sébastien de Guido Reni, dans Confession d’un masque), une actualisation de ces princes charmants, mourant précocement, que le jeune Kimitake (son vrai prénom) contemplait dans les contes pour enfants. De son propre point de vue, sa mort a réussi parce qu’elle achève son esthétique et consomme son Eros.
Depuis 1945, Mishima se sentait indigne de vivre
Sans doute, il n’est pas impossible d’affirmer que Mishima est mort pour autrui (ceux qu’il n’a pas suivis dans la guerre, en 1945 ; les vivants ; et les Japonais du monde futur), même si, en 1970, nombre de Japonais l’ont qualifié d’égoïste. Mais il ne faut pas exagérer son mérite et son altruisme : depuis 1945, Mishima se sentait indigne de vivre. Il avait échappé à la mobilisation suite à une erreur de diagnostic au cours de la visite médicale préalable. Quand on est né en 1925 au Japon, dans une famille de la haute société, vivre avec la honte accrochée au cœur impose une amertume indicible, comme si l’on ne pouvait plus accepter d’être éclairé par le soleil. Une telle honte ne peut s’effacer que par la mort. Une mort japonaise, qui entre dans le cycle des renaissances et la totalité du Cosmos.
Stéphane Giocanti est l’auteur de Kamikaze d’été (Editions du Rocher, 2008) ; Pierre Boutang (Flammarion, 2016), Stéphane Giocanti a publié le film Yûkokû de Mishima aux Editions Montparnasse (2008). Il prépare l’essai : Mishima et ses masques, à paraître en 2021.






