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Sélectron : les top et flop séries 2020

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Publié le

6 janvier 2021

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L’année 2020 fut placée sous le signe des séries télévisées, théâtres et cinémas ayant été fermés la majorité du temps. Entre les nouveautés, les nouvelles saisons attendues de longue date, le lancement de Disney + ou bien encore l’annonce de la création d’une plateforme par HBO, l’année fut riche. Voici nos tops et nos flops !

Les tops :

Les nouvelles saisons réussies Attendues, ces cinq nouvelles saisons n’ont pas déçu :

Engrenages (huitième saison, disponible sur Canal +)

On commence par la huitième saison du chef d’œuvre. Si vous ne l’avez pas encore vu, la prolongation du couvre-feu vous donnera cette chance ? Chef d’œuvre de réalisme ayant abordé des sujets aussi variés que la traite des femmes, le grand banditisme des banlieues, les tueurs en série, le terrorisme d’extrême gauche, la corruption politique ou l’inceste, Engrenages est une série culte qui montre le fonctionnement de la machine judiciaire en s’attardant sur un groupe d’enquêteurs de la DPJ, des avocats à la limite de la légalité et un juge d’instruction aussi brillant que convaincu. Portée par la sublime Audrey Fleurot, dans le rôle ambigu de maître Karlsson, l’arrêt d’Engrenages en septembre laisse un vide qui sera difficile à combler dans la production télévisuelle française. La huitième saison s’achève en drame shakespearien.

The Boys Saison 2 (entièrement disponible sur Amazon Prime)

De retour dans une deuxième saison, les affreux héros de The Boys sont toujours aussi transgressifs, méchants et fous. Série adaptée d’un comic-book britannique de Garth Ennis et Derrick Robertson, The Boys met à mal le mythe du super-héros. À la fameuse doctrine écrite par Stan Lee pour Spiderman voulant que « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités », les créateurs de The Boys répondent que l’être humain est si vicié qu’il ne pourrait faire qu’un mauvais usage de pouvoirs dépassant les limites physiques humaines. Mentions spéciales à Antony Starr (Le Protecteur) et Tomer Kapon (Serge le Français).

The New Pope (Canal +)

Portée par John Malkovich, The New Pope réussit à faire aussi bien que The Young Pope. Sorrentino montre toute sa maestria avec des plans à couper le souffle, dignes du plus grand cinéma. La bande-originale est, comme prévu, sublime. Le souffle spirituel qui innervait The Young Pope est ici mis au défi par la personnalité du nouveau pape, le mondain et complexe Jean-Paul III qui tente d’exister face au culte que suscite son prédécesseur toujours plongé dans le coma depuis sa première allocution filmée sur la place Saint-Marc de Venise. On vous laisse découvrir la suite.

Lire aussi : Sélectron : le flop films 2020

The Expanse saison 5 (Amazon Prime)

Belle série de science-fiction adaptée de la série de romans de James Corey, The Expanse narre les débuts des grandes colonisations de l’humanité dans l’espace et les conflits qui naissent pour l’exploitation des ressources en marge du système solaire. Bien interprétée, dotée d’un univers visuel riche, The Expanse est une réussite dans un genre souvent négligé et devenu le parent pauvre de la fiction télévisuelle. Les amateurs de space opera se réjouiront.

The Mandalorian saison 2 (Disney +)

À rebours de l’échec de la nouvelle trilogie Star Wars produite par Disney, The Mandalorian réunit tous les ingrédients pour séduire les fans de la prélogie et de la trilogie originale. Présentant des environnements variés servis par une photographie éblouissante, The Mandalorian réunit petits et grands enfants autour d’une aventure très simple inspirée par le cinéma japonais, les romans de geste européens ou encore les westerns. On en veut encore !

Les nouvelles séries réussies !

Le jeu de la dame (Netflix)

Carton surprise de l’année, Le Jeu de la Dame est une merveilleuse histoire sur une orpheline naturellement douée pour le jeu d’échecs. Les costumes et les décors valent le visionnage à eux seuls. La série a même relancé l’intérêt pour les échecs grâce à son personnage principal, sorte de Bobby Fischer en jupons qui aurait emprunté quelques traits de caractère au joueur d’échecs de Stefan Zweig.

The Plot Against America (OCS)

Un vrai chef d’œuvre ! L’œuvre de Philip Roth n’avait jamais été aussi bien retranscrite que dans cette mini-série en six épisodes. Uchronie imaginant la victoire de Lindbergh à l’élection présidentielle américaine d’avant-guerre, le « complot contre l’Amérique » bénéficie d’un casting cinq étoiles avec des stars éprouvées comme John Torturro ou la toujours très jolie Wynona Rider.

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High Fidelity (Amazon)

Adaptation du roman de Nick Hornby (déjà adapté au cinéma par Stephen Frears avec John Cusack dans le premier rôle), la série High Fidelity est une petite bulle d’humour, de tendresse et de pop music à savourer pour les plus nostalgiques d’entre nous. Zoë Kravitz y est étonnamment drôle, dévoilant des dons comiques insoupçonnés.

 Alice in Borderland (Netflix, Japon)

Géniale adaptation du manga Seinen du même nom, Alice in Borderland a tout pour plaire aux amateurs de films gore nippons ou de Battle Royale. Projetés dans un Tokyo vidé de ses habitants, les personnages principaux sont des losers nippons exclus du monde des salarymen qui se retrouvent confrontés à des épreuves d’une grande cruauté. Amorale et violente, Alice in Borderland est jouissive.

Le Cid (Amazon)

Enfin une série historique bien faite sans relecture historique débile ! L’histoire du Cid y est parfaitement retranscrite, de même que les enjeux de la période de la Reconquista et les valeurs des différents protagonistes. Un régal que le jeu médiocre de l’acteur Jaime Lorente (La Casa de Papel) ne parvient pas à gâcher. On se plonge avec délice dans la Castille du Xième siècle, fascinés par l’héroïsme du grand héros espagnol Rodrigo Ruy de Vivar. Les batailles sont très impressionnantes, rivalisant avec certaines scènes de Game Of Thrones. À quand une série sur Jeanne d’Arc de ce calibre, produite par Arte, Salto ou Canal + ?

Cheyenne et Lola (OCS)

Encore une petite française qui tient la route. Drame social et policier sur fond de trafic d’êtres humains à Calais, Cheyenne et Lola séduit par son esthétique rockabilly et poisseuse. Drôle et bien emmenée par ses deux actrices principales (Charlotte Le Bon et Veerle Baetens), Cheyenne et Lola se laisse regarder sans déplaisir. L’histoire est bien construite sans verser dans les clichés. On regrettera juste la morale de fin … trop attendue.

Lire aussi : Sélectron : le top films 2020

Mentions spéciales : Cobra Kaï, Validé et La Flamme, déjà chroniquées ici.

Les flops :

Révolution (Netflix, disponible depuis le 17 octobre)

Tout ça pour ça ! Tant de moyens, tant de polémiques diverses pour une série sans relief, inodore et incolore. Révolution est nulle et non avenue. Sorte de Twilight tourné façon clip de Mylène Farmer – sans le quart du talent de Laurent Boutonnat – à l’esthétique ringarde, Révolution n’a fort heureusement aucune prétention historique ou idéologique, hors une ou deux saillies convenues sur les méchants aristocrates et le bon peuple de 1789. Le scénario est bête. La musique est mauvaise. La réalisation nous assomme.

La chronique des Bridgerton

Un navet à l’eau de rose présentant des afro-américains comme membres de l’aristocratie britannique de l’Angleterre hanovrienne. A-t-on besoin d’en dire plus ?

Le bureau des légendes (cinquième saison) (chronique complète Un raté de légende – L’Incorrect)

Le Bureau des Légendes finit dans le ridicule, contrairement à Engrenages. Dire que la cinquième saison du Bureau des Légendes était attendue relève de l’euphémisme. Série mythique, parmi les meilleures qu’a pu produire l’hexagone ces dernières années, Le Bureau des Légendes occupe une place à part dans le paysage télévisuel français. Symbole de réussite, l’œuvre d’Éric Rochant est l’antithèse de Strikeforce ou de Jack Ryan, montrant le monde des espions d’une manière plus intime sans toutefois oublier l’action comme le suspense. Le raté majeur du finale réalisé par Jacques Audiard constitue donc une grande déception pour les fidèles.

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