La thèse du livre est simple, de Gaulle est un géant, Mitterrand est un microbe. « Le premier donne sa vie pour sauver la France ; le second donne la France pour sauver sa vie ». La formule est répétée tout au long des 400 pages avec différentes variantes. L’attaque est si grossière et caricaturale qu’on referme le pamphlet avec l’envie assez paradoxale de défendre le président socialiste. Un comble. Onfray, qui choisit ses anecdotes avec soin, manie le manichéisme comme jamais.
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Certes le gaullo-mitterrandisme est plus qu’un mot-valise, c’est aussi un oxymore. Mais ne peut-on pas admettre que Mitterrand s’est très vite converti aux institutions de la Ve République et que sa conception monarchique du pouvoir lui convenait tout à fait ? Le polémiste ne reconnaît même pas à Mitterrand son goût pour la littérature : « marquis de Sade charentais » qui pensait « sous les jupes du philosophe pétainiste et catholique Jean Guitton ». Certes, il a trahi la gauche en 1983 et il a trahi la France en 1992 mais faut-il être gaullistolâtre à ce point pour déverser sa haine de Mitterrand ? « L’un a lu Péguy, Bergson et Nietzsche ; l’autre Paul Guimard et Erik Orsenna ». La formule est amusante mais elle détourne le jugement.
Évidemment, le « de Gaulle » d’Onfray est nietzschéen, il y voit un surhomme, « une mystique sans Dieu, toute faite d’intuition de l’être de ce qui est et de la grandeur de la force à l’œuvre ». Un peu plus loin, de Gaulle est « un antifasciste » opposé au catholique de la droite conservatrice qu’est Mitterrand. Tout est excessif dans ce texte, et donc insignifiant.

Robert Laffont, 418 p., 21€





