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Vincent Lapierre : « Le complotisme est un mélange bigarré de théories contradictoires »

Vincent Lapierre a appartenu à la « dissidence ». Très visible durant la crise des Gilets jaunes avec son « Média pour tous », il a évolué lors de la pandémie de coronavirus, accumulant les critiques pour ses prises de position après avoir quitté l’équipe d’Alain Soral. Aujourd’hui critique de son passé, il confesse avoir changé. Interview vérité avec l’un des plus fins connaisseurs du milieu conspirationniste, lui l’ayant connu de l’intérieur.

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© Le média pour tous

Vous avez pris des positions courageuses, notamment sur le covid. Qu’est-ce qui vous a fait évoluer ?

L’évolution a été progressive. À l’intérieur d’Égalité et réconciliation, j’avais observé jusqu’où peuvent mener les délires complotistes : terre plate, lune creuse, lune plate (véridique !), et bien sûr complots divers et variés : juifs, francs-maçons, jésuites (oui !) ou encore couronne d’Angleterre (plus minoritaires). Avec le recul, on sourit, mais quand on est à l’intérieur, on y croit. C’est tout simplement un processus sectaire, un mécanisme de croyance inter-subjective sur lequel on pourrait écrire plusieurs tomes. Lorsque le Covid arrive, j’ai déjà un regard ultra-critique sur tous ces milieux que j’ai côtoyés de près et sur l’escroquerie intellectuelle qu’ils représentent. Ce sont des charlatans qui parlent avec aplomb de sujets scientifiques auxquels ils ne comprennent rien, tout en méprisant les spécialistes de ces sujets ! Bien sûr, l’objectif final est économique : capter des clics par des titres putassiers (« On nous ment », « La fin des temps approche », « Couillonavirus 1 », « Couillonavirus 2 », etc.), donc capter l’attention des gens, puis leur faire sortir la carte bleue pour qu’ils achètent encore plus de « narratif alternatif ». Le but est d’enfermer les gens dans une bulle, et les persuader que le reste du monde se trompe et est contre eux. Ce sont finalement des méthodes très classiques.

Sur le covid, j’aurais pu prédire ce qui allait être dit : virus fabriqué, juifs machiavéliques, scientifiques du monde entier corrompus. À la limite, l’interaction du virus avec la 5G est l’élément du complot le plus exotique (et grotesque), avec la thèse des aliens dans les vaccins (là, j’avoue avoir été surpris, surtout par l’aplomb avec lequel ces affirmations sont faites, c’est fascinant), mais globalement, le complotisme est un syncrétisme : un mélange bigarré de théories contradictoires entre elles. Le virus est créé en laboratoire, mais il est inoffensif (quel intérêt ?). Le vaccin est dangereux, mais le virus ne l’est pas (alors que le premier n’est qu’une infime partie du second). Poutine valide entièrement le « narratif mondialiste du Covid » (la Russie produit même deux vaccins), mais est un héros sur la crise ukrainienne. Bref, aucune cohérence. Ils s’en foutent. [...]

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